Le déficit public s'est creusé et a atteint un nouveau record entre septembre et décembre aux Etats-Unis, a rapporté le département du Trésor, le pays ayant engrangé moins de recettes et dépensé davantage.C'est un record dont les Etats-Unis se seraient bien passés avant l'investiture, le 20 janvier, de Donald Trump. Entre septembre et décembre, le déficit du pays a atteint 711 milliards de dollars, en hausse de 39% sur un an. Ce niveau représente « un record pour les trois premiers mois de l'année fiscale », a commenté un responsable du ministère auprès de journalistes.
Il a été alimenté par des dépenses elles aussi « records » : près de 1.800 milliards de dollars sur trois mois, en hausse de 11% par rapport à la même période l'an dernier. En parallèle, les recettes ont reculé de 2%. Parmi les postes de dépenses ayant le plus augmenté figurent ceux liés aux retraites ainsi qu'à la santé des personnes à bas revenus et âgées (programmes Medicare et Medicaid), ainsi que la défense en raison d'une « activité accrue et d'opérations de maintenance », selon le responsable du département du Trésor. L'Etat fédéral a aussi dépensé davantage pour faire face aux dégâts des puissants et meurtriers ouragans Hélène et Milton, fin septembre et début octobre. Les intérêts de la dette ont achevé de creuser le déficit, alors que les taux auxquels l'Etat emprunte ont flambé.
Sabrer dans les dépenses de l'Etat fédéral
Ces données sont publiées à quelques jours du retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Le président élu, qui doit entrer en fonction le 20 janvier, a répété vouloir continuer à réduire les impôts tout en sabrant dans les dépenses de l'Etat fédéral. Elon Musk, consacré par le républicain à la tête d'une commission pour l'efficacité gouvernementale, qui avait assuré pouvoir réduire la dépense publique fédérale de deux mille milliards de dollars, a estimé qu'économiser moitié moins serait déjà un « super résultat ».
Il a aussi expliqué avoir repéré de nombreux postes de dépenses dans lesquels sabrer, sans les détailler. « C'est comme être dans une salle pleine de cibles, vous pouvez fermer les yeux et être sûr de ne pas rater le coche », a-t-il décrit. Par le passé, il avait notamment envisagé des « réductions massives d'effectifs dans la bureaucratie fédérale », promettant toutefois des conditions de départ « décentes ».