Vive les vénérables entreprises !
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Deloitte, société créée en 1876, a recruté la moitié de ses 334.800 employés à travers le monde au cours des dix dernières années.
Reuters
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Deloitte, société créée en 1876, a recruté la moitié de ses 334.800 employés à travers le monde au cours des dix dernières années.
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Connaissez-vous l'effet Lindy, un concept remontant aux années 1960, remis au goût du jour par l'essayiste Nassim Nicholas Taleb dans son ouvrage : "Antifragile"? En résumé, il montre qu'une entité (non périssable, contrairement aux êtres humains voués inexorablement à vieillir et à mourir) qui se conserve à travers le temps accroît sa capacité à augmenter son espérance de vie. Ainsi, si une entreprise existe depuis 60 ans, il y a une forte probabilité qu'elle existera encore durant la même période. Et si elle survit 20 ans de plus, alors il est probable qu'elle existera encore 80 années supplémentaires. L'effet Lindy est un indicateur de robustesse, selon la terminologie de Taleb. Ainsi, il y a fort à parier qu'on lira encore dans les prochains siècles L'Odyssée d'Homère et qu'on écoutera les cantates de Jean-Sébastien Bach.
Cet effet Lindy est bien illustré par l'enquête menée par Marc Giget et Véronique Hillen : "Pérennité, innovation et résiliences des entreprises" (1). Ayant passé au crible 1.000 entreprises à travers le monde, en analysant les données et en interrogeant certains de leurs dirigeants, les deux experts ont cherché à savoir d'où venait la "durabilité pérenne" de ces entreprises souvent plus que centenaires qui ont "résisté à l'adversité" de diverses crises : conflits mondiaux, crises économiques et structurelles et pandémies.
La variété des entreprises choisies, côtées ou non, qui vont "des leaders historiques américains aux groupes de luxe français, en passant par le Mittelstand allemand, les groupes japonais légendaires et les discrètes mais puissantes entreprises familiales" permet de cerner au mieux les traits communs.
Un premier enseignement est la remise en cause des préjugés sur l'innovation. Ces dernières années, un mot à la mode répété ad nauseam résumait le thème : la disruption. Or il s'agit là d'un mythe. Car si le secteur du numérique - start-up, GAFA, concepteurs des plateformes digitales - innove et semble représenter l'avenir, les auteurs constatent empiriquement "une évolution strictement inverse à cet a priori qui oppose une "ancien monde", porteur de tradition et d'inertie, à un "nouveau monde", acteur de transformation radicale."
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