Au G20 Finances, le protectionnisme et la fiscalité des GAFA divisent

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Le sommet du G20 Finances promet de vifs échanges entre les représentants de la Chine et ceux des États-Unis.
Le sommet du G20 Finances promet de vifs échanges entre les représentants de la Chine et ceux des États-Unis. (Crédits : Reuters/Marcos Brindicci)
Protectionnisme, acier, fiscalité des géants du numérique : les sujets de discorde sont nombreux au sommet du G20 Finances. Cette rencontre internationale réunit les ministres des Finances des grandes puissances à Buenos Aires jusqu'à mardi soir.

Les tensions sont palpables au sommet du G20 Finances en Argentine. Au programme de cet événement figurent l'acier, la fiscalité des géants du numérique, le financement des infrastructures, l'avenir du travail et les cryptomonnaies. Il devrait réunir notamment 22 ministres des Finances et 17 gouverneurs de banque centrale à Buenos Aires.

Cette rencontre intervient dans un contexte économique favorable. Selon les dernières prévisions de l'OCDE publiées le 14 mars dernier, l'économie mondiale devrait connaître une croissance de 3,9% en 2018 et 2019. Mais des risques relatifs aux secteurs financiers et à la montée du protectionnisme subsistent rappelle l'organisation internationale.

Lire aussi : Cryptomonnaies : "pas de risque financier"... pour le moment !

Le commerce au centre des débats

La décision du président américain Donald Trump de mettre en place des tarifs douaniers de 25% sur les importations d'acier et de 10% sur celles d'aluminium ont ravivé les débats sur la scène du commerce mondial. L'entrée en vigueur de ces droits de douane est prévue le 23 mars pour l'ensemble des pays, à l'exception du Canada et du Mexique, mais des exemptions pourraient avoir lieu dans les semaines à venir. Dans le viseur des Américains figure particulièrement la Chine qui est le principal producteur mondial d'acier avec plus de 831 millions de tonnes en 2017, devant l'Inde et le Japon avec plus de 100 millions de tonnes.

Lire aussi : Pour comprendre la crise des importations américaines d'acier et d'aluminium

L'Europe et la Chine n'ont pas attendu des mois pour mettre en garde la puissance américaine sur une possible riposte. Du côté de l'Union européenne, le commissaire à l'Économie et aux finances Pierre Moscovici a signalé qu'il voulait éviter une escalade, mais a tenu à rappeler que l'Union européenne était pourvue de tout un arsenal juridique.

"Toute guerre est mauvaise et une guerre commerciale est une guerre qui ne fait que des perdants", a dit M.Moscovici. "Donc, nous voulons encore éviter l'escalade. Mais qui veut préparer la paix prépare la guerre et en tout cas des ripostes."

Si les mesures américaines créent des excès d'importations d'acier en Europe, l'UE appliquera des mesures de sauvegarde pour les limiter, a poursuivi Pierre Moscovici.

"Troisièmement, nous nous réservons le droit d'aller porter des différends éventuels devant l'OMC (l'Organisation mondiale du commerce)", a-t-il ajouté.

De son côté, la Chine a également annoncé qu'elle allait prendre aussi des mesures nécessaires en cas de guerre commerciale avec Washington, a indiqué le ministre des Affaires étrangères Wang yi.

La Chine inquiète outre-Atlantique

Lors d'une allocution à l'institut de la finance le week-end dernier, le secrétaire-adjoint au Trésor américain David Malpass a indiqué qu'un contrôle accru de l'État sur l'économie chinoise associée à la présidence à vie de Xi Jinping représentait une "inquiétude pour le monde".

Le Parlement chinois a aboli il y a quelques jours la disposition constitutionnelle qui limitait la fonction présidentielle à deux mandats de cinq ans, ce qui permet, en théorie, au président Xi Jinping de rester chef de l'État à vie. "Voir une telle puissance s'éloigner de l'économie de marché n'a été bon ni pour nous, ni pour le monde et cela continuera à poser problème", a ajouté David Malpass.

