Dette responsable: le volet social prend le dessus sur le climat, du fait de la pandémie
Angélina Boulesteix, AFP

Fitch s'attend a un record de defauts sur les dettes souveraines
Dado Ruvic
Angélina Boulesteix, AFP

Fitch s'attend a un record de defauts sur les dettes souveraines
Dado Ruvic
Jusqu'ici star incontestée dans la galaxie de la dette responsable, le climat a été un peu éclipsé par le volet social du fait de la pandémie.
Petit tour d'horizon des mutations à l'œuvre dans ces fonds affectés à des projets durables, régis par des critères dits ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance) et outils clés pour financer une relance verte.
La première réponse de la finance responsable à la crise est passée par des emprunts, dits "sociaux", spécialement calibrés pour contrer les dégâts de la pandémie.
"Dans une crise comme celle que nous vivons, il n'est pas surprenant d'assister à une ascension du social", souligne Orith Azoulay, responsable mondial de la finance verte et durable à la Banque de grande clientèle de Natixis, qui a travaillé sur les opérations de l'Unédic - détenteur du record absolu à l'échelle mondiale avec un premier emprunt de 4 milliards en mai, suivi d'un deuxième du même montant en juin.
Le vert a par contre connu un trou d'air, qui ne devrait être que momentané, selon les spécialistes.
"Il y a clairement eu un ralentissement", observe Manuel Adamini, responsable du Programme de sensibilisation des investisseurs de la Climate Bonds Initiative (CBI), organisme international de référence.
Mais selon lui, "le changement climatique n'est absolument pas sorti des priorités".
L'enthousiasme des investisseurs ne connaît en revanche pas la crise.
"Du point de vue des investisseurs", observe Noémie de la Gorce, analyste Finance Durable chez S&P Global Ratings, il est encore plus évident que "les entreprises qui ont mis en place des dispositifs de gestion des dimensions sociales et environnementales sont mieux en mesure de s'adapter".
La base d'un emprunt responsable est de déterminer à l'avance à quoi serviront les fonds. De plus en plus d'acteurs s'engagent en outre à en évaluer l'impact, même si aucune régulation ne les y oblige et que cette science jeune s'ajuste encore.
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Pour la dette levée par l'Unedic, un dispositif complet est ainsi prévu et mesure par exemple le nombre d'emplois préservés grâce au chômage partiel, illustre Mme Azoulay.
D'un continent à l'autre, la situation est différente.
Aux États-Unis, le niveau fédéral ne favorise pas le climat, mais les collectivités locales sont très impliquées.
"C'est plus compliqué pour le monde émergent qui est en train d'affronter des risques sanitaires, économiques et financiers, sans Fed ou BCE pour les aider", note aussi M. Deseglise.
L'après Covid-19 sera-t-il plus vert? La question n'est pas tranchée, mais la tonalité parmi les experts est plutôt optimiste.
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"Je pense que le risque que la reprise ne soit pas verte existe", reconnaît M. Deseglise, "mais il y a eu une véritable prise de conscience que le coronavirus est un avant-goût de ce qui peut se passer en matière climatique et qu'il faut éviter que la reprise bénéficie à des secteurs qui rendraient ce risque plus important".
Angélina Boulesteix, AFP
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