A Davos, Bruno Le Maire plaide pour un impôt minimum sur les sociétés dans le monde

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(Crédits : Gonzalo Fuentes)
Le ministre des Finances a mis la fiscalité équitable des multinationales et la taxation des géants du numérique au cœur du G7 Finances dont la France assure la présidence en 2019.

A quoi reconnaît-on un Français à Davos ? C'est le seul qui, à tout problème, commence par parler impôts... Au-delà de la plaisanterie, entendue dans les couloirs du Forum économique mondial, c'est en effet sous l'angle fiscal que le ministre des Finances français Bruno Le Maire, est venu faire le service avant-vente du prochain sommet du G7 dont la France assure la présidence cette année. Au cours d'une conférence de presse devant la presse internationale, Bruno Le Maire a plaidé ce jeudi pour un impôt minimum sur les sociétés à l'échelon mondial, assurant que la France ferait de la fiscalité la priorité de sa présidence cette année du G7 Finances.

«Nous sommes à la croisée des chemins : l'ancien monde est mort, le nouveau monde émerge et, pour toutes les nations, doit conduire à construire un nouveau capitalisme plus responsable et équitable », a-t-il assuré.

"La crise sociale et politique (...) n'est pas seulement française"

Ainsi, selon Bruno Le Maire, « la crise sociale et politique que connaît actuellement la France avec les Gilets jaunes n'est pas seulement française. On la constate sous des formes différentes dans tous les grands pays développés », a souligné le ministre qui a appelé à agir dès maintenant contre la montée des inégalités. « Nous avons besoin d'un système fiscal international plus juste », a affirmé Bruno Le Maire qui a placé le prochain G7 sous le signe d'une mondialisation « plus équitable ».

« Nous avons besoin d'un impôt minimum sur les sociétés dans tous les pays développés, car nous savons que les grandes multinationales échappent à l'impôt », a-t-il souligné. « Un peu de compétition fiscale, ce n'est pas mauvais. Mais des juridictions qui pratiquent un taux zéro, ce n'est pas acceptable. Cela permet aux entreprises d'échapper à une taxation juste », a-t-il dénoncé.

« Voilà pourquoi nous en ferons la priorité de la présidence française du G7 Finances », a affirmé le ministre, s'en prenant tout particulièrement aux pays qui ne taxent pas ou peu les multinationales, afin notamment d'attirer leurs sièges sociaux.

Selon un récent rapport de l'OCDE, les taux moyens de l'impôt sur les sociétés ont encore baissé dans le monde l'an dernier pour atteindre 21,7%. Les pays pratiquant des taux de moins de 10% étaient au nombre de 13 l'an dernier, contre 10 en 2000, a souligné l'OCDE, qui a pointé 12 juridictions pratiquant des taux zéro, parmi elles les îles anglo-normandes Guernesey et Jersey (en Manche), ainsi que l'île de Man (en mer d'Irlande) et les Îles Vierges britanniques (dans les Caraïbes).

La France se veut en pointe de la régulation du capitalisme

Bruno Le Maire a aussi évoqué la décision de la France de prendre, la première, l'initiative de taxer les géants du numérique, au-delà d'un seuil de 750 millions d'euros de chiffre d'affaires mondial et de 25 millions en France. Il s'est dit convaincu que le choix français, qui doit rapporter cette année 500 millions d'euros, sera ensuite suivi par l'Europe en attendant que le problème de l'optimisation fiscale des multinationales soit réglé au niveau de l'OCDE. Bruno Le Maire n'a pas évoqué à quel taux minimal le seuil mondial d'imposition des bénéfices des entreprises devra être fixé, mais il s'est dit confiant, évoquant une conversation à ce sujet avec le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin.

Toujours pour réguler le capitalisme, au G7, la France plaidera aussi pour que le terrain de jeu concurrentiel soit plus équitable en matière d'investissement dans les pays émergents, et pour que des mesures de gouvernance permettent de lutter contre les écarts de salaires excessifs dans les entreprises. Beaucoup de vœux, donc, pour l'instant pieux et sur lesquels ils sera difficile de mettre tous les pays d'accord, que ce soit au G7 ou au G20 (présidé par le Japon cette année).

Bruno Le Maire, qui a maintenu à 1,7% la prévision de croissance officielle de la France, malgré le ralentissement mondial, a enfin confirmé la poursuite des réformes des retraites, de l'assurance-chômage et du service public, et réaffirmé que la loi Pacte, en cours d'examen au Sénat, permettra d'importantes privatisations concernant ADP, Engie et la Française des Jeux, afin de financer le fonds pour les innovations de rupture.