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david malpass

Le secrétaire adjoint au Trésor américain David Malpass. Crédits : Agustin Marcarian/Reuters.

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Pas de consensus sur la fiscalité des GAFA

La fiscalité des géants du numérique apparaît également comme l'autre sujet de discorde de cette réunion internationale. Dans un rapport intermédiaire publié le 16 mars dernier à l'occasion du G20 Finances, l'OCDE indique qu'il n'existe pas de consensus ni sur les mesures à long terme ni sur celles à plus court terme sur la fiscalité des GAFA (Google, Amazon, Facebook, Amazon). Les divisions sont particulièrement marquées sur ce sujet entre les États-Unis et l'Union européenne.

Pour la première puissance économique mondiale, l'administration "s'oppose fermement à ce que les géants technologiques soient taxés différemment", a affirmé vendredi dernier le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin dans un communiqué après la publication du rapport de l'OCDE.

"Les États-Unis sont fermement opposés à ce que les autres pays puissent cibler ces firmes technologiques. La plupart de ces société sont parmi les plus grandes contributrices en termes de créations d'emploi et de croissance aux États-unis. Imposer une nouvelle pression fiscale pourrait freiner la croissance et avoir un impact négatif sur les travailleurs et les consommateurs. "

L'ancien banquier de Goldman Sachs ajoute toutefois qu'il soutient un effort de "coopération internationale pour trouver une solution aux défis fiscaux que suscitent l'économie moderne"De son côté, la Commission européenne devrait proposer cette semaine de taxer les GAFA entre 1% et 5% de leur chiffre d'affaire selon des documents consultés par l'agence de presse Reuters. Face à toutes ces divisions, la directrice générale du Fonds monétaire international Christine Lagarde a appelé dans un récent post de blog les pays participant au sommet "à travailler ensemble".

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Commentaires
a écrit le 20/03/2018 à 20:38 :
Vous avez sans doute remarquer que Trump s'attaque à des industries de la vieille économie américaine, c'est-à-dire dans les secteurs primaire et secondaire (acier, aluminium, charbon, etc.) et ''protège l'emploi'' dans des industries peu concurrentielles qui n'ont pas su et pu évoluées technologiquement, dans des États qui ont très peu de diversité économique... Trump courtise la base de ses électeurs tout simplement.

La valeur des ''sorties médiatiques'' de Trump sont aussi importantes que ses tweets au milieu de la nuit... du bruit et du symbole. Par contre, et il est au moins lucide la-dessus, c'est que les GAFAM et bien d'autres entreprises du numérique sont des joyaux de la nouvelle économie... et des Chevaux de Troie extrêmement efficaces. Trump est peut-être déséquilibré pas complètement idiot, tout de même.

En terminant, je dirais que les GAFAM ont des concurrents très actifs, de plus en plus puissants et agiles du côté de la Chine, et là ce sont des forces titanesques avec des budgets et des moyens colossaux qui s'affrontent à coup d'acquisitions, d'innovations et de prise de possession de territoires... dont l'Europe... bien sûr ! :-)
a écrit le 20/03/2018 à 19:30 :
Vous avez sans doute remarquer que Trump s'attaque à des industries de la vieille économie américaine, c'est-à-dire dans les secteurs primaire et secondaire (acier, aluminium, charbon, etc.) et ''protège l'emploi'' dans des industries peu concurrentielles qui n'ont pas su et pu évoluées technologiquement, dans des États qui ont très peu de diversité économique... Trump courtise la base de ses électeurs tout simplement.

La valeur des ''sorties médiatiques'' de Trump sont aussi importantes que ses tweets au milieu de la nuit... du bruit et du symbole. Par contre, et il est au moins lucide la-dessus, c'est que les GAFAM et bien d'autres entreprises du numérique sont des joyaux de la nouvelle économie... et des Chevaux de Troie extrêmement efficaces. Trump est peut-être déséquilibré pas complètement idiot, tout de même.

