Villeroy de Galhau propose des pistes pour réorienter l'épargne

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L'ex haut fonctionnaire puis directeur général délégué de BNP Paribas a remis à Manuel Valls un rapport d'étape sur le soutien à l'investissement

Présenté comme la solution sine qua non à l'installation d'une croissance solide et durable, le financement de l'investissement des entreprises a besoin de relever les défis de l'innovation et d'une épargne encore trop prudente en Europe, selon un rapport remis mercredi au Premier ministre.

François Villeroy de Galhau, ancien haut fonctionnaire puis directeur général délégué du groupe bancaire BNP Paribas, a remis mercredi à Manuel Valls un rapport d'étape sur cette question, dont il avait été chargé fin avril.

Il établit dans ce premier jet le constat d'"un défi central": concilier "des investissements de plus en plus innovants et donc risqués, une épargne abondante mais prudente et un système financier mieux sécurisé" depuis la crise de 2008. En France, il souhaite que les banques agissent "résolument pour sortir de ce malentendu persistant" avec les entreprises, en améliorant leur accès aux crédits de trésorerie.

Il reprend également un argument très souvent avancé: la nécessaire réorientation vers l'économie réelle d'une partie des quelque 1.600 milliards d'euros placés en assurance-vie.

Une épargne mal orientée

Cette question d'une épargne mal orientée se pose également dans la zone euro, qui bénéficie d'"un excédent courant dépassant 200 milliards d'euros par an", mais mal réparti et qui ne joue pas son rôle de tampon contre les chocs nationaux.

Plus généralement, le haut fonctionnaire voit une solution potentielle dans la future "Union des marchés de capitaux" voulue par la Commission européenne, dont il souhaite avancer la création à 2016-2017 plutôt que 2019 et changer l'intitulé en "Union de financement et d'investissement".

"Il s'agit de permettre aux entreprises une diversification réelle - et souhaitée - de leurs possibilités de financement", explique-t-il. Cela constitue selon lui un "impératif" pour les 19 pays de la zone euro afin de "mieux orienter l'épargne (...) vers le long terme correspondant à leurs besoins croissants de retraite".

Autoriser les assureurs à revenir vers des placements risqués

M. Villeroy de Galhau recommande également de revenir sur la disposition européenne, prévue dans la directive Solvabilité 2, et qui détourne les assureurs des placements à risque et à long terme. Dans ce premier jet enfin, l'ancien banquier suggère d'ouvrir trois chantiers européens sur le droit des faillites, l'information économique sur les PME et la protection des consommateurs

