"Biden ne va pas baisser les barrières douanières du jour au lendemain"
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Ruben Nizard, économiste de Coface en charge de l'Amérique du Nord
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Ruben Nizard, économiste de Coface en charge de l'Amérique du Nord
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LA TRIBUNE - Quel est l'impact de l'élection de Biden à la Maison Blanche sur l'économie américaine ?
RUBEN NIZARD - Joe Biden a annoncé qu'il voulait faire passer un plan de relance fiscal très rapidement. Parmi les priorités de ce plan de relance, figure le prolongement de l'accord bipartisan du mois d'avril. Du côté des ménages, il a prévu une nouvelle distribution de chèques aux familles, une nouvelle extension de l'assurance-chômage. Il défend des aides et transferts pour les gouvernements locaux afin de gérer la crise sanitaire.
Les résultats de ce projet dépendent beaucoup de la majorité au Sénat. Cela pourrait compliquer la tâche de Joe Biden pour faire passer rapidement un texte de loi. En outre, le processus de nomination lent du président va aboutir au mois de janvier prochain. Tout texte de loi et plan de relance budgétaire devra attendre février 2021. Or la reprise américaine s'essouffle déjà.
L'autre élément important du plan de relance de Joe Biden est le programme d'investissements dans les infrastructures de 2.000 milliards de dollars sur son mandat. Ce serait un chantier prioritaire avec un texte voté dans les premiers jours après son élection. C'est un coup de pouce bénéfique à l'activité et l'emploi.
Quel est l'objectif de Biden en matière de fiscalité ?
Le mandat de Trump a été marqué par une forte baisse de fiscalité pour les ménages et les entreprises. L'impôt fédéral sur les sociétés est passé de 35% à 21%. C'est la baisse annoncée la plus forte depuis les années Reagan. De son côté, Biden a annoncé une hausse sur la fiscalité des entreprises de 21% à 28%. Ces mesures semblent cibler les plus grandes entreprises et les ménages les plus aisés.
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Il y a actuellement des divisions assez importantes entre les Républicains et les Démocrates sur la question du soutien économique supplémentaire. Dans la première phase de la crise, le Congrès américain a fait voter des mesures pour plus de 3.000 milliards de dollars en soutien à l'économie. Parmi ces mesures, des chèques ont été distribués aux Américains les plus vulnérables, des allocations chômage de l'État fédéral de 600 dollars par semaine, qui viennent s'ajouter à l'assurance-chômage de chaque État, ont été versées. Pour les entreprises, un programme de prêts garantis par l'administration pour soutenir les petites entreprises a été mis en œuvre. Ces grands piliers de la réponse économique s'ajoutent aux nouvelles dépenses pour le secteur de la santé.
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