Pendant que l'économie mondiale pique du nez, la croissance de l'Arabie saoudite bondit grâce à la cherté du pétrole

Le PIB de l'Arabie saoudite a augmenté de près de 12% au deuxième trimestre 2022, grâce à la hausse des prix du pétrole, ont annoncé dimanche les autorités de la riche monarchie du Golfe. Malgré les demandes des Etats-Unis et de la France d'augmenter la production pour faire baisser les prix, l'Arabie saoudite s'en tient aux engagements de production de l'Opep+.
(Crédits : Reuters)

Alors que les perspectives de l'économie mondiale s'assombrissent avec le risque d'une récession, l'Arabie saoudite est l'un des grands gagnants de la situation actuelle, marquée notamment par la crise énergétique en Europe. Après plusieurs années de baisse du prix du pétrole, la monarchie pétrolière bénéficie de la flambée des prix du pétrole qui a accompagné la reprise post-Covid et la guerre en Ukraine.  Résultat : au deuxième trimestre, son Produit intérieur brut (PIB) a bondi de 11,8%, dans la lignée d'un premier trimestre déjà excellent avec une hausse de 9,6%. Selon le Fonds monétaire international (FMI), la croissance annuelle de l'Arabie saoudite devrait progresser de 7,6% en 2022.

Cette croissance est la conséquence de « l'augmentation significative des activités pétrolières de 23,1%, en plus de l'augmentation des activités non pétrolières de 5,4% », a précisé, ce dimanche, l'Autorité générale des statistiques.

D'une manière générale, la hausse des prix du brut bénéficie aux pays exportateurs, dont ceux du Golfe, courtisés par les puissances occidentales qui leur demandent d'ouvrir les vannes de la production pour calmer les marchés et ainsi limiter l'inflation globale. Le prince héritier d'Arabie saoudite, qui dirige de fait le pays depuis 2017, a reçu début juillet le président américain Joe Biden et a rencontré cette semaine le chef de l'Etat français Emmanuel Macron.

Réunion cette semaine de l'Opep+

Pour autant, pour l'heure, l'Arabie saoudite, qui mène avec la Russie l'OPEP+, résiste et s'en tient aux engagements de production de ce puissant cartel de pays exportateurs. Alors qu'une nouvelle réunion de l'Opep+ est prévue cette semaine, les analystes ne s'attendent pas à un changement de politique. Vendredi, sans grand espoir d'une augmentation de l'offre en perspective, les prix du pétrole ont fini en hausse, alors que les craintes de ralentissement de l'activité persistent.

Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain pour livraison le même mois a terminé en hausse de 2,28% à 98,62 dollars. Plus tôt en séance, le baril américain grimpait de plus de 5%. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre, dont c'est le dernier jour de cotation, a conclu à 110,01 dollars en progrès de 2,67%.

« Les prix du pétrole se sont redressés après qu'Exxon et Chevron se sont montrés optimistes quant aux perspectives de la demande de brut et aux attentes selon lesquelles l'Opep+ n'augmenterait pas la production en septembre », a affirmé Edward Moya de Oanda,

Les acteurs du marché s'attendent à ce que l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses dix partenaires (Opep+) laissent inchangés leurs objectifs de production pour le mois de septembre lors de sa prochaine réunion par visioconférence mercredi à Vienne, le siège du cartel.

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LA FAMILLE BEN LADEN FAIT UN DON D'1 MILLION DE LIVRES À LA FONDATION DU PRINCE CHARLES

Le prince Charles, héritier de la couronne britannique, a accepté un don à sa fondation d'un million de livres (1,21 million d'euros) de la famille ben Laden, selon le Sunday Times. Plusieurs de ses conseillers auraient plaidé pour que la fondation n'accepte pas ce versement de la richissime famille du cerveau des attentats du 11 septembre 2001, Oussama ben Laden, selon les sources citées dans l'article du journal britannique. Même si les membres de la famille saoudienne, qui ont renié Oussama ben Laden, ne font pas l'objet de soupçons sur une potentielle infraction, cette information renforce l'attention entourant la fondation du prince Charles qui est l'objet d'une enquête de police lancée en février.