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Commentaires
a écrit le 28/01/2019 à 7:59 :
Pour une fois qu il commence à réfléchir Francais laissons le aller , mais quand il s apercevra qu il ne peut pas il serait respectable pour lui , de venir expliquer à la tele pourquoi !
Souvenez vous que pour lui Carlos Goshn était nickel en France .
a écrit le 25/01/2019 à 11:51 :
C'est bien de vouloir que les pays qui ne taxes pas (ou peu) les entreprises, se mettent à le faire...
Mais cela implique que ceux qui taxent trop les entreprises soient prêts à effectuer le chemin inverse !!!
Mr LE MAIRE devrait proposer par exemple qu'au niveau européen, tous les pays, y compris la France, s'alignent (ou se rapprochent) sur la moyenne européenne !!! (comme c'est le cas pour la TVA par exemple) ..;
Il faudrait également qu'il en soit de même pour les taux de charges patronales, coupant ainsi l'herbe sous le pied des sociétés comme Ryanair par exemple, qui jouent sur les différences intra européennes en essayant de déplacer le contrat de travail ..
Mais...mais...mais... mais ça implique que la France serait prête à effectuer le mouvement inverse des autres : baisser les impôts et les charges sociales des entreprises et employeurs !
a écrit le 25/01/2019 à 10:57 :
Le Maire ne se fait connaître à l'étranger que comme inventeur d'impôts: Taxe sur les GAFA, impôt minimum... C'est bien, il perpétue le savoir faire français et défend sa place de premier exportateur mondial de taxes à défaut de biens et services.
a écrit le 25/01/2019 à 9:07 :
Le maire ils va faire Quoi a davos ?👘 ils va en gilets jaune
a écrit le 25/01/2019 à 9:04 :
Bref, en français il insiste pour une taxation minimale des sociétés et en anglais il annonce la poursuite des privatisations de notre patrimoine, du démantèlement des protections chômage, des retraites et du service public - Alors que ces politiques ne fonctionnent pas - une honte!
a écrit le 25/01/2019 à 8:54 :
Bonne initiative mais il va falloir du temps et de la persévérance avant d'y arriver.
Les paradis fiscaux anglais sont une bonne raison de se réjouir du brexit, si il arrive.: restera alors plus que l'Irlande, la Hollande, le Luxembourg et Monaco à mettre dans les clous....une paille!
a écrit le 24/01/2019 à 22:05 :
Qu'elle mouche l'a piqué?

Il est aussi crédible en Che Guevara de la finance que Macron en terrassier...

Il a peur que les Gilets Jaunes le mènent en Place de Grêve ?
a écrit le 24/01/2019 à 21:43 :
Un ministre de l’économie qui ne parle pas d’économie mais que d’impôts. Tout est dit
a écrit le 24/01/2019 à 18:13 :
"La France se veut en pointe de la régulation du capitalisme". C'est aussi prétentieux que de vouloir réglementer la nature, le climat, l'espace. La France est en pointe dans l'action chimérique. Le blé d'hiver est semé (investissement du capital) et récolté (production) en respectant son rythme de croissance. S'il n'y a pas d'hiver, il n'y a pas de blé quelle que soit la subvention du gouvernement.
a écrit le 24/01/2019 à 17:46 :
Pour empecher l'optimisation fiscale ,une seule solution:imposer sur le chiffre d'affaires avec un taux réduit,pourquoi pas 10%?
Réponse de le 24/01/2019 à 18:34 :
10% du CA c'est largement plus que les normes fiscales francaises qui considerent qu'en general les boites ont 5% de benefice sur CaHT (en moyenne, et dans la duree, apres faut s'adapter)
euh, si vous allez a la peche au con, sachez qu'il y a eu surpeche (et que le con a disparu plus vite que l'ours blanc et ses impots diesel, , et donc ca ne va rien donner, sauf refacturation ex ante, bien sur...
on appelle ca tva...
prix de vnte =prix HT +TVA +taxe benefices 10%
votre electorat va hurler! c'est une tva sociale, mais sans les avantages!
Réponse de le 24/01/2019 à 19:05 :
Oui, très juste,
Ainsi, les sièges sociaux partiront de l'autre coté, sous peine de faillite :

10% du C.A : quasiment aucune entreprise ne réalise 10% de bénéfices.
Maxi 6%. Et ainsi privées de ressources pour investir.

