Trump, May, Macron : défections en cascade au Forum économique de Davos

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(Crédits : dr)
Nombre de chefs d'État et de gouvernement rateront le rendez-vous du Forum économique mondial de Davos qui débute le 22 janvier, en raison de multiples crises tant d'ordre politique qu'économique (Brexit, "Shutdown", "Gilets jaunes"...). Davos sera aussi la première grande sortie internationale du président brésilien Jair Bolsonaro, porté au pouvoir par une vague nationaliste et populiste dont le Brésil n'a pas l'exclusivité.

Les défections s'enchaînent avant le rendez-vous de l'élite économique mondiale à Davos, qui débute mardi 22 janvier. Quelque 3.000 participants - chefs d'entreprise, responsables gouvernementaux ou encore représentants de la société civile - doivent se rendre dans la station de ski suisse mais parmi eux on ne comptera que trois leaders du G7 : le Premier ministre japonais Shinzo Abe, la chancelière allemande Angela Merkel et le président du Conseil italien Giuseppe Conte.

En dehors du G7, les présidents russe et indien brilleront par leur absence, tandis que la Chine, dont Xi Jinping fut le premier président chinois à se rendre à Davos, en 2017, en vue de livrer un vibrant plaidoyer pour le libre échange, déléguera son bras droit à sa place.

Trump et Macron absents pour cause de crise

Le président américain Donald Trump, vedette de l'édition 2018, ne fera donc pas le voyage cette année pour cause de "Shutdown" partielle des administrations fédérales - le plus long de l'histoire américaine. Il a également annulé dans la foulée la venue de l'imposante délégation qui était censée porter son programme "Make America Great Again".

À ce stade, aucun compromis n'a en effet pu être trouvé entre le président républicain qui réclame 5,7 milliards de dollars pour construire son mur anti-migrants à la frontière avec le Mexique, et les démocrates, farouchement opposés au projet jugé "immoral", coûteux et inefficace pour lutter contre l'immigration clandestine.

De son côté, Emmanuel Macron ne refait pas le voyage pour cause d'agenda "surchargé". Pour sortir de la crise des "Gilets jaunes", le président français s'est en effet lancé dans une tournée marathon des régions dans le cadre du "Grand débat national". Le ministre des Collectivités territoriales Sébastien Lecornu a indiqué ce vendredi qu'Emmanuel Macron aura "une ou deux rencontres par semaine" avec des élus jusqu'au terme de la grande consultation, prévu le 15 mars.

Theresa May absorbée par le dossier du Brexit

La Première ministre britannique Theresa May a quant à elle annulé in extremis sa participation à Davos pour se consacrer au Brexit - sujet majeur pour les grands patrons qui redoutent un divorce à la hussarde entre Royaume-Uni et Union européenne, le 29 mars prochain.

Et pour cause : la chef de gouvernement a essuyé une lourde défaite le 15 janvier à la Chambre des communes - 432 députés ayant rejeté l'accord de Brexit ardemment négocié avec Bruxelles pendant de longs mois. En pleine consultation avec les élus de son camp et de l'opposition, elle doit présenter le 21 janvier prochain - veille de l'ouverture du Forum de Davos -, son "plan B".

Bolsonaro, vedette annoncée du Forum de Davos

Il n'y aura donc personne ou presque pour voler la vedette à Jair Bolsonaro, lequel entend promouvoir « un Brésil différent, libre de toute attache idéologique et de la corruption généralisée. »

Par certains aspects, le président populiste et climato-sceptique pourrait passer pour un trublion. Il fera face à une assemblée acquise à la cause du libre-échange, et dont la principale préoccupation est le changement climatique, synonyme de désastres humains mais aussi de coûteuses complications économiques, selon une enquête réalisée par les organisateurs.

Mais le grand patronat réuni à Davos, où le programme officiel de débats se double d'une intense activité mondaine, propice aux négociations d'affaires fructueuses, a aussi des raisons d'être bien disposé. Jair Bolsonaro a en effet désigné comme ministre de l'Économie un chantre de l'ultra-libéralisme, formé aux États-Unis : Paulo Guedes. Et la Bourse de Sao Paulo a salué l'entrée en fonction du nouvel exécutif avec un record historique, le 2 janvier dernier.

Une importante présence chinoise

Outre le Brexit et les relations internationales tendues, la Chine sera aussi certainement un sujet de discussions à Davos, où le ralentissement en cours de la deuxième économie mondiale suscite bien des inquiétudes, tout comme ses ambitions de conquête de marchés internationaux, le fameux programme des "Nouvelles routes de la soie".

(avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 18/01/2019 à 12:33 :
"Vous êtes là pour nous servir donc ne venez pas coller votre sale réputation à nous tout le monde commence à comprendre là, merci. Faites le taf qu'on vous demande c'est tout ce que l'on veut."

"Heu... T'es sûr qu'on a vraiment bien fait de prendre des politiciens de plus en plus bêtes ? Les gens commencent à bien comprendre là je crois bien..."

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