Le président américain a signé mardi un décret autorisant son secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, à déterminer si des droits de douane peuvent être nécessaires sur les importations de cuivre, arguant d’un risque pour la sécurité nationale.
Alors que les droits de douane de 25 % sur l'acier et l'aluminium entreront en vigueur aux États-Unis, c'est au tour du cuivre d'être dans le viseur de Donald Trump.
« Le cuivre est un métal critique, et son approvisionnement est essentiel pour notre sécurité nationale », a insisté le président américain dans le Bureau ovale,« mais le déversement de cuivre étranger sur le marché américain a fortement touché la production nationale ».
De son côté, Howard Lutnick, secrétaire au Commerce, a déclaré : « Nous lançons une enquête sur la nécessité de mettre en place de potentiels droits de douane qui doivent permettre de reconstruire notre industrie du cuivre, si cela s'avère nécessaire, et renforcer notre défense nationale ». L'enquête devrait être réalisée au titre de la section 232 du Trade Expansion Act, une loi de 1962 qui donne au pouvoir exécutif la possibilité de négocier ou d'imposer des droits de douane. La section 232 permet au président américain, sur recommandation du département du Commerce, d'imposer des droits de douane sur les produits représentant un risque potentiel pour la sécurité nationale.
La Chine accusée de surproduction pour tuer la concurrence étrangère
Selon les données des services géologiques du gouvernement, les États-Unis importent annuellement environ 45 % de leur consommation en cuivre, principalement en provenance du Chili et du Canada. Le métal est utilisé dans l'industrie de la Défense, notamment pour la production d'avions, ainsi que dans la fabrication de câbles électriques et de centres de données.
La Maison-Blanche ne cache pas que cette enquête vise en premier lieu la Chine, qu'elle accuse de surproduction afin de tuer la concurrence étrangère. « La Chine utilise depuis longtemps la surproduction comme arme économique afin de dominer les marchés mondiaux, mettre systématiquement en danger ses concurrents, puis consolider un marché une fois que la concurrence s'est effondrée », a dénoncé, lors d'un point presse téléphonique, le conseiller au commerce de Donald Trump, Peter Navarro. Au niveau mondial, le géant asiatique est le quatrième producteur de cuivre, derrière le Chili, le Pérou et la République démocratique du Congo, selon le département américain de l'Intérieur. Les États-Unis complètent le top 5 mais avec « une des principales réserves au monde, un potentiel inexploité », souligne le conseiller.
Le département du Commerce dispose désormais de 270 jours pour réaliser son enquête et remettre son rapport au président américain, qui décidera alors de l'opportunité d'imposer ou non des droits de douane.
En 2024, le cuivre a porté les bons résultats de Rio Tinto
Le géant minier anglo-australien Rio Tinto a publié jeudi dernier un bénéfice net en hausse de 15 % en 2024, porté par une forte demande pour le cuivre, qui a compensé une chute des prix du minerai de fer. Le groupe a fait état de résultats financiers « résilients », avec un bénéfice net de 11,6 milliards de dollars, contre 10,1 milliards en 2023. Son chiffre d'affaires a toutefois chuté de 1 %, s'établissant à 53,7 milliards de dollars. Les prix du minerai de fer ont reculé de 11 % en 2024 par rapport à l'année précédente, selon le communiqué du groupe. Cette baisse a néanmoins été partiellement compensée par la hausse des prix du cuivre. Les prix moyens du métal sur le London Metal Exchange ont augmenté de 8 % sur l'exercice par rapport à 2023, selon Rio Tinto. Le groupe a annoncé prévoir, au cours des prochaines années, une augmentation de la production de cuivre de sa mine Oyu Tolgoi en Mongolie.
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.