États-Unis : l'inflation bondit mais la FED prévoit un retour à la normale dans quelques mois
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Joe Skipper
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Hors alimentation et énergie, la hausse des prix à la consommation s'est élevée à 3,8% en mai sur un an, soit la plus forte hausse depuis juin 1992. Sur un an, ils sont en hausse de 5%, du jamais vu depuis 13 ans. Cette inflation a été tirée notamment par l'augmentation des prix des voitures d'occasion (+7,3%), pour lesquelles la demande reste forte puisque beaucoup d'Américains ont profité du télétravail pour quitter les centres-villes. D'autant plus que la production de voitures neuves est fortement ralentie par la pénurie de semi-conducteurs. Les prix de l'alimentation augmentent quant à eux de 0,4%
L'économie américaine est marquée par une forte hausse de la demande, alimentée à la fois par la réouverture de l'économie suite à la campagne de vaccination à marche forcée, et par les milliers de milliards de dollars injectés dans celle-ci par le gouvernement fédéral. Le commerce international connaît, lui, depuis plusieurs mois d'importantes difficultés, et fait face à des pénuries et goulets d'étranglement qui font grimper les prix. Un déséquilibre entre l'offre et la demande qui tire les prix à la hausse.
La question est désormais de savoir si cette inflation ne durera que quelques mois, ou beaucoup plus longtemps. La Banque centrale américaine, la Fed, table ainsi sur un retour à la normale, autour de 2%, d'ici à quelques mois.
Malgré cette inflation record Wall Street a clôturé la journée de jeudi en légère hausse, tandis que le dollar maintient sa stabilité face à l'euro. Selon des résultats provisoires à la clôture, l'indice Dow Jones a grappillé 0,06% à 34.466,24 points et le Nasdaq, à forte coloration technologique, a dépassé le cap des 14.000 points pour la première fois depuis début mai, à 14.020,33 points, grimpant de 0,78%.
Quant à l'indice élargi S&P 500, il a dépassé de presque sept points son record du 7 mai, à 4.239,18 points avançant de 0,47%.
La valeur du billet vert a de son côté à peine grimpé après la publication de l'indice des prix CPI, très attendu, qui a montré que l'inflation aux Etats-Unis a atteint 5% en mai par rapport à l'année précédente, la plus forte hausse des prix à la consommation depuis près de 13 ans.
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"Le billet vert et ses principaux pairs sont restés stables devant un trio d'événements risqués qui auraient pu influencer le sentiment" des investisseurs, a indiqué Joe Manimbo de Western Union. Il faisait référence non seulement à l'inflation américaine, mais aussi aux positives statistiques hebdomadaires de l'emploi aux Etats-Unis et à la réunion monétaire de la BCE. Celle-ci a maintenu jeudi son cap monétaire accommodant, composé de taux d'intérêt à leur plus bas historique et d'achats massifs de dette.
"L'opinion dominante selon laquelle une inflation plus élevée aux Etats-Unis va se révéler temporaire a minimisé les tentatives de sur-performance du dollar", a ajouté l'analyste.
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La Banque centrale américaine (Fed) a pour l'instant promis de maintenir sa politique monétaire très souple pour éviter d'étouffer la reprise économique, ce qui rend le dollar moins attractif. Elle a également relevé ses prévisions de hausse des prix à la consommation à 1,9% cette année et 1,5% l'année prochaine, tout en répétant qu'elle ne croyait pas à un dérapage durable des prix, de quoi rassurer les marchés.
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