Avion abattu : pour Poutine, la Turquie a voulu protéger le pétrole de Daech

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Moscou a déjà accusé Ankara la semaine dernière, après le crash d'un Su-24 abattu près de la frontière syrienne par l'aviation turque, de protéger les jihadistes de l'EI et de couvrir le trafic de pétrole qui constitue une des principales sources de financement de l'organisation.
Moscou a déjà accusé Ankara la semaine dernière, après le crash d'un Su-24 abattu près de la frontière syrienne par l'aviation turque, de "protéger" les jihadistes de l'EI et de couvrir le trafic de pétrole qui constitue une des principales sources de financement de l'organisation. (Crédits : SPUTNIK)
Lors d'une conférence de presse en marge de la COP21 à Paris, le président russe a soutenu que la Turquie -qui a abattu un de ses chasseurs la semaine dernière près de la frontière syrienne- cherchait à protéger les livraisons de pétrole en provenance des territoires contrôlés par Daech.

La tension entre Ankara et Moscou est de plus en plus forte. Après avoir infligé à la Turquie des sanctions économiques et décliné la proposition d'une rencontre avec son homologue turc, Vladimir Poutine accuse Ankara de vouloir protéger le trafic de pétrole auquel se livre l'organisation État islamique (EI).

"Nous avons toutes les raisons de penser que la décision d'abattre notre avion a été dictée par la volonté de protéger ces chemins d'acheminement de pétrole vers le territoire turc, justement vers ces ports depuis lesquels il est chargé sur des navires-citernes", a déclaré Vladimir Poutine, lundi 30 novembre, lors d'une conférence de presse en marge de la Cop21 à Paris.

"Nous avons reçu des informations complémentaires qui confirment malheureusement que ce pétrole, produit dans les endroits contrôlés par l'EI et d'autres organisations terroristes, est acheminé massivement, de manière industrielle, vers la Turquie", a-t-il poursuivi.

"Pas nécessaire" d'abattre l'avion russe

Moscou a déjà accusé Ankara la semaine dernière, après le crash d'un Su-24 abattu près de la frontière syrienne par l'aviation turque, de "protéger" les jihadistes de l'EI et de couvrir le trafic de pétrole qui constitue une des principales sources de financement de l'organisation.

Selon le président russe, la plupart de ses interlocuteurs en marge de la conférence de Paris ont été d'accord sur le fait qu'il n'était "pas nécessaire" pour les autorités turques d'abattre l'avion russe, qui "ne menaçait pas la Turquie".

Vladimir Poutine a en outre rappelé que les pilotes russes écrivaient sur leurs bombes l'inscription "Pour notre peuple" et "Pour Paris", en référence au crash d'un avion civil russe le 31 octobre en Egypte et aux attentats du 13 novembre dans la capitale française.

"Et ce bombardier (qui portait ces inscriptions) est abattu par l'aviation turque. De quelle coalition peut-on parler dans ces conditions", a-t-il demandé.

Projet de coalition avorté ?

L'idée d'une coalition unique destinée à éliminer l'EI en Syrie a été avancée par Vladimir Poutine et François Hollande, mais peine à se réaliser face aux désaccords sur le sort du président syrien Bachar al-Assad. La grave crise que traversent les relations entre Moscou et Ankara met également à mal ce projet.

"Nous défendrons toujours (l'idée d'une coalition élargie), mais nous n'y arriverons pas tant que certains utiliseront des groupes terroristes pour servir leurs intérêts politiques à court terme", a conclu M. Poutine.

(Avec AFP)

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a écrit le 03/12/2015 à 15:02 :
Mouais....
Poutine comme d'habitude perd son sang-froid
Il menace à tout va mais ce n'est que de la com destiné au peuple Russe
Que ferait ce même Poutine si des bombardiers de l'OTAN viole son espace aérien
J'ai ma p'tite idée...
a écrit le 01/12/2015 à 19:14 :
au moins , c'a a le merite d'etre clair ? non ?
et , de vous à moi :
cette histoire de petrole entre Dash & la Turquie , c'est un secret de polichinelle ...
a écrit le 01/12/2015 à 15:58 :
1. La situation commence à s'apaiser, au moins pour l'instant et de certains points de vue. Certaines sanctions russes deviennent en réalité très faibles, voir déclaratives. C'est peu étonnant dans la situation quand la Turquie contrôle le transport de matériel militaire russe (transport à travers du détroit de Bosphore etc.). L'ironie de la situation, c'est aussi que la Russie a dû acheter ou louer les bateaux turcs pour le transport du matériel en Syrie.
2. Les déclarations des officiels russes sur le pétrole de Daech et les Turcs sont assez stupides, car même si la Turquie en profite (les volumes de cette commerce sont ridicules), c'est très loin d'être la source principale de la bénéfice turque issue de la situation en Syrie, même si on laisse à côté la motivation politique des Turcs. La raison de l'abattage de l'avion doit être plutôt lié au bombardement des rebelles loyaux au Turcs. De plus les paroles du secrétaire de presse de Poutine, qu'ils ne vont pas présenter les preuves contre Turcs, sont assez minables.
3. Selon certaines rumeurs la présence militaire russe en Syrie continue d'augmenter, même si elle restera limitée.
a écrit le 01/12/2015 à 12:48 :
C'est plus complexe car il n'y pas que les russes qui ont ciblé le pétrole mais aussi par exemple les américains et les français. La Turquie est anti-Bachar à l'inverse de la Russie et la zone bombardée était Turkmène en Syrie. Cà fait par ailleurs plus de 30 ans que la dynastie des Bachar d'un côté et des Saoud de l'autre, avec leurs alliés respectifs, se font la guerre directe et indirecte. On parle de la Syrie mais il ne faut pas oublier le Yemen entre autres.
Réponse de le 01/12/2015 à 13:15 :
Vous avez raison mais je voulais juste souligner l'aspect religieux du conflit entre Les Russes et les Turcs.
a écrit le 01/12/2015 à 12:01 :
Pour se faire pardonner les Turcs devraient rendre la cathédrale Sainte Sophie à l'église orthodoxe à Constantinople..
a écrit le 01/12/2015 à 11:31 :
Pour se fair
a écrit le 01/12/2015 à 11:07 :
Erdogan qui demande à Poutine de montrer ses preuves en mettant son siège de président en jeu, sans oublier de demander à Poutine de faire la même chose... Ca, ça s'appelle en avoir.
a écrit le 01/12/2015 à 10:44 :
La Turquie fait son beurre sur le compte du Gouvernement de Damas et de Bruxelles , le réseau d'échange semble fonctionner discrètement depuis des années sans reconnaître Daech .
a écrit le 01/12/2015 à 9:18 :
Quand on sait que c'est le propre fils d'Ergogan qui dirige ce trafic de pétrole, on comprend les motivations du pouvoir Turque, et l'extrême mécontentement de la Russie.
Réponse de le 01/12/2015 à 10:26 :
vous avez des sources ?
Réponse de le 01/12/2015 à 17:05 :
@matteo: consultez les différents articles à ce sujet, ça foisonne.
Maintenant si vous voulez des empreintes ou une déclaration de sa part en 3 exemplaires papier carbone, on va vraiment penser que vous êtes sa petite sœur.
Bien à vous

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