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Grève dans l'automobile aux Etats-Unis : Joe Biden exhorte les constructeurs à « partager » les profits de manière « juste »

latribune.fr

Publié le 15 septembre 2023 à 17:00 - Mis à jour le 15 septembre 2023 à 17:11

Le president americain joe biden

Le president americain joe biden

EVELYN HOCKSTEIN

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Le syndicat des employés des trois grands constructeurs automobiles américains a annoncé le démarrage d'une grève dans trois usines. Le président du syndicat Shawn Fain a enjoint les quelque 146.000 membres du syndicat travaillant pour ces trois constructeurs historiques à se tenir prêts en fonction de l'évolution des négociations, prévenant que le syndicat n'hésiterait pas à étendre le mouvement. Ses revendications ont reçu le soutien public du président Biden.

[Article publié ce vendredi 15 septembre à 07H44 et mis à jour à 18H45]

Le puissant syndicat des employés des trois grands constructeurs automobiles américains, 

General Motors, Stellantis et Ford,

a confirmé le démarrage d'une grève dans trois usines ce vendredi 15 septembre, faute d'un accord trouvé avec les trois grands constructeurs aux Etats-Unis.

Dans un discours à la Maison Blanche ce vendredi, le président Biden a réagi au mouvement social. « Ces profits record n'ont pas été partagés de manière juste » avec les employés, a lancé le président américain, exhortant à la signature d'un accord « gagnant-gagnant » entre syndicat et entreprises.

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La dernière grève du secteur, qui remonte à 2019, n'avait affecté que GM. Elle avait duré six semaines. Dans les faits, l'UAW réclame un relèvement des salaires de 36% sur quatre ans, alors que les trois constructeurs américains n'ont pas été plus loin que 20% (Ford). Les trois géants historiques de Detroit ont notamment aussi refusé d'accorder des jours de congés supplémentaires et d'augmenter les retraites, assurées par des caisses propres à chaque entreprise.

«La grève débute dans les trois usines désignées», a déclaré le syndicat United Auto Workers (UAW), qui avait annoncé un peu plus tôt avoir choisi trois usines pour lancer ce mouvement, une de chacun des groupes General Motors, Stellantis et Ford.

Un mouvement amené à s'étendre ?

Les sites concernés sont des usines d'assemblage : à Wentzville (Missouri) pour GM, à Toledo (Ohio) pour Stellantis et à Wayne (Michigan) pour Ford. Ils totalisent environ 12.700 syndiqués de l'UAW. Le président du syndicat, Shawn Fain, a enjoint les quelque 146.000 membres du syndicat travaillant pour ces trois constructeurs historiques à se tenir prêts en fonction de l'évolution des négociations, prévenant que le syndicat n'hésiterait pas à étendre le mouvement.

Dans un communiqué diffusé dans la foulée, Ford s'est dit « absolument résolu à parvenir à un accord récompensant les employés et protégeant la capacité de Ford à investir pour le futur ». Selon le groupe, la contre-proposition transmise jeudi soir par l'UAW « n'a montré que peu de différences par rapport aux demandes initiales » du syndicat. Ford a qualifié l'offre qu'il avait faite au syndicat il y a plus de deux jours « d'historiquement généreuse avec d'importantes hausses salariales » et d'autres avantages.

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Interrogée sur CNN ce vendredi, Mary Barra, la dirigeante de GM, a, elle aussi, défendu les propositions des constructeurs, qui comprennent « non seulement une augmentation de 20% du salaire brut, mais aussi le partage des bénéfices, des soins de santé de classe mondiale et plusieurs autres caractéristiques. Nous pensons donc que nous avons une offre très concurrentielle sur la table », a-t-elle fait valoir.

Cinq milliards de dollars de perte de revenus

Les négociations ont commencé il y a deux mois pour élaborer les nouvelles conventions collectives pour quatre ans.

«Nous avons dit aux entreprises, depuis le début, que le 14 septembre (à minuit) était une date butoir, pas un jalon», avait prévenu mercredi Shawn Fain.

De son côté le patron de Ford, Jim Farley, lui a reproché jeudi après-midi d'être « occupé à préparer une grève » au lieu de négocier « ce contrat avec nous alors qu'il va expirer », sur la chaîne CNBC. Il veut « faire une grève historique dans les trois groupes mais nous voulons écrire l'histoire avec un accord historique », a-t-il ajouté.

Le président de General Motors, Mark Reuss, avait estimé peu avant lui sur la même chaîne qu'une grève constituerait « une issue très très triste » avec des conséquences importantes. « Pour une personne dans nos usines qui ne travaille pas, ce sont six autres qui ne travaillent pas », a-t-il affirmé.

«Nous sommes extrêmement déçus par le refus des dirigeants de l'UAW de s'engager de manière responsable pour atteindre un accord équitable dans le meilleur intérêt de nos employés, de leurs familles et de nos clients», a, de son côté, réagi Stellantis dans un communiqué ce vendredi.

Le cabinet de conseil Anderson Economic Group (AEG) estime qu'une grève de dix jours pourrait représenter plus de cinq milliards de dollars de perte de revenus pour l'économie américaine.

Des conséquences politiques

Un conflit social prolongé pourrait avoir des conséquences politiques pour le président Joe Biden, dont le bilan économique est critiqué, en particulier du fait de l'inflation tenace. A un peu plus d'un an du scrutin présidentiel, il marche sur des œufs, entre son soutien affiché aux syndicats et le spectre d'un coup porté à l'économie américaine. Il a parlé par téléphone jeudi soir avec Shawn Fain et avec les dirigeants des constructeurs pour faire le point sur les négociations.

«Consommateurs et concessionnaires sont, en général, relativement protégés des effets d'une grève courte», a expliqué le vice-président du cabinet AEG, Tyler Theile.

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Mais avec des stocks représentant un cinquième de ceux de l'industrie en 2019, lors de la dernière grève chez GM, ils « pourraient être touchés beaucoup plus rapidement », selon lui. « On arrive au quatrième trimestre, période durant laquelle on voit le plus de ventes de pick-ups et de gros SUV, qui sont très rentables pour ces trois constructeurs », rappelle Jessica Caldwell, du site spécialisé Edmunds.com.

(Avec AFP)

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