« Trop c'est trop ! » a tranché lundi dernier Linda Chan, juge à la tête d'un tribunal de Hong Kong, justifiant la liquidation judiciaire d'Evergrande, pressé par ses créanciers. Si la cession des actifs hong-kongais du groupe symbole de la crise immobilière de la République populaire ne fait pas de doute, qu'en est-il ailleurs ?
« Cette décision pose la question de la saisie des actifs d'Evergrande, qui se trouvent à 90 % en Chine continentale, pour rembourser les créances du groupe à Hong Kong, explique François Chimits, analyste au Mercator Institute for China Studies.
S'il y a un cadre juridique entre Hong Kong et la Chine continentale qui permet normalement d'appliquer des décisions de justice de l'île sur le continent, dans les faits, cela dépend de la volonté de Pékin. » Or, les autorités chinoises font preuve de discrétion en matière de crise de l'immobilier. Car ce n'est pas la première fois qu'Evergrande défraie la chronique internationale. En 2021, n'ayant pas honoré des remboursements de dette aux États-Unis, le groupe avait fait défaut avant d'être mis en faillite en 2023. Pourtant, malgré ces vicissitudes, la saga de l'ex-numéro un mondial de l'immobilier se poursuit. Même plombé par une dette colossale de 300 milliards de dollars, il gère encore 240 milliards de dollars d'actifs, essentiellement en Chine continentale, où il se finance principalement en yuans, sous le contrôle strict des autorités.