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Commentaires
a écrit le 28/08/2015 à 12:05 :
@Le miel et les abeilles 27/08/2015 à 11:47
Vos propositions sont intéressantes et devraient être étudiées en détails. Les actifs financiers sont taxés à des taux prohibitifs (ce qui est différent chez certains de nos voisins) et cela ne pousse pas les personnes à prendre des risques.
La CSG de 15.5% sera augmentée: c'est inéluctable.
Cordialement
a écrit le 27/08/2015 à 16:57 :
holllllllaaaaaaaaa, BNP, on a tout dit.
De plus, ras le bol des banquiers qui nous étranglent régulièrement, et entre autre, que l'on doit secourir des erreurs qu'ils ont commises, suite des pertes vertigineuses liées aux jeux de hasard qu'ils essaient parfois sans succès de manipuler à leur profit.
a écrit le 27/08/2015 à 15:38 :
La France n'a aucune chance si elle ne réduit pas sa fiscalité sur le capital de manière franche et durable. Elle ne le fera pas. Elle n'a donc aucune chance sur le plan économique. Je m'en réjouis.
a écrit le 27/08/2015 à 15:35 :
L'assurance-vie sert de caution à l'état pour emprunter à taux bas. Ces capitaux seront ponctionnés par l'état ruiné. C'est garanti !
a écrit le 27/08/2015 à 12:32 :
Ah l'assurance vie quel pactole et pour qui? exonérée des droits de succession et pour les moins nantis s'assurer une retraite une forme libérale de se prendre en charge. Les 1400 milliards seront ponctionner un beau week-end pour éponger la dette française proportionnellement égale par tête de pipe à la grecque. Et oui.
a écrit le 27/08/2015 à 11:47 :
deux points centraux, la réorientation de l'épargne vers l'industrie et l'entreprise, et la fiscalité. le deuxième point est inabordé. Sans miel pas d'abeilles, surtout quand celles ci ont été décimées et mal traitées. On veut du résultat et de l'argent bien placée au profit d ela collectivité ? suppression de l'ISF, exonération successorale des PEA PEA, allignement d ela CSG sur son taux "normal". et aller plus loin dans l'exonération des plus values sur actions. Là l'argent reveindra et là elle s'investira pour créer une épargne créatrice d'emplois.
a écrit le 27/08/2015 à 10:41 :
un seul type peut orienter ton epargne a ton avantage...toi-meme.
a écrit le 27/08/2015 à 10:19 :
Mr VdeG a bien raison de vouloir remettre en question Solvabilité 2. Les crânes d'oeuf qui ont inventé cette belle réglementation européenne partent du principe que le risque d'un actif, c'est sa volatilité et rien que çà. Une conception réductrice, et une dérive sémantique à partir des postulats de la théorie du portefeuille, qui n'est qu'une théorie.
Avec ce principe, les assureurs ont été obligés de ne plus investir que 5% de leurs réserves en actions, contre 15 à 20% habituellement.
Ils ne sont de fait plus les investisseurs institutionnels qui peuvent ramasser les marchés quand ceux-ci tombent en mode panique, et cette réglementation intelligente a vraisemblablement bien élargi le champ d'action des spéculateurs à la baisse. Ce qu'on peut constater dans les chutes des marchés, qui sont de plus en plus amples et brutales.
Plus inquiétant encore : les crânes d'oeuf auteurs de Solvabilité 2 traitent les compagnies d'assurance comme les banques, en voyant leur principal risque dans leurs actifs. Et ils ont même désigné certains grands assureurs comme "systémiques". Ce qui semble totalement bizarre : le risque de l'assureur n'est pas dans ses actifs, qui ne sont que des parkings pour l'argent des primes, mais dans ses passifs : comment il a tarifé ses risques. Dingue, non !
a écrit le 27/08/2015 à 7:25 :
ils préfère alimenter la outre mer avec de la défiscalisation qui profite a leur amis mafieux plutôt que le vrai investissement... chercher l erreur.
a écrit le 27/08/2015 à 4:57 :
Bien entendu, PAS QUESTION d'envisager une rémunération adéquate de l'épargne ? Manquerait plus que ça ? Non, l'épargne doit-être "canalisée" vers les choses risquées et éventuellement productive ? A l'issue de quoi il y aura deux scénarios ? Le premier : LA PERTE DU CAPITAL à l'issue d'un risque ... avorté. La seconde ?
DES GAINS intéressants .... IMMÉDIATEMENT SOUMIS À L'IMPÔT ? L'EXISTANT OU CELUI À VENIR POUR CORRIGER L'ÉVENTUEL GAIN TROP IMPORTANT qui s'en suivrait ? C'EST À DIRE ... DE PLUS DE 2% ... APRÈS IMPÔT ? Pfiouuuuuuuuuu ? COVAGNE ! C'est du VRAI libéralisme ça hein ?
a écrit le 26/08/2015 à 22:14 :
ca n'interesse personne de gagner de l'argent qui va partir en impots et en csg
le francais met de cote pour avoir qqch a la retraite, pas pour financer encore une fois une systeme social dont il ne va pas beneficier
faut arreter la masturbation intellectuelle concernant les 1400 milliards de l'assurance vie.... s'il veut orienter l'epargne, qu'il mette une fiscalite qui tient compte du risque, au lieu de coller une flat tax a 15.5% puis une imposition a l'irpp ( le tavail ne comporte aucun ' risque' au sens economique du terme, vu qu'on ne risque pas de payer pour travailler, dans le pire des cas le gain est nul quand on a un employeur malhonnete qui finit devant le tribunal penal)
votre pays est mort a cause de son ideologie, et ca ne fera pleurer personne dans le reste de l'univers
a écrit le 26/08/2015 à 20:16 :
Encore faudrait il que BNP Paribas tienne ses engagements vis à vis des entrepreneurs qui ont emprunté en suisse pour un logement et voient leur prêts immobilier dénonce sans raison !
Réponse de le 26/08/2015 à 20:48 :
Quel rapport avec l article?

