Bienvenue au Liberland, la micro-nation qui applique les principes libertariens
Jordi Lafon-Lacaze
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Le président du Liberland Vit Jedlicka, près de Batina, en Croatie.
Davor Javorovic/PIXSELL/Sipa USA
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Le président du Liberland Vit Jedlicka, près de Batina, en Croatie.
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Elon Musk, Peter Thiel, Javier Milei... L'idéologie libertarienne fait de plus en plus parler d'elle, mais ses préceptes restent flous. Pour comprendre à quoi ressemblerait un État qui la mettrait en pratique, il faut se rendre à la frontière serbo-croate. Sur les bords du Danube, une micro-nation autoproclamée revendique depuis 2015 un territoire de 7 kilomètres carrés, laissé vacant dans la dispute territoriale entre ces deux pays des Balkans. Du 11 au 13 avril, ses partisans étaient donc réunis pour célébrer son 10e anniversaire.
Pendant cette décennie, leur existence est restée virtuelle, les autorités croates ne les ont jamais laissés s'installer durablement sur ledit territoire. Ils ont pourtant œuvré durant tout ce temps à structurer un État et un gouvernement, en ligne, s'appuyant sur leur propre blockchain — un registre numérique qui contient l'historique de tous les échanges effectués entre ses utilisateurs.
L'usage de cette technologie, à l'origine des cryptomonnaies, est révélateur de l'inspiration du projet, comme l'explique Navid Saberin, ministre des Finances du Liberland : « Bitcoin est la base de la philosophie du Liberland. Nous ne voulons pas de contrôle centralisé. Liberland n'aura jamais de banque centrale, par exemple, parce que nous trouvons que moins il y a de contrôle de la part d'un gouvernement, plus les marchés sont efficaces. Les marchés libres sont toujours le meilleur juge de l'efficacité d'un système. »
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Mis au service du fonctionnement d'un État, la blockchain présente des avantages, selon Michal Ptáčník, ministre de la Justice : « C'est un grand livre de compte numérique et décentralisé. Les gouvernements ne sont que des registres comme celui-ci, mais sur papier, et beaucoup d'argent est dépensé pour s'assurer que l'activité de ces gouvernements est conforme aux lois. Une blockchain est capable de le faire d'elle-même. Cela a un coût, mais il est négligeable par rapport au fonctionnement d'une administration classique. C'est aussi plus efficace, puisque cela fonctionne de manière autonome. »
Jordi Lafon-Lacaze
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