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ÉconomieInternational

Colombie: le gouvernement et les Farc signent un nouvel accord

Photo de Giulietta Gamberini

latribune.fr

Publié le 13 novembre 2016 à 07:57 - Mis à jour le 13 novembre 2016 à 08:17

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Un premier texte, jugé trop favorable aux rebelles par une majorité de Colombiens, avait été rejeté par référendum. La nouvelle version incorpore des amendements proposés par l'opposition.

Le gouvernement colombien et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) font preuve de détermination. Six semaines après le rejet par référendum d'un premier accord de paix, jugé trop favorable aux rebelles par une majorité de Colombiens, les deux parties ont annoncé samedi 12 novembre être parvenues à un nouveau texte, destiné comme celui original à mettre fin à 52 années de conflit. Réunies autour de la table des négociations depuis quatre ans à La Havane, elles ont déclaré avoir incorporé des amendements proposés par l'opposition, des dirigeants religieux et d'autres groupes de la société colombienne.

"La paix ne peut plus attendre"

"Nous sommes parvenus à un nouvel accord définitif pour mettre fin au conflit armé, qui intègre des changements, des précisions et des propositions suggérées par les secteurs de la société les plus divers", ont-ils précisé dans une déclaration commune."Nous appelons toute la Colombie et la communauté internationale (...) à soutenir ce nouvel accord et sa mise en oeuvre rapide afin de laisser au passé la tragédie de la guerre", poursuivent-ils. "La paix ne peut plus attendre."

Le texte du nouvel accord sera rendu public dimanche. Le gouvernement n'a pas précisé s'il serait soumis à un second vote populaire, que réclament déjà des figures de l'opposition. L'accord laisse inchangée une portion sujette à débat, qui octroie d'office aux rebelles dix sièges au Parlement jusqu'en 2026. Toutefois, l'accord n'est plus destiné à être inscrit dans la Constitution colombienne, comme c'était le cas de sa première version en vue de garantir sa pérennité.

L'emprisonnement des anciens rebels en cause

Les Farc devront présenter un inventaire exhaustif de leurs actifs, qui seront utilisés pour indemniser les victimes du conflit, a déclaré le président Juan Manuel Santos à la télévision. Ils seront également tenus de divulguer le détail de leur participation à tout trafic de drogue.

En outre, le nouvel accord retire aux magistrats étrangers leur rôle dans les tribunaux de paix spéciaux destinés à juger des rebelles, même si des observateurs étrangers y seront maintenus. Le texte limite le travail des tribunaux spéciaux à dix ans et requiert que les enquêtes soient ouvertes dans les deux prochaines années.

Nombre de partisans du "non" au premier accord s'inquiétaient que les anciens rebelles évitent toute peine de prison, au profit de peines de travaux d'intérêt général. Or, il paraît peu probable que la nouvelle version du texte instaure des peines d'emprisonnement, mais le président Santos a annoncé que les ex-combattants reconnus coupables par la justice seraient assignés à des zones précises et soumis à un contrôle judiciaire.

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Des armes à la politique

La suggestion de l'opposition d'empêcher les dirigeants rebelles ayant purgé leur peine de se présenter aux élections n'a pas été évoquée avec les rebelles, a poursuivi Santos.

"Il est très important que les Colombiens comprennent que la raison du processus de paix est précisément que les rebelles déposent les armes et participent à la politique légalement", a-t-il déclaré. "Notre processus avec les Farc n'est pas et ne peut pas être une exception."

L'ancien président Alvaro Uribe, chef de file de l'opposition au traité, a annoncé avoir demandé à ce que le nouvel accord soit examiné par son camp ainsi que les victimes du conflit avant d'être instauré. Il a rencontré Santos samedi. "J'ai demandé au président que les textes annoncés à la Havane ne soient pas définitifs", a-t-il affirmé sur son compte Twitter, ajoutant vouloir y apporter de nouvelles modifications.

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Le président Juan Manuel Santos, lauréat cette année du prix Nobel de la paix, a fait de la fin du conflit qui a tué près de 220.000 personnes et en a déplacé des millions d'autres un enjeu clé de son mandat.

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