A l'Opep+, une réduction de l'offre pas si surprenante
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La décision de l'Opep annoncée le 2 avril de réduire dès le mois de mai son offre de 1,16 million de barils par jour (mb/j) dont près de la moitié assumée par l'Arabie Saoudite, a surpris le marché. Elle contredit en effet la position affirmée deux semaines auparavant par le ministre saoudien de l'Énergie, le prince Abdelaziz ben Salman, alors même que les prix du baril étaient au plus bas depuis 15 mois.
« À ceux qui continuent de penser que nous allons ajuster l'accord [celui d'octobre dernier d'une réduction de l'offre de l'Opep+ de 2 mb/j] avant la fin de l'année, je leur dis qu'ils devront attendre jusqu'au vendredi 29 décembre 2023 pour leur démontrer notre engagement à tenir notre accord actuel », assénait-il quinze jours plus tôt.
Cette volte-face justifiée comme « mesure de précaution » vient rappeler que la boussole qui guide la politique des 13 pays membres de l'organisation et les 10 autres pays qui font partie de l'Opep+ est d'abord et avant tout la variation du prix du baril dont dépendent leurs budgets publics. Ainsi, l'Arabie saoudite, qui doit financer les projets pharaoniques du prince héritier pour faire de son pays une économie moderne émancipée de l'or noir, se base structurellement sur une minimum de 75 dollars le baril. D'autre part, la Russie, soumise sur ses ventes à un prix plafonné à 60 dollars, a besoin d'un cours élevé pour optimiser ses revenus pétroliers et financer sa coûteuse guerre en Ukraine.
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Car malgré l'annonce de la réduction d'octobre dernier et une demande pétrolière mondiale prévue par l'Agence internationale de l'énergie (AIE) en hausse de 2% en 2023, à 101,9 mb/j, les prix du baril sont tendanciellement à la baisse (voir graphique) de 40% depuis juin 2022 jusqu'à leur point bas de la mi-mars. Même les achats de la Chine, dont l'activité a repris depuis la fin de sa politique de « zéro Covid » en novembre dernier, n'ont pas eu l'effet escompté. Néanmoins, une hausse s'est enclenchée depuis la mi-mars, qui s'est accélérée depuis le début d'avril. En un mois, le prix du baril de Brent a repris 17% de sa valeur. Ce lundi, dans l'après-midi, il évoluait en légère baisse au-dessus de 85,8 dollars tandis que celui du WTI perdait près de 1%, à 81,88 dollars.
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