Les Etats-Unis grincent des dents, troisième hausse consécutive de l'inflation
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L'inflation a encore augmenté aux États-Unis. Les prix à la consommation ont grimpé de 2,9% sur un an en décembre, contre +2,7% en novembre, selon l'indice CPI publié ce mercredi 15 janvier par le département du Travail. Soit un troisième mois consécutif de hausse. Les analystes s'attendaient toutefois à cette progression sur un an, d'après le consensus publié par MarketWatch.
Le groupe d'experts n'avait en revanche pas tablé sur le niveau de la hausse sur un mois. L'indice a augmenté de 0,4% entre novembre et décembre, alors qu'ils avaient tablé sur +0,3%. Il a été tiré par l'augmentation des prix du logement, des billets d'avion, des véhicules d'occasion ou encore des assurances automobile, selon le département du Travail.
Bonne nouvelle néanmoins : l'inflation dite sous-jacente, qui exclut les prix volatils de l'alimentation et de l'énergie, a ralenti. Elle s'est affichée à 3,2% sur un an, après +3,3% en novembre. « Ce recul du côté de l'inflation sous-jacente est un soulagement, même si cela reste largement au-dessus de la cible de 2% de la Fed », a tempéré Jochen Stanzl, analyste chez CMC Markets dans une note.
Avec cette nouvelle hausse, l'inflation américaine s'éloigne encore un peu plus de l'objectif fixé par la Fed. Celle-ci souhaite la ramener à 2%. L'institution monétaire privilégie néanmoins une autre mesure de l'inflation, l'indice PCE. Celui-ci sera publié à la fin du mois. Pour novembre en tout cas, il s'était aussi révélé en progression, à +2,4% et donc au-dessus de la cible de la Fed. Une situation qui n'est toutefois pas vue comme alarmante. « Malgré tout l'émoi que cela suscite, l'inflation n'est plus un motif d'inquiétude » pour l'instant, appuie Gregory Daco, chef économiste chez EY.
Dans ce contexte, les marchés s'attendent à ce que la Fed ne multiplie pas les baisses de taux en 2025. Les taux américains se situent actuellement dans une fourchette de 4,25% et 4,50%. Ce, après avoir été abaissés d'un demi-point de pourcentage en septembre, puis d'un quart de point en novembre et en décembre. Pour rappel, ils avaient progressivement été augmentés à partir de mars 2022 pour tenter de contenir l'inflation alors galopante.
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Ces hausses avaient pour effet de renchérir le coût du crédit pour les ménages et les entreprises et donc de desserrer la pression sur les prix. Ce qui a été le cas. Mais face au risque de faire grimper le taux de chômage, la Fed a alors décidé de commencer à les revoir à la baisse à l'aube de l'automne dernier.
Avec une inflation qui rebondit, ou cesse de se calmer, les acteurs de la finance anticipent que ce cycle de baisse sera mis sur pause, pour éviter la surchauffe de l'économie. La prochaine réunion de politique monétaire de la Fed est programmée les 28 et 29 janvier. Son président, Jerome Powell, a en tout cas déjà prévenu que l'institution « se rapproche fortement du taux neutre », à savoir le taux d'intérêt qui permet de n'avoir aucun impact sur l'économie. Et n'envisage ainsi que deux baisses pour cette année.
Reste qu'une ombre plane avec le retour au pouvoir de Donald Trump. Le président élu a promis aux Américains - qui ont connu jusqu'à +9,5% d'inflation sur un an à l'été 2022 - de leur rendre du pouvoir d'achat. Mais, dans le même temps, ses propositions économiques ont un potentiel inflationniste, estiment certains experts. Notamment, d'après eux, sa promesse d'augmenter les droits de douane sur l'ensemble des produits entrant aux États-Unis, pour financer de nouvelles baisses d'impôts. De nombreux économistes ont alerté qu'une telle politique pourrait entraîner une hausse des prix à la consommation, qui forcerait la Fed à maintenir ses taux à un niveau élevé plus longtemps.
Un avis que ne partage pas Stephen Moore, l'un des plus anciens conseillers économiques de Donald Trump et chercheur pour le centre de recherche conservateur Heritage Foundation. « Certes, certaines politiques comme les droits de douane pourraient avoir un effet inflationniste, mais il faut garder en tête qu'elles seront couplées à des baisses d'impôts. Les produits fabriqués aux États-Unis seront moins taxés, ceux provenant de Chine le seront plus, quand vous faites le bilan, vous pourrez avoir quelques évolutions de prix, mais pas de hausse globale », a-t-il affirmé.
Les économistes de Barclays estiment par ailleurs que « les politiques migratoires et fiscales de M. Trump risquent d'être des freins à la croissance américaine ». À cet égard, le républicain souhaite déréguler plusieurs secteurs et expulser les migrants entrés clandestinement sur le sol américain.
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Selon Stephen Moore, le président élu a déjà préparé une série de décrets qu'il pourra signer dès le premier jour de son mandat. Ils viseraient à revenir sur plusieurs des politiques mises en place par son prédécesseur, Joe Biden. Cela devrait en particulier cibler « les politiques en faveur de l'énergie verte », celles cherchant à promouvoir la diversité et à lutter contre les discriminations, l'obligation de revenir au bureau pour les employés fédéraux ou encore le retrait, une nouvelle fois, des États-Unis de l'accord de Paris sur le climat, a indiqué le conseiller. Réponse la semaine prochaine puisque Donald Trump prendra officiellement ses fonctions le 20 janvier.
(Avec AFP)
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