Aux États-Unis, les consommateurs, moteur de la première puissance mondiale, commencent à s’inquiéter de voir leur horizon s’assombrir face à la frénésie d’initiatives du nouveau gouvernement.
La politique protectionniste de Donald Trump, le président américain, suscite des inquiétudes parmi les ménages américains. Selon des données partagées par l'association professionnelle Conference Board, leur confiance a chuté en février, perdant sept points en un mois, bien plus qu'anticipé. Un autre indicateur, celui de l'université du Michigan, a reculé de 10 % sur un mois en février.
À chaque fois, les analystes anticipaient un repli bien plus modéré. « Cela reflète plusieurs facteurs : une inflation persistante, le bond récent du prix de certains produits de grande consommation comme les œufs, mais aussi l'impact attendu des droits de douane », analyse Stephanie Guichard, économiste du Conference Board, citée dans un communiqué.
Dans les réponses des sondés, elle observe « une forte hausse des mentions du commerce et des droits de douane, à un niveau qui n'avait pas été vu depuis 2019 », sous le premier mandat de Donald Trump. « Les remarques sur le gouvernement actuel et ses politiques ont été très présentes », ajoute-t-elle. Le président a confirmé lundi que les États-Unis allaient relever leurs droits de douane contre le Canada et le Mexique à la date prévue, soit le 1ᵉʳ mars, après un sursis d'un mois, et en dépit des concessions faites par ces deux pays. Depuis mardi, c'est aussi le cuivre qui est dans le viseur d'un possible rehaussement des tarifs douaniers.
Risque de pression inflationniste
La chute de l'indice est « spectaculaire et logique », estime Robert Frick, économiste de Navy Federal Credit Union, qui pointe l'imminence des nouveaux droits de douane, le risque de pression inflationniste et les inquiétudes liées aux licenciements dans l'administration fédérale. Il ne pense toutefois pas que cette confiance érodée se traduira immédiatement par une baisse des achats « tant que les revenus continuent de progresser ».
À l'inverse, la crainte d'une augmentation des prix due aux droits de douane pourrait même stimuler la demande à court terme, certains consommateurs cherchant à profiter des prix actuels avant qu'ils ne grimpent, selon Jeffrey Roach, économiste chez LPL Financial.
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« Le consommateur est le moteur principal de l'économie américaine. Si la confiance s'affaisse et que les dépenses baissent, la croissance du PIB va ralentir », anticipent les économistes de HFE dans une note.« À nos risques et périls, nous considérons que le chaos à Washington a quelque chose à voir avec ça »,écrivent-ils.
Selon eux, le fait que la confiance des consommateurs ait commencé à décliner juste après l'élection de Donald Trump « pourrait ne pas être une coïncidence ».
Ces incertitudes ne concernent pas seulement les ménages : elles se répercutent aussi sur les marchés financiers. Après la publication des indicateurs de confiance, Wall Street a vacillé : le Dow Jones, seul indice dans le vert, a progressé de 0,37 %, tandis que le Nasdaq a lâché 1,35 % et le S&P 500 a reculé de 0,47 %. Cette fébrilité est aussi « liée aux inquiétudes sur l'économie et aux perspectives de droits de douane », explique Peter Cardillo, analyste chez Spartan Capital Securities.
Les marchés avaient déjà été alertés la semaine dernière par les prévisions prudentes de Walmart, évoquant une « certaine imprévisibilité » dans la consommation des ménages américains. Cette déclaration a été perçue par les analystes comme un signe que la chaîne de distribution anticipe un ralentissement des dépenses des consommateurs. De telles incertitudes « érodent fondamentalement la confiance des investisseurs », souligne un expert du marché. En conséquence, les investisseurs adoptent des stratégies de réduction des risques, privilégiant des actifs refuges tels que les obligations, note Jose Torres, d'Interactive Brokers.