Accord sur le nucléaire : retour sur les vives échanges entre Téhéran et Washington

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Il a été dit clairement et définitivement que l'accord sur le nucléaire ne pouvait être renégocié, a expliqué le président iranien Hassan Rohani lors d'une conférence de presse organisée à Téhéran à son retour de l'Assemblée générale de l'ONU.
Il a été dit clairement et définitivement que l'accord sur le nucléaire "ne pouvait être renégocié", a expliqué le président iranien Hassan Rohani lors d'une conférence de presse organisée à Téhéran à son retour de l'Assemblée générale de l'ONU. (Crédits : STEPHANIE KEITH)
Donald Trump affirme avoir pris sa décision concernant l'accord sur le nucléaire, sans en dévoiler la teneur. Les Etats-Unis pourraient demander de revoir le contenu des accords sans y mettre fin. Hassan Rohani exclut, pour sa part, une telle éventualité.

Le ton monte entre Téhéran et Washington. Après avoir qualifié la République islamique d'"Etat-voyou" à la tribune de l'ONU mardi, Donald Trump a annoncé, le lendemain, qu'il avait pris sa décision concernant l'accord sur le nucléaire de 2015, sans en dévoiler la nature.

Pour mémoire, le président américain a multiplié les critiques depuis son arrivée à la Maison-Blanche contre ce qu'il considère comme l'un des "pires accords jamais conclus" et menace de ne pas "certifier" que l'Iran tienne ses engagements devant le Congrès, le 15 octobre prochain, ce qui lui permettrait de le déclarer caduc.

L'accord sur le nucléaire ne peut être renégocié selon Téhéran

Les Etats-Unis pourraient demander que l'accord soit amendé, c'est en tout cas la solution avancée mardi par le secrétaire d'Etat, Rex Tillerson, sur la chaîne de télévision Fox News. Le chef de la diplomatie s'est dit particulièrement inquiet de certaines clauses, qui prévoient de lever, avec le temps, les restrictions au programme atomique de Téhéran.

Sans surprise, ces déclarations ont fortement déplu aux Iraniens. Le président Hassan Rohani a estimé jeudi que l'accord ne pouvait être renégocié.

"Il y a eu des déclarations de la part de certains, selon lesquels l'accord n'est pas mauvais, mais ne doit pas rester tel qu'il est. C'est un bon accord, mais il faudrait que nous revenions à la table des négociations pour voir s'il peut être amélioré. (...) Il leur a été dit clairement et définitivement que l'accord sur le nucléaire ne pouvait être renégocié", a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse organisée à Téhéran à son retour de l'Assemblée générale de l'ONU.

Évoquant le discours de Donald Trump, Hassan Rohani l'a jugé "indigne des Nations unies et de quelqu'un qui se dit chef de l'Etat". "Ce discours n'était pas l'expression du pouvoir, mais de la colère, de la frustration et de la stupidité", a, quant à lui, estimé jeudi l'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la Révolution iranienne.

Washington exige une inspection des bases militaires iraniennes

Les Etats-Unis ne font pas confiance à l'Iran et demandent davantage de surveillance pour s'assurer que la République islamique développe l'énergie nucléaire uniquement à des fins civiles. Dans le cadre de l'accord signé le 14 juillet 2015 à Vienne avec les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne, l'Iran s'est engagé à limiter ses activités nucléaires en échange d'une levée progressive des sanctions internationales.

Le mois dernier, l'ambassadrice américaine aux Nations unies, Nikki Haley, avait demandé à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) d'inspecter des bases militaires iraniennes pour vérifier si Téhéran respectait bien ses engagements. "Nous n'accepterons pas une application faible et inadaptée de l'accord de surveillance", avait déclaré le secrétaire américain à l'Energie, Rick Perry, lors de la réunion de l'AIEA.

Le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), Ali Akbar Salehi, avait répondu que les demandes de Washington sont contraires à l'accord sur le nucléaire. "Nous restons confiants sur le fait que [l'AIEA] résistera à ces demandes inacceptables et continuera à effectuer son rôle avec objectivité, équité et impartialité", avait-il déclaré, qualifiant d'"hostile" l'attitude des Etats-Unis.

Dans les faits, l'agence peut accéder aux complexes iraniens, dont les bases militaires, mais seulement s'il y a des preuves nouvelles et tangibles d'activités nucléaires sur place. D'après des diplomates, Washington ne les a pas encore fournies. Un rapport de l'AIEA indiquait, fin août, que l'Iran était resté dans les limites fixées à ses activités nucléaires par l'accord de 2015.

(Avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 22/09/2017 à 9:47 :
L'"Etat profond" américain ayant neutralisé le trump, celui-ci, qui ne peut plus jouer comme il veut, semble devenir bien imprévisible et nerveux...

Ben oui maintenant il n'a plus que ça à faire, se faire réélire dans 4 ans.
a écrit le 21/09/2017 à 23:09 :
Le président Trump fait une grosse erreur, si l'Iran sort de cet accord, c'est aucun accord et l'Iran sera comme la Corée du Nord, incontrolable.

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