Dévoilée hier, une lettre de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole enjoint à ses membres de rejeter tout accord mentionnant la fin des énergies fossiles.« L'industrie pétrolière et gazière
est confrontée à un moment de vérité. »
Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), Fatih Birol, ne croyait pas si bien dire avant l'ouverture de la COP28 le 30 novembre à Dubaï (Émirats arabes unis). La révélation hier du contenu d'une lettre écrite mercredi par le secrétaire général de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a fait l'effet d'une bombe.
Dans son texte, Haitham Al-Ghais appelle les membres de l'alliance Opep+ (13 pays de l'Opep et 10 autres pays exportateurs, dont la Russie) à
« rejeter proactivement »
tout accord mentionnant
« l'élimination progressive des combustibles fossiles »
(pétrole, gaz naturel et charbon) dans les négociations climatiques. Le responsable considère qu'
« il serait inacceptable que des campagnes aux motivations politiques mettent en danger la prospérité et l'avenir de nos peuples ».
Polémique sur fond de conflit d'intérêts
Cette prise de position a soulevé une vague de critiques, à l'exemple d'Agnès Pannier-Runacher, la ministre française de la Transition énergétique, qui s'est dite « stupéfaite » et « en colère ». « C'est une chose assez répugnante de s'opposer à ce qu'on mette la barre là où elle doit être [sur le climat] », a abondé Teresa Ribera, ministre espagnole de la Transition écologique, dont le pays assure actuellement la présidence du Conseil de l'Union européenne.
L'un des enjeux de cette COP28 est en effet de prendre position sur l'avenir des hydrocarbures, notamment la fin programmée de leur financement et leur utilisation, responsable de 82 % des émissions de CO
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pour l'ensemble du secteur énergétique. La désignation de Sultan Al-Jaber, ministre de l'Industrie et président du géant pétrolier émirati Adnoc, comme président de la COP avait déjà suscité la polémique en raison de conflit d'intérêts.