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Guerre en Ukraine : le G7 s'accorde sur l'utilisation des avoirs russes gelés

latribune.fr

Publié le 13 juin 2024 à 14:14 - Mis à jour le 13 juin 2024 à 14:17

Le president americain joe biden et le president francais emmanuel macron lors du sommet du g7

Le president americain joe biden et le president francais emmanuel macron lors du sommet du g7

LUKAS BARTH

Le Quotidien Numérique

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Les dirigeants du G7 se réunissent à partir de ce jeudi en Italie. Ils se sont notamment accordés sur l'utilisation des avoirs russes gelés pour débloquer 50 milliards de dollars en faveur de l'Ukraine. Plus globalement, la question ukrainienne est en tout cas au cœur de ce sommet.

[Article publié le jeudi 13 mai 2024 à 10h32, mis à jour à 16h11] À partir de ce jeudi et jusqu'à samedi, les représentants du G7 - États-Unis, Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni, Canada, Japon - se retrouvent, sous présidence italienne actuellement, dans la luxueuse station balnéaire de Borgo Egnazia, dans les Pouilles, région du sud du pays. Un sommet où la question de l'aide à l'Ukraine a une place prépondérante. Car, face au spectre d'un retour à la Maison Blanche de Donald Trump et l'incertitude autour des conséquences de son élection pour l'Ukraine, le « Groupe des 7 » veut sécuriser le financement de son aide militaire à Kiev.

Et bonne nouvelle, les dirigeants du G7 réunis en Italie sont parvenus jeudi à un « accord politique » sur l'utilisation des avoirs russes gelés pour débloquer 50 milliards de dollars en faveur de l'Ukraine, a indiqué un responsable de la Maison Blanche.

«Nous avons un accord politique au plus haut niveau (...) et ce sont 50 milliards de dollars qui seront consacrés à l'Ukraine », a déclaré un haut responsable de l'administration américaine sous couvert d'anonymat.

« Un prêt solidaire»

Ce prêt de 50 milliards de dollars pour Kiev sera garanti par les futurs intérêts produits par les actifs russes immobilisés, qui se montent à 300 milliards d'euros générant jusqu'à trois milliards d'euros de revenus par an. Les Etats-Unis sont « disposés à prêter jusqu'à 50 milliards pour assurer que l'objectif de 50 milliards soit atteint, mais il y aura d'autres prêteurs, ce qui signifie que le véritable chiffre américain est plus bas », a-t-il expliqué.

«Il s'agit d'un prêt solidaire», a-t-il souligné. «Nous allons partager le risque, parce que nous partageons l'engagement pour que cela soit fait».

La part de chaque pays dans ce prêt n'est pas encore connue. « Je ne vais pas parler pour les autres délégations, c'est à elles de dire si elles vont contribuer », a-t-il ajouté.

Après avoir prôné une confiscation pure et simple des avoirs russes, risquée juridiquement, les États-Unis s'étaient rangés à la position des Européens d'utiliser les seuls intérêts générés par les actifs gelés. Ces actifs se trouvent surtout dans l'Union européenne: environ 185 milliards d'euros ont été gelés par Euroclear, un organisme international de dépôts de fonds établi en Belgique. Cela donne un poids prépondérant à l'Europe sur l'utilisation des avoirs russes. Le reste se partage surtout entre les États-Unis, le Japon, le Royaume-Uni et la Suisse.

Lire aussiSommet du G7: les États-Unis promettent de nouvelles annonces en faveur de l'Ukraine

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Vers un accord sur les actifs russes ?

Mais de nombreuses questions demeurent, notamment celle de savoir qui émettrait la dette et ce qui se passerait si les avoirs étaient débloqués dans l'éventualité d'un accord de paix. Ainsi, comme l'a expliqué l'Elysée, « ce prêt a vocation à être remboursé avec le produit des avoirs russes gelés. Mais si pour une raison ou une autre, les avoirs russes sont dégelés ou si les revenus des avoirs russes ne produisent plus ce qui est nécessaire pour financer le prêt, alors se pose la question de la répartition de la charge. Nous avons posé les principes de cette répartition et maintenant il faut que les techniciens s'entendent sur le contrat qui finalement sera signé », a-t-elle précisé, jugeant cet accord « tout à fait significatif ». L'une des interrogations est par exemple de savoir quelles sont les garanties de ce prêt « qui est essentiellement américain, mais qui peut être complété avec de l'argent européen ou des contributions nationales ».

Pas de quoi s'alarmer en tout cas, selon la présidence française. « Comme toujours au G7, les leaders prennent une décision et les techniciens font ensuite leur travail pour la mettre en forme » pour s'assurer qu'elle soit « conforme au droit », « aux règles des finances publiques » ou encore « aux capacités financières des uns et des autres », a-t-elle indiqué.

