Le Fonds d'investissement public (FIP) saoudien veut se financer sur les marchés internationaux de la dette pour intensifier ses investissements dans la transition écologique, notamment dans Neom, le projet de mégacité futuriste, cher au prince héritier, Mohammed ben Salmane. L'opération l'oblige à devoir être plus transparent auprès des investisseurs en donnant certaines indications sur la gestion du fonds en matière de rendement et d'investissement.Ayant décidé pour la première fois d'émettre des obligations « vertes » sur les marchés obligataires internationaux, le Fonds d'investissement public (FIP) saoudien lève quelque peu le voile sur la gestion de ses plus de 600 milliards de dollars d'actifs, dans le prospectus présenté aux investisseurs internationaux, qu'a pu consulter l'agence Reuters.
On y apprend notamment que le FIP a affiché un rendement moyen annuel de 12% depuis 2017 (25% en 2021). A titre de comparaison, durant ces cinq années-là, l'indice MSCI Tadawul 30, qui réplique la performance des 30 plus importantes capitalisations des plus de 200 entreprises cotées à la Bourse de Riyad, a affiché une performance annuelle de 9,19% tandis que l'indice MSCI S&P 500 avait un rendement annuel de 11,21%. Les actifs gérés par le FIP sont concentrés à 69% dans des entreprises saoudiennes ou du Golfe Persique.
606 milliards de dollars d'actifs
La valeur totale des actifs du fonds s'élevait à la fin juin à 606 milliards de dollars, mais elle n'intégrait pas le récent transfert de 4% du capital de la compagnie pétrolière royale Aramco. Les actions des entreprises publiques représentaient 44% des actifs, celles des entreprises privées 21% et l'investissement dans l'immobilier et les infrastructures représentait 13%. Les autorités saoudiennes ambitionnent d'atteindre 1.000 milliards de dollars d'actifs d'ici 2025. Le prospectus précise que la dette brute était de 21 milliards de dollars, et que la trésorerie s'affichait à 45 milliards de dollars.
Créé sous forme de holding en 1971, le PIF affichait une performance annuelle de 3% avant d'être transformé en 2017 lorsque Mohammed ben Salame en est devenu président. Le prince héritier, qui a été nommé mardi également Premier ministre du royaume, compte sur un tel outil pour conduire son programme de transformation nationale, en visant notamment à moins dépendre de la rente pétrolière. Au cours des dernières années, le FIP est devenu l'un des premiers investisseurs publics au monde. Son plus important placement, de l'ordre de 45 milliards de dollars, a été fait dans le Vision Fund du japonais SoftBank qui investit essentiellement dans des entreprises technologiques. Le FIP a également pris des participations dans Uber ou encore Lucid Motors, entreprise spécialisée dans la production de véhicules électriques.