Liz Truss, un naufrage économique en 44 jours
Paul Marion
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Liz Truss à New York en septembre.
TOBY MELVILLE
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Liz Truss à New York en septembre.
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Elle se rêvait en Dame de fer du XXIème siècle mais Liz Truss n'aura tenu que 44 jours au pouvoir, quand Margaret Thatcher a dirigé le Royaume-Uni plus de 4.000 jours. Alors que Thatcher avait tenu avec fermeté - rigidité diront certains - son programme ultra-libéral, Liz a multiplié les revirements sur les dossiers économiques. Ne faisant souvent qu'aggraver la crise qu'elle prétendait résoudre. Retour sur un mois (et demi) de Liz Truss à Downing Street, dont l'économie britannique n'est pas sortie indemne.
Lorsqu'elle franchit le porche du 10 Downing Street, Liz Truss ne jouit pas d'une légitimité incontestée. L'ancienne ministre des Affaires étrangères a simplement remporté un scrutin interne des conservateurs, auquel 140.000 militants du parti majoritaire au Parlement ont participé. Liz Truss a devancé Rishi Sunak, pourtant plus populaire qu'elle dans l'opinion publique.
Les deux candidats se sont distingués sur le terrain économique dans une campagne où chacun se revendique de Margaret Thatcher. L'ancien ministre des Finances Sunak a proposé de s'attaquer en priorité à l'inflation, avant éventuellement de baisser certains impôts pour relancer la croissance. De son côté, Truss a promis un choc fiscal immédiat et massif pour doper la croissance et éloigner le spectre d'une récession. Sans même évoquer des aides anti-inflation qualifiées de « pansement ».
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La réalité de la crise énergétique rattrape la Première ministre. Les manifestations contre la flambée du coût de la vie ont rythmé tout l'été. Les appels à la grève menacent de paralyser les trains et la poste dans un pays où l'inflation caracole à près de 10%. Liz Truss décide de plafonner les factures d'énergie à 2.500 livres par an pour les ménages, dont les deux tiers sont menacés de précarité énergétique sans intervention de l'Etat. Les entreprises et les institutions publiques se voient accorder des aides équivalentes pendant six mois pour régler leurs dépenses énergétiques. Cette première annonce sociale va à l'encontre du programme de Liz Truss, mais la mort d'Elizabeth II éclipse ce premier virage.
Paul Marion