Il ne fait pas bon être fonctionnaire ces temps-ci en Amérique. En Argentine, au Salvador et désormais aux États-Unis avec le duo Trump-Musk, là où les libéraux anti-État ont pris le pouvoir, la chasse aux bureaucrates est ouverte. Elle s'inscrit dans un style et une communication chocs, à l'image du président argentin Javier Milei brandissant sa tronçonneuse. Cette année, il vise la suppression de 70 000 postes de fonctionnaires après avoir réduit de moitié le nombre de ministères, passant de 18 à 9, dès son élection fin 2023. Avant lui, le président salvadorien Nayib Bukele s'était séparé de cinq ministères et de centaines d'agents publics.
À Washington, la mission de Trump prend la dimension d'une croisade : « Nous plaçons la foi et la famille, et non le gouvernement et la bureaucratie, au centre de notre vie », lançait-il devant le Congrès dès son premier mandat en 2018. Plus tard, évoquant le gouvernement : « Ce sont des gens véreux, des malhonnêtes. Ils devront rendre des comptes. » Sept ans plus tard, l'objectif se concrétise : « Nous réformons la bureaucratie pour la rendre plus légère, plus réactive et plus responsable.»
Un plan mené à la hache par Elon Musk, à la tête du Doge (Department of Government Efficiency). Chargée de « maximiser l'efficacité et la productivité » des 2,4 millions de fonctionnaires fédéraux, cette commission n'hésite pas à sabrer dans les effectifs jugés excédentaires. Dernier coup de force : un e-mail envoyé fin janvier à la quasi-totalité des employés, les incitant à démissionner.