Liban: après des bipeurs, des talkies walkies du Hezbollah explosent
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Neuf personnes ont été tuées et près de 2.800 autres blessées dans l'explosion ce mardi de bipeurs appartenant à des membres du Hezbollah au Liban;
Reuters
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Neuf personnes ont été tuées et près de 2.800 autres blessées dans l'explosion ce mardi de bipeurs appartenant à des membres du Hezbollah au Liban;
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[Article publié le mardi 17 septembre 2024 à 21h03 et mis à jour le mercredi 18 septembre 2024 à 20h23] Douze personnes ont été tuées et près de 2.800 autres blessées dans l'explosion mardi de bipeurs appartenant à des membres du Hezbollah au Liban, selon le dernier bilan du ministère de la Santé. Les bipeurs ont explosé de manière simultanée dans plusieurs régions libanaises où la formation pro-iranienne est implantée. Ces petits boîtiers permettent de recevoir des messages, alertes sonores ou numéros de téléphone en utilisant leur propre fréquence radio et donc sans passer par les réseaux de téléphonie mobile, qui peuvent connaître interruptions, problèmes de connexions ou interception des communications.
Au lendemain de ces explosions simultanées, ce sont des appareils de transmission qui ont explosé à Sohmor, dans l'est du Liban, a rapporté l'agence nationale d'information (officielle). Des talkies walkies ont explosé, dans la région de Baalbeck, également dans l'est du Liban, dans la banlieue sud de la capitale Beyrouth et dans le sud du Liban, selon des correspondants de l'AFP. Quatorze personnes ont été tuées et plus de 450 ont été blessées selon le ministère de la Santé.
Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira en urgence vendredi pour discuter de la série d'explosions meurtrières de bipeurs et autres appareils de transmission, a annoncé la présidence slovène du Conseil. La réunion, demandée par l'Algérie, aura lieu à 15 heures (19 heures GMT), a-t-on précisé.
Après vérification auprès de tous les hôpitaux ce mercredi, le bilan des explosions des bipeurs s'élève désormais à « 12 morts dont deux enfants » et on compte « entre 2.750 et 2.800 » blessés, a déclaré le ministre libanais de la Santé, Firass Abiad, lors d'une conférence de presse. Certaines personnes blessées dans la Békaa (est) « ont été transférées en Syrie » voisine, tandis que « d'autres seront évacuées vers l'Iran », a-t-il ajouté. La veille, il a indiqué que la plupart des victimes ont été blessées « au visage, à la main, au ventre et même aux yeux ». Quatorze membres du Hezbollah en Syrie ont également été blessés par l'explosion de leurs bipeurs, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Parmi les morts figurent les fils de deux députés du Hezbollah, Ali Ammar et Hassan Fadlallah, a indiqué une source proche du Hezbollah à l'AFP. Une fillette de dix ans a également été tuée dans l'est du Liban par l'explosion du bipeur de son père, selon sa famille et une source proche du Hezbollah. Les fils d'un haut responsable de sécurité du Hezbollah ont également été blessé.
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La spectaculaire explosion simultanée des bipeurs de centaines de membres du Hezbollah au Liban semble provenir d'une infiltration par Israël de la chaîne logistique du mouvement islamiste pro-iranien, un nouveau succès majeur des services israéliens. Selon une source proche du Hezbollah à l'AFP, « les bipeurs (un système de radiomessagerie, ndlr) qui ont explosé concernent une cargaison récemment importée par le Hezbollah de mille appareils », qui semblent avoir été « piratés à la source ». L'impact de ces explosions sur les communications du Hezbollah n'était pas clair dans l'immédiat.
Les agents israéliens ont sans doute « infiltré le processus de production et ajouté dans les bipeurs un composant explosif et un détonateur activable à distance, sans éveiller les soupçons », renchérit l'analyste militaire Elijah Magnier, basé à Bruxelles, décrivant « une faille de sécurité majeure dans les protocoles du Hezbollah ».
Autre hypothèse, selon Riad Kahwaji, analyste sécurité basé à Dubaï, « Israël contrôle une grande partie des industries électroniques dans le monde et, sans aucun doute, l'une des usines qu'il possède a fabriqué et expédié ces engins explosifs qui ont explosé aujourd'hui ».
Des théories qui valident les informations du New York Times, qui cite des responsables américains et d'autres nationalités. Le quotidien américain a ainsi affirmé que les services secrets israéliens étaient parvenus à intercepter les bipeurs avant leur arrivée au Liban et à cacher de petites quantités d'explosifs et un détonateur à côté de la batterie. Un message apparaissant comme venant de la direction du Hezbollah a ainsi fait biper l'appareil mardi pendant plusieurs secondes avant de déclencher l'explosif.
