Les travaillistes viennent de remporter haut la main les élections britanniques, s'assurant une confortable majorité parlementaire qui va leur permettre de gouverner à leur guise. Le chef du parti, Keir Starmer, a opté pour une campagne de centre-gauche, avec des propositions susceptibles de rassembler un électorat assez large, par contraste avec la plateforme de son prédécesseur, Jeremy Corbyn, solidement ancrée à gauche.
Le leader travailliste a aussi pris soin de proposer un programme fiscalement raisonnable, par crainte de réitérer le fâcheux épisode Liz Truss, alors que les finances du royaume sont dans une situation délicate. La politique des travaillistes promet toutefois aussi un certain nombre de ruptures avec celle des conservateurs. Voici les principales.
C'était la priorité des électeurs travaillistes lors de cette élection : remédier aux dysfonctionnements du National Health Service (NHS), le système de santé public britannique. Jadis un motif de fierté nationale, celui-ci, après des années de coupes budgétaires décidées par le gouvernement conservateur, est sorti exsangue de la pandémie. L'actualité britannique est régulièrement émaillée par des histoires de listes d'attente interminables, d'aberrations bureaucratiques dignes d'un roman de Franz Kafka, et même de tragiques récits de patients qui meurent faute d'avoir pu accéder aux soins.
Le désormais nouveau Premier ministre travailliste avait promis durant sa campagne de raccourcir rapidement les listes d'attente en permettant 40 000 visites médicales, scanners et opérations supplémentaires par semaine, en mobilisant davantage de personnel le weekend, et en développant des synergies avec le secteur privé. Un renflouement que Keir Starmer entend financer en luttant contre l'évasion fiscale pour augmenter les recettes de l'État.