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Actifs russes : le G7 souligne des progrès pour aider l'Ukraine

L'Ukraine attendait ses alliés au tournant

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a en tout cas mis la pression au G7 ce jeudi, déclarant attendre des « décisions importantes » lors du sommet italien, où il est d'ailleurs arrivé en début d'après-midi ce jeudi. En plus de l'accord sur les actifs russes gelés, le dirigeant ukrainien repartira de ce sommet avec un accord bilatéral de sécurité signé avec le Japon et un autre avec les États-Unis. Selon Jake Sullivan, il prévoirait la fourniture d'armes et une assistance à l'Ukraine. Volodymyr Zelensky a, lui, parlé d'un document « sans précédent » avec ses partenaires américains.

Autre annonce attendue, côté britannique cette fois. Le Premier ministre Rishi Sunak doit annoncer une nouvelle aide bilatérale allant « jusqu'à 242 millions de livres » (286,5 millions d'euros), a indiqué Downing Street ce mercredi soir. Cette aide doit permettre de « répondre aux besoins humanitaires, énergétiques et de stabilisation immédiats (de l'Ukraine), et jeter les bases d'une reprise et d'une reconstruction économiques et sociales à plus long terme », est-il précisé dans un communiqué. Elle vise notamment à réparer des « infrastructures énergétiques critiques », qui ont « souffert des missiles et bombardements russes au cours des derniers mois ». Selon Downing Street, Londres a octroyé 695 millions de livres d'aide bilatérale (822,5 millions d'euros) à l'Ukraine, destinée notamment au déminage ou à des projets humanitaires, depuis l'invasion de la Russie en février 2022.

Volodymyr Zelensky compte par ailleurs profiter de sa rencontre avec ses homologues du G7 pour demander, encore une fois, une aide accrue de la part des alliés occidentaux à son pays. Il réclame notamment plus de livraisons de moyens de défense antiaérienne Patriot, car pour lui, « la défense antiaérienne est la réponse » à « la terreur des missiles et des bombes qui aide les troupes russes à avancer sur le terrain » de l'Ukraine.

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Aux côtés de Zelensky, Scholz appelle l'Occident à renforcer la défense aérienne de l'Ukraine

Pluie de sanctions sur la Russie

Lors du sommet italien ce jeudi, le Royaume-Uni a par ailleurs annoncé une nouvelle vague de sanctions contre la Russie. Dans le détail, Londres vise quatre navires soupçonnés de participer à la « flotte fantôme » de tankers usagés d'appartenance parfois opaque ou démunis d'assurance, qui permettent à la Russie de continuer d'exporter massivement son pétrole, ainsi que deux navires accusés de transporter des armes pour Moscou. Dans le secteur financier, plusieurs entreprises sont sanctionnées dont, outre la Bourse de Moscou, celle de Saint-Pétersbourg ainsi que des sociétés facilitant les échanges financiers. Le Royaume-Uni vise également une série de sociétés dans le secteur du gaz naturel liquéfié ainsi que dans la production de munitions, machines ou composants électroniques à l'armée russe.

« Nous intensifions une fois de plus la pression économique avec des sanctions visant à limiter la capacité de la Russie à financer sa machine de guerre »,a déclaré le Premier ministre britannique, cité dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères. Le président Vladimir« Poutine doit perdre, et il est absolument vital de lui couper la capacité de financer un long conflit »,a-t-il ajouté.

Ces mesures interviennent après des annonces américaines ciblant également la place financière moscovite ce mercredi. Elles concernent des entités situées en Russie et dans des pays comme la Chine, l'Afrique du Sud, la Turquie et les Emirats arabes unis. Parmi elles figurent la Bourse de Moscou et plusieurs filiales, dans l'objectif de rendre plus difficiles les transactions de plusieurs milliards de dollars, ainsi que des entités impliquées dans trois projets de gaz naturel liquéfié. Volodymyr Zelensky les a saluées ce jeudi, estimant qu'elles tapent « là où ça fait mal ».

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La Chine et Gaza également au programme

De nombreux sujets attendent les dirigeants du G7 lors de ce sommet en Italie. L'Afrique, le changement climatique, et le développement seront les sujets de la session d'ouverture de ce jeudi. Suivra une session consacrée à la situation au Proche-Orient, puis des discussions sur l'Ukraine. La guerre à Gaza devrait occuper une partie des séances de travail et des nombreux entretiens bilatéraux en marge du sommet. Le G7 a déjà exprimé son soutien au plan de cessez-le-feu annoncé le 31 mai par Joe Biden, mais le Hamas a proposé certains amendements « irréalisables », selon le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken, qui effectue une tournée au Moyen-Orient. De son côté, Israël n'a pas annoncé officiellement sa position et poursuit sans répit son offensive, alors que le conflit est entré dans son 9e mois.

Le programme de vendredi prévoit d'aborder l'immigration, la région indo-pacifique et la sécurité économique, ainsi que l'intelligence artificielle. Sera abordé le sujet sensible des tensions avec la Chine, alors que la Commission européenne a menacé ce mercredi d'augmenter significativement les droits de douane des voitures électriques importées, mesure déjà actée le mois dernier par les États-Unis. Selon un responsable européen, le sommet des Pouilles doit servir à « coordonner » la stratégie du G7 sur ce dossier.

Le sommet doit s'achever vendredi à 19h00, avant une conférence de presse finale de la Premier ministre italienne, Giorgia Meloni, samedi après-midi.

(Avec AFP)

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