De son côté, la marque taïwanaise des bipeurs piégés, Gold Apollo, a affirmé mercredi que ces bipeurs ont été produits et vendus par son partenaire hongrois BAC. « En vertu d'un accord de coopération, nous autorisons BAC à utiliser notre marque pour la vente de produits dans certaines régions, mais la conception et la fabrication des produits sont de l'unique responsabilité de BAC », a indiqué le groupe dans un communiqué.
Des allégations réfutées par le gouvernement hongrois. La société BAC, fondée en 2022, « est un intermédiaire commercial, sans site de fabrication ou d'exploitation en Hongrie », a affirmé ce mercredi sur X le porte-parole du gouvernement, Zoltan Kovacs. « Elle a un gérant enregistré à son adresse déclarée, et les appareils référencés n'ont jamais été en Hongrie », ajoute-t-il, précisant que « cette affaire ne présente aucun risque pour la sécurité nationale » de son pays.
L'entreprise est enregistrée à Budapest, dans un bâtiment de deux étages situé en périphérie de la capitale hongroise appartenant à une entreprise qui fournit des adresses de domiciliation, selon une femme présente sur les lieux mercredi matin.
Le groupe taïwanais a en outre démenti des informations du New York Times, selon lesquelles il avait lui-même fabriqué et vendu au Hezbollah les bipeurs, du modèle AR924. « Ce ne sont pas nos produits (...) Ce ne sont pas nos produits du début à la fin » avait affirmé plus tôt mercredi le directeur de l'entreprise, Hsu Ching-kuang, à des journalistes à Taipei.
Le parquet taïwanais a néanmoins annoncé l'ouverture d'une enquête. « Nous avons confié l'affaire au procureur général de l'équipe de sécurité nationale (...). Nous allons clarifier les faits au plus vite et si nous constatons des faits illégaux, ils seront sévèrement punis conformément à la loi », selon un communiqué
Le chef de la diplomatie libanaise, Abdallah Bou Habib, a déclaré ce mercredi que les explosions de bipeurs pourraient être le présage d'une guerre plus large au Moyen-Orient. Cité par l'Agence nationale d'information libanaise, a mis en garde contre la gravité de cette attaque, « parce qu'elle survient après les menaces israéliennes d'élargir le champ de la guerre contre le Liban, ce qui plongerait la région dans un cycle de violence plus large et annoncerait une guerre plus étendue ».
Divers pays se sont également exprimés sur cette attaque, généralement en la condamnant. Le mouvement islamiste palestinien Hamas a ainsi qualifié cette explosion coordonnée d'« agression terroriste sioniste » dans la région, en référence à Israël, et ajoutant que l'attaque n'avait fait aucune distinction « entre les combattants de la résistance et les civils ».
De leur côté, les États-Unis ont affirmé n'être « pas impliqués » dans l'explosion et n'avoir pas été informés à l'avance de cette attaque. « Je peux vous dire que les États-Unis n'ont pas été impliqués là-dedans, qu'ils n'étaient pas au courant de cet incident à l'avance, et à ce stade nous collectons de l'information », a déclaré à la presse le porte-parole du Département d'Etat, Matthew Miller.
Les responsables de l'attaque « devront rendre des comptes », a réclamé mercredi le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk. « Le ciblage simultané de milliers de personnes, qu'il s'agisse de civils ou de membres de groupes armés, sans savoir qui était en possession des engins ciblés, où ils se trouvaient et dans quel environnement ils se trouvaient au moment de l'attaque, constitue une violation du droit international des droits de l'homme et, dans la mesure où il est applicable, du droit international humanitaire », a-t-il souligné dans un communiqué.
Le mouvement islamiste libanais a affirmé qu'Israël était « entièrement responsable » de ces explosions simultanées et assuré qu'il allait « recevoir son juste châtiment » à la suite de « cette agression criminelle ». Il a réaffirmé ce mercredi qu'il « continuera » à mener des opérations de soutien à Gaza malgré cette attaque sans précédent.
Cette attaque s'inscrit dans un climat de tension qui ne cesse de s'intensifier entre les deux pays depuis quelques mois. En effet, dès le lendemain de la guerre entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza, déclenchée par une attaque du mouvement islamiste palestinien le 7 octobre sur le sol israélien, le Hezbollah a ouvert le front du sud du Liban pour soutenir son allié palestinien. Les violences transfrontalières ont fait depuis 627 morts au Liban, pour la plupart des combattants mais aussi au moins 141 civils, selon un bilan de l'AFP. Côté israélien, les autorités ont annoncé la mort d'au moins 24 soldats et 26 civils.
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Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a annoncé mardi que le retour des habitants du nord du pays, qui ont fui en raison des tirs du Hezbollah, était désormais l'un des buts de son gouvernement. Israël n'a en tout cas pas commenté ces explosions, survenues quelques heures après l'annonce qu'il étendait les objectifs de la guerre contre le Hamas dans la bande de Gaza à sa frontière nord avec le Liban.
(Avec AFP)
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