Cette enquête vise à établir si des dons à la fondation du prince Charles ont été récompensés par des titres honorifiques et ont servi à appuyer une demande de naturalisation d'un homme d'affaires saoudien, Mahfouz Marei Moubarak ben Mahfouz. L'accord sur le don d'un million de livre du patriarche de la famille saoudienne, Bakr ben Laden (demi-frère d'Oussama) et de son frère Chafik, remonte à 2013 lors d'une rencontre à Londres entre Bakr ben Laden et le prince Charles, selon le Sunday Times.

Ian Cheshire, le président de la fondation, affirme que le don avait été accepté à l'époque par les cinq administrateurs.  L'affaire sur laquelle Scotland Yard a lancé une enquête avait été révélée l'an dernier et avait éclaboussé l'héritier du trône britannique de 73 ans.

Son ancien valet adjoint Michael Fawcett, réputé très proche de Charles, est soupçonné d'avoir usé de son influence pour aider l'homme d'affaires saoudien ben Mahfouz, généreux donateur à des oeuvres caritatives liées à la monarchie britannique, à obtenir une décoration. Mahfouz Marei Moubarak ben Mahfouz, qui nie toute faute, aurait donné de fortes sommes d'argent à des projets de restauration. Michael Fawcett a démissionné en novembre 2021. Une enquête avait par ailleurs été lancée en novembre dernier par le régulateur anglais des organisations caritatives pour examiner si la fondation Mahfouz, du riche homme d'affaires saoudien, avait perçu des dons qui étaient destinés à celle du prince Charles.

« L'enquête examinera si certains dons reçus par la fondation Mahfouz étaient destinés à l'organisation, s'ils ont été utilisés conformément à l'intention des donateurs et s'ils doivent être rendus », avait expliqué à l'époque la commission.

La fondation du prince Charles, créée en 1986, n'est toutefois pas régulée par cette commission mais dépend du régulateur écossais des associations caritatives. Ce dernier a lui aussi ouvert une enquête mais sur plusieurs centaines de milliers d'euros d'un donateur russe cette fois-ci.

Le groupe Ben Laden, plus grand empire de construction d'Arabie saoudite fondé par le père d'Oussama ben Laden en 1931, s'est enrichi pendant des décennies grâce à sa proximité avec la famille royale. Mais il croule aujourd'hui sous les dettes.

(AFP)

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Commentaires 5
à écrit le 01/08/2022 à 23:59
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Le financement du terrorisme islamiste internationale a le vent en poupe grâce à la dictature des Al Saoud reçue en grande pompe par Macron...

à écrit le 01/08/2022 à 9:41
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Pendant que les européens se tirent une balle dans le pied avec les sanctions contre la Russie, on apprend que l'Arabie Saoudite a doublé depuis 3 mois ses importations de fioul russe , qu'elle revend ensuite sur le marché mondial. Grand silence médi...

à écrit le 31/07/2022 à 22:53
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J'ai le sentiment que des changements vont se produire au pays du pétrole. L'Arabie Saoudite va devoir choisir son camp face à un Iran et un Irak chiite qui pourrait bien faire une alliance de circonstance. Bien encouragée par Moscou. La malédiction...

à écrit le 31/07/2022 à 20:43
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Pensez tous à réduire la climatisation, éteindre votre wifi, faire du covoiturage...et préparez-vous mentalement à baisser votre chauffage cet hiver. Pensez aussi à échanger vos ampoules contre des bougies... Tandis qu'en "Europe, Shell, qui vient...

à écrit le 31/07/2022 à 20:31
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"Les entreprises pétrolières et gazières américaines ExxonMobil et Chevron ainsi que les géants européens ont pulvérisé leurs bénéfices durant le deuxième trimestre (avril à juin). On ne connait pas encore les chiffres des entreprises nationales comm...

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