Les banques n ont pas forcé les emprunteurs à s adosser au franc suisse. Les gens sont contents lorsque c est en leur faveur mais quand ça remonte ils viennent pleurer...le beurre et l argent du beurre
Réponse de le 26/08/2015 à 21:59 :
Une banque française en suisse prête en franc suisse ! Quel est le rapport ?
La simple tenue de ses engagements ! 👹🇨🇭
a écrit le 26/08/2015 à 19:49 :
On peut sursauter quand on lit qu'il faut "réorienter" les E 1 600 Mlds qui sont investis dans l'AV.
Composition fin 2014 d'un fonds Euro bien connu (% arrondis)
Oblg privées 51%
Oblig Etats 38%
Action + oblig conv 5 %
Prêts (?) 1%
Immo 1%
Trésorerie 4%
Les assureurs proposent des contrats multisupports dans lesquels les pourcentages en fcp actions ne sont pas négligeables et on peut y loger 100% des fcp actions.
On ne peut donc pas écrire que les AV ne sont pas tournées vers l'investissement des entreprises. Il faut aussi financer les déficits des états.
Tout le monde lorgne sur ces E 1 600 Mlds.......
Cordialement
a écrit le 26/08/2015 à 19:31 :
L'essentiel a été survolé furtivement dans < crise,chômage et impôt > de C'est dans l'air. Le système bancaire avec les banquiers centraux a dévoyé le financement de l'économie par la dérégulation, la désintermédiation vers les marchés au moyen des titrisations et cavalerie boursière comme monétaire. Personne ne l'ignore et les verbiages macro-économiques entre autres ne cachent plus les milliards de milliards répandus et dont le stock toxique reste caché sciemment. La détermination de toute valeur a été abandonnée aux algorithmes. La crise ne peut que se perpétrer par ce système hégémonique depuis trois décennies, sinon depuis la non convertibilité du $.
La Chine n'est qu'une partie du problème, la baisse de son taux de croissance diminuant arithmétiquement au fur et à mesure qu'elle rattrape son retard. Le jeu d'enchères mécanisée est l'outil des krachs inévitables.
a écrit le 26/08/2015 à 18:47 :
On sent que Mr Du Tiroir de la Commode n'a pas des fins de mois difficiles.
Ceci étant, il n'a pas tort vu les sommes d'argent considérables qui roupillent sur des placements sans risques mais rapportant peu (350Md comptes courants rapport 0%, 350 Md Livret A 0,75% , 1500Md Assurance-vie dont certainement l'essentiel en placements très peu risqués).
10% de ces montants pour le financement des entreprises soit 200Md permettrait de faire bcp de choses. A encadrer pour éviter que ça ne parte en vrille avec des investissements à fonds perdus dans des canards boiteux, le français moyen n'ayant pas obligatoirement les compétences pour juger de la pertinence des investissements
Réponse de le 26/08/2015 à 23:49 :
@mjj
"A encadrer pour éviter que ça ne parte en vrille avec des investissements à fonds perdus dans des canards boiteux".
Encadrer de façon sûre, ce serait avec une Garantie de l'Etat.
L'Etat n'a plus d'argent, ce n'est pas possible de sécuriser.
Les 1600 Milliards de l'AV, si on les laisse distribuer par les Banques, c'est à coup sûr beaucoup de profits pour elles, un pouvoir accru, pas grand-chose pour l'économie réelle, et la misère pour les épargnants.
Réponse de le 27/08/2015 à 21:35 :
@VALBEL 89
Bien d'accord avec vous, mais il y a à coup sur quelque chose à inventer, pour éviter déjà que tout le monde se serve au passage. En écrivant ces lignes, je vois que c'est quand même bien utopique.

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