Au Venezuela, Maduro passe à l'offensive (judiciaire) contre des députés de l'opposition

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(Crédits : Reuters)
Le régime du président vénézuélien Nicolas Maduro a accéléré mercredi 8 mai la répression contre les auteurs de la tentative de soulèvement du 30 avril, avec l'arrestation du bras droit de l'opposant Juan Guaido et l'inculpation de nouveaux députés.

Le pouvoir chaviste a décidé de se déplacer sur le terrain judiciaire, une semaine tout juste après le soulèvement raté auquel avait appelé Juan Guaido, reconnu président par intérim par une cinquantaine de pays, dont les Etats-Unis.

Le déclenchement de "poursuites pénales" à l'encontre des sept parlementaires d'opposition s'est fait en deux temps mardi. La Cour suprême, que l'opposition accuse d'être pieds et poings liés au pouvoir chaviste, a d'abord ordonné que six d'entre eux soient poursuivis pour "haute trahison" et "conspiration", entre autres chefs. Elle a ensuite remis leurs dossiers au parquet général pour instruction et à l'Assemblée constituante pour qu'elle examine la levée de leur immunité parlementaire.

La première réaction de Juan Guaido à cette décision est intervenue lors d'une séance de l'Assemblée nationale qu'il préside et qui est dominée par l'opposition.

« La seule réponse de ce régime c'est de poursuivre. Il ne gouverne plus, car il n'a plus les commandes », a-t-il dit.

« Le régime a enlevé le premier vice-président »

En début de soirée, la Constituante, uniquement constituée de fidèles de Nicolas Maduro, a ensuite décidé de défaire de leur immunité les six députés : Henry Ramos Allup, Luis Florido, Marianela Magallanes, Simon Calzadilla, Amerigo De Grazia et Richard Blanco.

A ces six noms s'est ajouté celui d'Edgar Zambrano, bras droit de Juan Guaido, contre lequel la Cour suprême avait déjà décidé que des poursuites seraient engagées la semaine dernière. Il a été placé en détention mercredi 8 mai par les autorités gouvernementales, une arrestation que le chef de file de l'opposition a qualifié d'enlèvement.

« Nous alertons le peuple du Venezuela et la communauté internationale : le régime a enlevé le premier vice-président » de l'Assemblée nationale, a tweeté M. Guaido. « Ils tentent de mettre en pièces le pouvoir qui représente tous les Vénézuéliens, mais ils ne vont pas y arriver ».

La Constituante est l'une des deux assemblées au Venezuela. Créée en 2017, elle remplace, dans les faits, l'Assemblée nationale, dont les décisions ne sont plus prises en compte par l'exécutif. Elle est dotée de très larges pouvoirs, dont celui de lever l'immunité parlementaire des députés. Elle avait déjà levée l'immunité de Juan Guaido en avril, considérant qu'il "usurpe" la fonction présidentielle.

L'opposant et ses partisans ont, eux aussi, recours au terme "d'usurpateur" pour qualifier le chef de l'Etat dont ils estiment qu'il doit son maintien au pouvoir à l'élection présidentielle "frauduleuse" de l'an dernier.

Les sanctions américaines, une "persécution politique"

Et dans ce bras de fer, Juan Guaido est soutenu par les Etats-Unis. Pour tenter de déloger Nicolas Maduro du pouvoir, l'administration Trump a déjà pris toute une série de sanctions à l'encontre de hauts responsables civils et militaires. Sur cette liste figurait jusqu'à mardi le général Christopher Figuera, chef du renseignement vénézuélien.

Or, pendant un discours à Washington, le vice-président américain Mike Pence a annoncé que les sanctions à son encontre étaient "immédiatement" levées à la suite de sa défection la semaine dernière. L'idée est de pousser d'autres hauts gradés à faire défection au profit de Juan Guaido.

« Les Etats-Unis envisageront de lever les sanctions pour tous ceux qui soutiennent la Constitution et l'Etat de droit », a lancé Mike Pence.

Il s'agit aussi de la première confirmation officielle de la défection de Christopher Figuera.

La levée des sanctions contre cet ancien responsable du régime « met en évidence le ferme soutien de nos alliés » et « notre sérieux et notre engagement à l'égard de nos forces armées prêtes à défendre la Constitution », a tweeté M. Guaido. Il a rappelé avoir offert des « garanties » aux militaires qui basculeraient dans son camp.

La réplique de Caracas est venue de Diosdado Cabello. Il a estimé que cette mesure « montre clairement » que les sanctions américaines contre des responsables vénézuéliens « n'ont rien à voir avec le blanchiment d'argent, le narcotrafic ou et les droits de l'homme », mais tout à voir avec une « persécution politique ».

Pire crise économique de l'histoire récente

Toujours sur le plan diplomatique, le groupe de contact international (GCI) composé de pays européens et latino-américains, a annoncé mardi l'envoi d'une mission au Venezuela pour promouvoir une solution à la crise politique et superviser la distribution d'aide humanitaire.

Car la crise politique se double de la pire crise économique de l'histoire récente de ce pays aux plus grandes réserves de pétrole au monde. L'inflation devrait atteindre 10.000.000% cette année, selon le Fonds monétaire international, et les pénuries se multiplient, tout comme les pannes de courant.

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Commentaires
a écrit le 09/05/2019 à 10:53 :
voila, les pays socialistes!
rien de liberal!
la repression pour tous c'est maintenant!
comme du bon vieux temps de la STASI, et de Ceaucescu, qui n'avait rien de tres libera vu qu'il etait de gauchel!
Réponse de le 09/05/2019 à 16:54 :
Par contre, étouffer un pays par des sanctions, pour mettre à sa place un gouvernement ami qui permettra de voler son pays:çà c'est bien.En passant je signale que la France est aussi victime des sanctions du plus grand pays libéral et "démocratique" du monde."Libéral" quand c'est dans son intérêt."Démocratique" seulement de nom et qui n'aime pas la Démocratie chez les autres.
Réponse de le 09/05/2019 à 17:06 :
Bof.

En Europe (Espagne très précisément), on met en prison des gens qui organisent pacifiquement un referendum. Ça fait beaucoup moins de bruit.

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