À Beyrouth, l’angoisse de la guerre totale
Jenny Lafond, correspondante à Beyrouth
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Hier, dans la banlieue sud de la capitale.
LTD/MARWAN NAAMANI/DPA VIA REUTERS
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Hier, dans la banlieue sud de la capitale.
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Des avions survolent le ciel libanais à basse altitude. Puis trois détonations sourdes résonnent, suivies d'une épaisse colonne de fumée. Pour la troisième fois en un an, la banlieue sud de Beyrouth vient d'être frappée par un bombardement israélien ce vendredi après-midi. Dans les décombres des bâtiments effondrés se trouve l'état-major de la force Al-Radwan, l'unité d'élite du Hezbollah. Parmi les victimes figurent un chef de l'unité, Ibrahim Aqil, ainsi qu'une dizaine de hauts commandants du mouvement chiite qui tenaient réunion dans le sous-sol d'un immeuble. Mais 21 civils, dont trois enfants qui vivaient au-dessus, ont aussi péri dans le raid. Plus de 17 personnes restaient encore disparues hier soir.
Survenue à peine quarante-huit heures après les attaques au bipeur et au talkie-walkie qui ont fait 37 morts et près de 3 000 blessés dans les rangs du parti pro-iranien, cette nouvelle frappe a ravivé l'angoisse des Libanais. Paniqués, certains habitants de la banlieue sud ont immédiatement fait leurs valises, alors que le bourdonnement entêtant et menaçant de drones israéliens planait dans le ciel sombre de la capitale.
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Sarah, une Libanaise chiite de 35 ans, a préféré se réfugier chez une amie du quartier chrétien d'Achrafieh en sortant de son travail, plutôt que de rentrer dans son appartement de la banlieue sud. « Le temps que ça se calme un peu », justifie-t-elle. La frappe de vendredi était pourtant un peu éloignée de son domicile. Mais elle reste traumatisée par celle du 30 juillet, où Fouad Chokr, un autre commandant du Hezbollah, avait été éliminé par Tsahal. Elle raconte comment, « cette fois-là », elle avait entendu « les bombes descendre » et était restée tétanisée au milieu de son salon, loin des vitres, la tête baissée.
Jenny Lafond, correspondante à Beyrouth