Les Etats-Unis frappent en Syrie des installations des Gardiens de la révolution iraniens

Les Etats-Unis ont mené des frappes jeudi dans l'est de la Syrie contre deux installations utilisées par les Gardiens de la révolution iraniens et des « groupes affiliés ». Une riposte aux 19 attaques recensées contre les forces de la coalition en Irak et en Syrie depuis le début du mois.
Joe Biden a adressé un message au dirigeant suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, pour le mettre en garde contre toute attaque visant les troupes américaines, en Irak et en Syrie.
Joe Biden a adressé un message au dirigeant suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, pour le mettre en garde contre toute attaque visant les troupes américaines, en Irak et en Syrie. (Crédits : JONATHAN ERNST)

La guerre entre Israël et le Hamas entraîne une escalade de la violence sur d'autres terrains. Le président américain Joe Biden a ainsi adressé un message au dirigeant suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, pour le mettre en garde contre toute attaque visant les troupes américaines, en Irak et en Syrie, qui menace de provoquer un élargissement du conflit en cours. « Un message direct a été envoyé. Je n'irai pas plus loin », a confirmé un porte-parole de la Maison Blanche, John Kirby. Le Pentagone a indiqué que les forces américaines et leurs alliés avaient été la cible d'au moins 19 attaques de drones et de missiles depuis le début du mois.

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Des paroles aux actes. Les Etats-Unis ont mené vendredi des frappes contre deux installations utilisées par les Gardiens de la révolution iraniens et des « groupes affiliés ». Les frappes américaines se sont déroulées vers 01h30 GMT ce vendredi, près de la ville syrienne d'Abou Kamal, proche de la frontière avec l'Irak, a déclaré un haut responsable américain qui préfère conserver l'anonymat. Deux avions de chasse F-16 ont visé des installations dans lesquelles se trouvaient des armées et des munitions, a-t-il ajouté.

« Nous riposterons »

Pour le Pentagone, « ces frappes de légitime défense et de précision sont une riposte à une série d'attaques en cours, et pour la plupart manquées, contre le personnel américain en Irak et en Syrie par des milices soutenues par l'Iran », depuis le 17 octobre, a indiqué Lloyd Austin, le ministre américain de la Défense dans un communiqué.

Le président Biden a ordonné ces frappes « pour qu'il soit clair que les Etats-Unis ne toléreront pas de telles attaques et se défendront eux-mêmes, ainsi que leur personnel et leurs intérêts », a prévenu le ministre.

 « Ces frappes d'autodéfense bien ciblées (...) sont séparées et distinctes du conflit en cours entre Israël et le Hamas, et ne constituent pas un changement dans notre approche » concernant cette guerre, insiste Lloyd Austin

Mercredi, l'ayatollah Khamenei avait accusé les Etats-Unis de « diriger en quelque sorte » les opérations d'Israël contre le Hamas. « Mon avertissement à l'ayatollah est que s'ils continuent à agir contre ces troupes, nous riposterons, et ils doivent être prêts. Cela n'a rien à voir avec Israël », a rétorqué Joe Biden.

De nombreuses, si ce n'est l'ensemble, des attaques récentes ont été revendiquées par le groupe « Résistance islamique en Irak ». Cette faction ne fait pas partie des groupes militants formellement établis dans la région, et n'a pas revendiqué publiquement d'affiliation ou de soutien de la part d'un Etat en particulier.

Empêcher toute résurgence de l'EI

Mais ses revendications d'attaques sur les forces américaines sont apparues sur des chaînes Telegram affiliées à des factions chiites fidèles à l'Iran. Le Pentagone a affirmé que les organisations « menant ces attaques sont soutenues par les Gardiens de la révolution », l'armée idéologique du régime iranien. Michael Knights, chercheur au cercle de réflexion Washington Institute, estime que « Résistance islamique en Irak est un nom destiné aux revendications médiatiques ». « Ce n'est pas un groupe », affirme-t-il, mais l'amalgame de différents groupes en Irak soutenus par l'Iran, décidant « pour la durée du conflit à Gaza de revendiquer conjointement toutes leurs attaques ». Un autre groupe, Ketaëb Hezbollah, a exigé que les forces américaines quittent l'Irak sous peine de « goûter aux feux de l'enfer ».

Environ 2.500 soldats américains sont déployés en Irak, et quelque 900 autres en Syrie dans le cadre de la campagne visant à empêcher toute résurgence de l'EI. Le groupe djihadiste contrôlait auparavant des portions considérables de territoire dans les deux pays avant d'être repoussé par les armées locales au sol, appuyées par des frappes aériennes de la coalition internationale.

(Avec agences)

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Commentaires 5
à écrit le 27/10/2023 à 18:03
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Et puis ils parleront à l'ONU du droit international. De telles décisions américaines ne font que rapprocher une grande guerre.

à écrit le 27/10/2023 à 13:08
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Bonjour, comme le dit l'oncle Sam, attention de ne pas étendre le conflit a toute la région... S'est pas moi, qui bombarde un peux partout... MDR.

à écrit le 27/10/2023 à 10:12
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n'est-ce pas exactement cela que l'on appelle "terrorisme d'état" ? Avec ses innombrables coups fourrés (après, entre autres, les tentatives ratées d'assassinat de leaders politiques légitimes, dont Fidel Castro, et les "vérités étatsuniennes concern...

le 27/10/2023 à 10:49
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@Question Les US ne sont pas tout blanc mais avons nous le choix, entre un certain impérialisme Americain, une autocratie Poutinienne, une Chine stalino communiste, une ploutocratie nord coréenne, une dictature islamiste iranienne? Les Américains ne...

à écrit le 27/10/2023 à 9:53
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Ce sont les oligarques iraniens qu'il faut cibler sinon ça ne fait que les énerver et les rendre toujours plus dangereux et violents. Trump président des états unis et vite.

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