Brésil : la gauche cernée par les affaires de corruption

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La présidente brésilienne de gauche, Dilma Rousseff, en grande difficulté, a procédé à un profond remaniement gouvernemental pour tenter de ressouder une majorité
La présidente brésilienne de gauche, Dilma Rousseff, en grande difficulté, a procédé à un profond remaniement gouvernemental pour tenter de ressouder une majorité (Crédits : UESLEI MARCELINO)
L'ancien président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva peut être entendu par la justice. De son côté, la présidente Dilma Rousseff a procédé à un profond remaniement de son gouvernement pour tenter de reprendre la main.

La Cour suprême brésilienne a donné son feu vert vendredi à l'audition de l'ancien président Luiz Inácio Lula da Silva dans le cadre de l'enquête sur un scandale de corruption présumé au sein du groupe pétrolier public Petrobras. Dans la requête déposée il y a plusieurs mois, les enquêteurs s'interrogent sur les bénéfices qu'aurait pu tirer l'ancien chef d'Etat par ailleurs visé par une enquête pour trafic d'influence.

Le parquet affirme que rien ne prouve que Lula est lié au scandale de corruption qui agite le Brésil depuis plusieurs mois et qui fragilise la présidente actuelle, Dilma Rousseff. Les procureurs estiment toutefois que le dossier trouve son point de départ chez l'ancien directeur de cabinet de Lula, José Dirceu. Joint par Reuters, le représentant de Lula, président de 2003 à 2011, a refusé de faire le moindre commentaire.

Dilma Rousseff remanie son gouvernement

La présidente brésilienne de gauche, Dilma Rousseff, en grande difficulté, a annoncé vendredi un profond remaniement gouvernemental pour tenter de ressouder une majorité éclatée afin d'éloigner le spectre d'une destitution et faire adopter son programme d'austérité. En resserrant son gouvernement de 39 à 31 portefeuilles, Dilma Rousseff a fait la part belle à son incontournable mais très indiscipliné allié parlementaire, le Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB, centre droit), en lui confiant sept ministères.

Le PMDB, première force au Congrès avec 66 députés qui ont infligé de sérieux revers à la présidente au premier semestre, décroche la Santé, le plus richement doté des ministères. Ce remaniement vise à "garantir la stabilité politique dont le pays a besoin pour renouer avec la croissance économique", a expliqué Dilma Rousseff. Il est marqué par le retour à certains postes clés de proches du mentor de Dilma Rousseff, l'ancien président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), qui pourrait se présenter de nouveau à la présidence en 2018 sous les couleurs du Parti des travailleurs (PT, gauche).

Une destitution de Dilma Rousseff?

Ce remaniement a pour objectif "de diminuer le risque d'une procédure de destitution ( de Dilma Rousseff) au Congrès. Elle cherche à s'assurer le soutien du PMDB", confirme Ricardo Ribeiro, analyste politique chez MCM Consultores. Dilma Rousseff tente de reprendre la main après avoir vu sa popularité s'effondrer depuis le début de son second mandat en janvier, sous les effets d'une triple crise économique, politique et liée à la corruption. La gestion de la présidente se maintient à des niveaux historiquement bas, avec 10% d'approbation, selon un sondage paru mercredi.

Elle est accusée par le principal parti d'opposition, le Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB - centre gauche) d'avoir maquillé les comptes publics en 2014 en faisant financer provisoirement des programmes sociaux gouvernementaux par des institutions financières publiques, ce qui est interdit par la loi. Le Tribunal des comptes de l'Etat (TCU) est saisi d'une enquête qui pourrait entraîner, en octobre ou novembre, en fonction de ses conclusions, l'ouverture d'une complexe et aléatoire procédure de destitution de la présidente.

Pots-de-vin?

Le Tribunal suprême électoral doit par ailleurs juger cette année si les comptes de la dernière campagne électorale de Mme Rousseff n'ont pas été pollués par des pots-de-vin ayant émané des caisses de la compagnie pétrolière publique Petrobas, de quoi entraîner une éventuelle annulation de la présidentielle de 2014 et la convocation d'une élection anticipée. "Si la présidente arrive à éloigner ce risque de destitution, ce sera un premier pas fondamental", estime Ricardo Ribeiro.

La manœuvre va-t-elle fonctionner? De premiers éléments de réponse viendront du Congrès des députés dans les prochains jours. Celui-ci doit notamment avaliser ou invalider les veto de Dilma Rousseff à certaines mesures coûteuses allant à l'encontre de ses efforts de réduction des déficits budgétaires, comme une importante augmentation des salaires des fonctionnaires de justice. Le président du Congrès des députés, Eduardo Cunha (PMDB), devenu ces derniers mois le plus farouche adversaire de Dilma Rousseff, examine une dizaine de demandes de procédures de destitution à l'encontre de la présidente. Il en a encore rejeté deux jeudi soir.

C'est à lui qu'il appartient de les filtrer en les classant sans suite ou en les soumettant au vote des députés. Mais Eduardo Cunha a récemment vu son étoile pâlir. D'abord parce que Dilma Rousseff a réussi à le contourner en obtenant la collaboration du PMDB à son remaniement ministériel. Ensuite parce que le scandale Petrobras est en train de le rattraper à grands pas. Le parquet fédéral, qui le soupçonne d'avoir reçu cinq millions de dollars de pots-de-vins, a réclamé en août des poursuites contre lui.

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Commentaires
a écrit le 04/10/2015 à 9:20 :
L'idéologie gauchiste est la plupart du temps portée par des gens qui arrivent au pouvoir par le mensonge pur et simple. On promet un monde meilleur sans tenir compte du réel. Faire carrière en vendant du rêve relève de la corruption morale et du mépris des faibles que l'on séduit. La corruption morale ouvre ensuite la porte à la corruption matérielle bien évidemment.

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