Restera à exproprier entreprises et tous les logements privés, et épargne
TOUS FONCTIOS à 1800 euros nets, et Heureux.
a écrit le 24/01/2019 à 15:49 :
Monsieur Le Maire, je fais la proposition suivante (ainsi qu'au grand débat d'ailleurs): quand on condamne une boutique comme Google à 50 M€ de pénalité, il faut ouvrir une autoroute pour le règlement judiciaire complet afin de ne pas trainer les dossiers des années. Si ça rapporte 50 M en première instance et que Google fait appel, il faut d'une part lui en demander 200 M en appel et donner 6 mois au règlement complet.

Et avec une partie des bénéfices, financer une amélioration des conditions de travail du corps magistral afin de motiver un traitement d'exception.
a écrit le 24/01/2019 à 15:37 :
Monsieur Bruno Le Maire, des impôts minimum … indexés sur les dépenses maximum de l'état…? au final, il va y avoir peu de client !
a écrit le 24/01/2019 à 14:58 :
Impayable, les politiques FR.
Qu'ils balaient devant leur porte :
Champions DU MONDE des prélèvements obligatoires 47.4%
et Des dépenses publiques 58.5%.
102% de dette

Qui va copier telle gabegie ?
A la FR, CIGALE irresponsable de dégraisser, de réformer.
et pas aux fourmis de devenir cigales.

Ses fleurons et sièges sociaux, vont du bon coté des frontières, et ont raison.
Les Pays-Bas sont-ils socialement sous développés ?
Réponse de le 24/01/2019 à 15:42 :
1- Vous répétez des inepties.
https://blogs.alternatives-economiques.fr/gadrey/2019/01/06/macron-recale-a-l-epreuve-d-economie-du-bac-parler-de-la-part-des-depenses-dans-le-pib-est-une-ineptie

2- les pays bas est un paradis fiscal de l'Europe chargé d'hébergé les sièges des multinationales européennes (KNDS, etc.).
Leur modèle est non reproductible:
Si tout le monde faisait comme eux, ça ne marcherait plus.
Réponse de le 24/01/2019 à 16:24 :
Cela sent le lobbies, regardez l'émission d'ARTE du 22/01 " Trump et le coup d'état des multinationales". Inquiet pour l'Europe...
Réponse de le 24/01/2019 à 17:24 :
Idem Belgique, Luxembourg, Danemark, Norvège, Suède, Finlande, Portugal.
Les comptes publics y sont sains, et sont Socialement développés.

Que la Fr Réforme ses couts structurels,
abaisse à 0.0000001% l'impot sur les Sociétés, supprime les seuils, supprime l'impot sur les revenus, et sur la mort,
et le pays s'enrichira et les recettes pour sécurité sociale exploseront,
au point de diviser les taux de charges sociales et CSG,
pour le meme rendement
Réponse de le 24/01/2019 à 17:44 :
quand vous vous retrouverez au chomage,vous serez la première a glapir et a réclamer plus d'état providence!
Réponse de le 24/01/2019 à 19:24 :
Tu t'es posé la question de savoir combien tu as couté au pays depuis ta naissance ?
a écrit le 24/01/2019 à 14:43 :
UNe taxe sur les sociétés c'est une taxe sur le travail, déjà que l'idéologie oligarchique néolibérale européenne a mis à genoux l'économie réelle et anéanti la valeur travail pour le principal profit de la rente à savoir de la finance si il faut ajouter une taxe de plus sur le travail on a pas fini de connaitre du chômage de masse.

Taxer la finance non seulement est bien plus logique, puisque l'on taxe au final de l'inertie, de la fainéantise de gens qui incapables de gérer leur argent le confie à d'autres aussi aliénés qu'eux mais en plus bien plus productive imposant à ceux qui ont de l'argent de le placer dans l'économie réelle plutôt que de s'évader fiscalement systématiquement ou de racheter leurs propres actions ou bien de revendre en quelques secondes et-c... le fonctionnement de la bourse n'étant que cela, une pure aberration.

Taxer les sociétés ça pue la défaite face aux destructeurs de ce monde, c'est bel et bien le déclin européen de son oligarchie et de leurs politiciens. Mais bon ça fait belle lurette que nos politiciens corrompus par définition l'ont validé cette défaite il semble bien hein.

On ne peut pas y arriver avec ces gens là paramétrés à exécuter les ordres des marchés financiers.

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