Président du conseil d'entreprises France-Ukraine du Medef International en plus d'être directeur général d'Egis, Laurent Germain pense déjà à l'après-guerre. Lors de la présentation des résultats annuels ce 31 mars 2022, le patron de la société spécialisée dans le conseil, l'ingénierie et l'exploitation des infrastructures en France et à l'international rêve déjà de jours meilleurs à Kiev... comme à Washington.C'est une privatisation plutôt passée inaperçue il y a six mois. En septembre 2021, le gestionnaire d'actifs Tikehau Capital faisait l'acquisition d'une part substantielle du capital d'Egis, la filiale de la Caisse des Dépôts et des Consignations (CDC) spécialisée dans le conseil, l'ingénierie et l'exploitation des infrastructures en France et à l'international.
A date, la CDC ne détient plus que 34% de l'entreprise contre 40% pour Tikehau Capital, pendant que les managers et les salariés en conservent 26%. Tant est si bien qu'Egis reste au 20ème rang mondial tant dans le conseil et l'ingénierie en matière de transport, de ville durable, d'eau et d'énergie, que dans l'exploitation et les services à la mobilité (exploitation des infrastructures, mobilités et services, Ndlr).
Un DG engagé sur les questions franco-ukrainiennes au Medef
Interrogé ce 31 mars 2022 par La Tribune lors de la présentation des résultats annuels, le directeur général d'Egis maintient pourtant son objectif d'intégrer le top 10 d'ici à 5 ans. Laurent Germain en veut pour preuve que le chiffre d'affaires 2021 a augmenté de 9% par rapport à 2020 et que son carnet de commandes a progressé de 16% sur la même période. Son résultat net n'atteint « que » 40 millions d'euros, mais son free cash flow est, lui, de 93 millions d'euros, ajoute-t-il.
L'activité réalisée à l'international continue de tirer le groupe avec 62% du chiffre d'affaires. Malgré un contexte économique bousculé et géopolitique incertain depuis le 24 février et le début d'une guerre aux portes de l'Union européenne, Laurent Germain, qui est aussi président du conseil d'entreprises France-Ukraine du Medef International, pense déjà à l'après-conflit.