En terminant, je dirais que les GAFAM ont des concurrents très actifs, de plus en plus puissants et agiles du côté de la Chine, et là ce sont des forces titanesques avec des budgets et des moyens colossaux qui s'affrontent à coup d'acquisitions, d'innovations et de prise de possession de territoires... dont l'Europe !
a écrit le 20/03/2018 à 18:50 :
Qu'ils payent leurs impôts (comme les PME) ou alors qu'ils se cassent...Le reste n'est que magouille et "arrangements"..
a écrit le 20/03/2018 à 10:12 :
GAFA : Google, Apple, Facebook, Amazon
a écrit le 19/03/2018 à 21:17 :
Pour compléter mon commentaire précédent, il se trouve que Trump avait annoncé ses mesures dés le début.
L'Europe a tapé en premier en s'attaquant au business des données en pleine croissance avec la future loi sur la protection des données qui cible les GAFA. Les USA répliquent avec les taxes sur l'acier et l'aluminium. Sauf que les sommes en jeu sur les taxes sur l'acier et l'aluminium sont limitées, que l'UE prépare des mesures de rétorsion et cerise sur le gâteau, les taxes des USA peuvent être contestées devant l'OMC.
Premier round: USA KO
Deuxième round, la fiscalité des GAFA et les USA n'ont même pas de quoi répliquer.
Bref cette grande guerre commerciale dont les experts avaient peur se transforme en bérézina pour les USA.
a écrit le 19/03/2018 à 20:56 :
Moscovici doit faire peur après ce qu' il a fait avec les banques en tant que ministre des finances!!! et lagarde suppot des américains qui dit travailler ensemble... lolll pendant ma pme paie 20% du ca en charge et les gafa 0 .02 % . des comiques si malheureusement ce n était pas le contribuable français et led pme qui payaient . et macron une blague pire que lagarde et Moscovici et la tribune qui me censure ... j espère que non
Réponse de le 19/03/2018 à 23:08 :
"ma pme paie 20% du ca en charge et les gafa 0 .02 %"
Il y a un an personne n'en parlait, maintenant c'est l'offensive médiatique sur ce sujet, reconnaissez-le. Il faut au moins reconnaitre à Bruno Le Maire le mérite de s'être attaqué au sujet qui est loin d'être facile à traiter d'ailleurs. On jugera sur le résultat de toute façon. Par contre il ne faut pas rêver, le problème ne va pas être réglé au G20 puisque les USA vont dire non. Tout ça, c'est juste pour sensibiliser l'opinion.
Réponse de le 21/03/2018 à 8:46 :
Je ne sais d'où sortent vos chiffres, mais il ressort des comptes annuels de Google ou de Total que le bénéfice net (après impôt) est de 12% du CA pour le premier et de 9% pour le second. Ce qui représente 90% de charge en moyenne.
a écrit le 19/03/2018 à 19:49 :
Ils sont gentils les américains, il s'attaquent à l'acier allemand, à l'aluminium chinois mais il ne faut surtout pas toucher au GAFA.
Sauf que cette fois les américains ont donné un prétexte idéal pour régler le problème GAFA, la prochaine fois Donald Trump évitera de faire le malin. Enfin je dis ça mais c'est plus fort que lui.
a écrit le 19/03/2018 à 19:05 :
"L'Europe et la Chine n'ont pas attendu des mois pour mettre en garde la puissance américaine sur une possible riposte."

LOL

"Washington ouvre le processus d'exemptions des taxes acier/aluminium" https://www.latribune.fr/economie/international/washington-ouvre-le-processus-d-exemptions-des-taxes-acier-aluminium-772319.html

"Cette annonce coïncide avec l'arrivée de responsables européens à Washington pour tenter d'obtenir des exemptions."

Trump tremble ! :D

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