Avion qatarien, cryptos : Trump face aux soupçons de corruption
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Donald Trump à la porte d’Air Force One.
Reuters/Leah Millis
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Donald Trump à la porte d’Air Force One.
Reuters/Leah Millis
Un avion de luxe offert par le Qatar, des cryptomonnaies opaques, des intérêts immobiliers croisés... Les accusations de corruption s'accumulent contre Donald Trump, suscitant l'indignation de l'opposition démocrate et des associations de lutte contre la corruption. « La corruption semble encore plus grosse et plus flagrante que lors du premier mandat », s'indigne Noah Bookbinder, président de l'association anticorruption Crew.
C'est l'affaire du Boeing 747 offert par la famille royale qatarie, estimé à 400 millions de dollars, qui a mis le feu aux poudres. Donald Trump s'est justifié en affirmant qu'il serait « stupide » de refuser un tel cadeau, et qu'il compte le transformer en nouvel Air Force One (l'avion dans lequel voyage le président des Etats-Unis en exercice) avant de le léguer à sa future « bibliothèque présidentielle » (c'est-à-dire aux collections d'archives et d'objets de sa présidence) à la fin de son mandat, selon CBS. Jusqu'alors, seul l'avion de Ronald Reagan figurait dans un de ces fonds.
Si la Maison-Blanche promet la « plus grande transparence » sur ce don, la Constitution américaine interdit formellement aux responsables publics d'accepter des cadeaux de la part d'un État étranger. « Le Qatar a clairement reçu le message que cette présidence est à vendre », dénonce Tony Carrk, directeur exécutif de l'association Accountable.US, qui fustige le don de ce « palais volant ». Noah Bookbinder souligne également le « risque considérable » de voir le président prendre des décisions influencées par sa « reconnaissance » envers les Qataris.
Les démocrates n'ont pas manqué de saisir l'occasion pour dénoncer ce qu'ils considèrent comme une atteinte à la probité. Chuck Schumer, l'un des ténors du parti, a qualifié ce cadeau de « plus gros pot-de-vin présidentiel de l'histoire moderne ». « Ce n'est pas seulement de la pure corruption, c'est également une menace grave pour la sécurité nationale », a-t-il affirmé. Des experts soulignent que l'entretien de cet avion par le gouvernement américain, coûterait des centaines de millions de dollars aux contribuables.
Au-delà de l'affaire qatarienne, les associations s'inquiètent de l'implication de Donald Trump et de ses proches dans des cryptomonnaies dont les transactions sont difficilement traçables. Elles pointent du doigt un dîner organisé par le président dans l'un de ses clubs de golf, auquel seuls les principaux détenteurs de sa cryptomonnaie $TRUMP seront invités. Les plus gros investisseurs auront même droit à une visite privée de la Maison-Blanche.
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Autre sujet de préoccupation : l'annonce qu'un fonds étatique des Émirats arabes unis utiliserait une autre cryptomonnaie liée à la famille Trump pour une transaction de 2 milliards de dollars avec la plateforme Binance. Ces affaires soulèvent des questions sur les conflits d'intérêts potentiels, alors que l'administration Trump est chargée de réguler le secteur des cryptomonnaies. Certains observateurs qualifient la cryptomonnaie $TRUMP, d'arnaque, et de machine à récolter des millions de dollars auprès d'investisseurs souhaitant avoir un accès privilégié au président.
La tournée de Donald Trump au Moyen-Orient, qui l'a conduit en Arabie saoudite, au Qatar et aux Émirats arabes unis, a également suscité des inquiétudes. Ces trois pays sont des partenaires commerciaux de la Trump Organization, la holding familiale du président, dans les domaines de la finance, de l'immobilier et du sport.
« Le président facilite son enrichissement personnel à travers des dizaines, voire des centaines, de millions de dollars de sa fortune familiale passant par plusieurs projets crypto-opaques, largement anonymes, et faiblement régulés », accuse Tony Carrk d'Accountable.US. Noah Bookbinder de Crew estime quant à lui qu'il ne s'agit là « probablement que de la partie émergée de l'iceberg ». Depuis son élection, Trump et sa famille se seraient enrichis d'au moins un milliard de dollars.
Les deux responsables d'associations appellent le Congrès à exercer son rôle de surveillance de l'exécutif. « Mais avec le parti présidentiel aux manettes des deux chambres du Congrès actuellement, nous n'avons vu que peu de courageux parmi les parlementaires républicains », déplore Tony Carrk.
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Malgré tout, certains élus républicains ont exprimé leur malaise face au cadeau du Qatar. Le chef de la majorité au Sénat, John Thune, a évoqué « un grand nombre de problèmes liés à cette offre ». Le sénateur Rand Paul a quant à lui estimé que cet avion « envoie probablement le mauvais message aux gens ». Même des personnalités médiatiques proches du président ont exprimé leurs réserves. « Cela pose la question d'un trafic d'influence », a noté le podcasteur Ben Shapiro. « Si vous voulez que l'administration Trump réussisse, accepter un avion du Qatar n'est pas la meilleure façon de faire », a renchéri cette figure conservatrice.
(Avec AFP)
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