États-Unis : les créations d'emplois s'effondrent en mai dans le privé, du jamais-vu depuis 2010

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(Crédits : Reuters)
Dans le secteur privé, seulement 27.000 créations d'emploi ont été enregistrées le mois dernier, alors qu'on en attendait 170.000... Les plus impactées sont les petites entreprises de moins de 20 salariés (-50.000), surtout dans le BTP (-36.000), selon l'enquête d'Automatic Data Processing. Les raisons de ce ralentissement des embauches ? Rien à voir avec une baisse de régime de l'économie américaine.

Les créations d'emplois dans le secteur privé aux Etats-Unis ont fondu en mai en raison de fortes destructions d'emplois au sein des petites entreprises, selon les données de l'enquête d'ADP (Automatic Data Processing) publiée mercredi.

Quelque 27.000 nouvelles embauches ont été enregistrées dans le seul secteur privé, un fort repli par rapport aux 271.000 du mois précédent (chiffre révisé en baisse). Les analystes misaient sur un repli moindre, à 170.000 créations d'emplois. C'est le plus faible nombre d'emplois créés depuis mars 2010.

Les données dans le secteur privé sont particulièrement volatiles depuis plusieurs mois. En mars, les créations d'emplois avaient ainsi atteint un plus bas en 18 mois suivi d'un plus haut en avril.

Les petites entreprises (moins de 20 pers.) les plus touchées

Le mois dernier, la majorité des destructions d'emplois sont intervenues parmi les petites entreprises de moins de 20 salariés (-50.000), et surtout dans le secteur de la construction (-36.000).

"Les grandes entreprises restent encore solides car elles sont mieux équipées pour faire face à la concurrence sur un marché du travail restreint", a expliqué Mark Zandi, économiste en chef chez Moody's Analytics, cité dans le communiqué d'ADP.

Ce qui entrave la croissance de l'emploi ? La pénurie de main-d'oeuvre

Il relève en outre que la croissance de l'emploi devient plus modérée.

"Les pénuries de main-d'oeuvre entravent la croissance de l'emploi, en particulier dans les petites entreprises", a-t-il encore commenté.

L'administration Trump doit publier vendredi le taux de chômage et les créations d'emplois tous secteurs confondus pour le mois de mai.

En avril, le taux de chômage était tombé à son plus bas niveau depuis décembre 1969, à 3,6%. Et, ce mois-là, les créations d'emplois avaient de nouveau été très soutenues à 263.000.

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a écrit le 08/06/2019 à 11:54 :
La notion de plein emploi au aux Etats Unis m'amusera toujours alors qu'il y a des millions de SDF à l'échelle de tout le pays et des dizaines de millions de presque SDF totalement désociabilisés.
a écrit le 06/06/2019 à 18:26 :
L'article est un peu optimiste, une pénurie de main-d'œuvre veut dire que la demande est forte certes, mais c'est clairement un frein à la croissance.
a écrit le 06/06/2019 à 16:37 :
citoyen blasé ci-dessous, vous pouvez répéter la question ? :-)
je t'écoutes, mon ami.
je comprends que tu es un fan du "modèle" US (alors qu'il y a de quoi être sceptique...). dis-moi ce que tu veux dire.
tu veux savoir si les salaires réels augmentent sur les 5 premiers mois de 2019 (sachant qu'ils ont baissé en 2018) ?
demande à PayScale.
a écrit le 06/06/2019 à 13:38 :
Las salaires doivent commencer à y monter normalement non ?
Réponse de le 06/06/2019 à 14:42 :
quelques données sur les US :
baisse des salaires réels en 2018 (PayScale, 01/2019) ; les salaires réels ont à peine progressé sur les 4 dernières décennies (Pew Research Center, 08/2018) ; taux de pauvreté des enfants de 29%, le double de l'Europe de l'Ouest (UNICEF, 06/2017) ; pourcentage de travailleurs bas salaires le plus élevé des pays développés (OCDE) ; 78% des travailleurs à temps plein ne peuvent épargner (CareerBuilder, 08/2017) ; inégalités de revenus/de patrimoine les plus élevées des pays développés (OCDE) ; forte baisse du taux d'activité des Américains depuis 2000 (FRED database) alors qu'il a progressé en France et dans les autres pays développés (WSJ, 06/2015) ; dépendance à finance/immobilier/consommation/pétrole-gaz/"Tech" irresponsables ; espérance de vie la plus faible des pays développés et qui diminue ces dernières années (OMS ; CDC) ; système de santé inabordable et peu efficace (Bloomberg Healthcare Efficiency index ; Commonwealth Fund) ; éducation/logement/garde d'enfants également très chers ; retraites faibles ; etc...
Réponse de le 06/06/2019 à 15:20 :
@ multipseudos:

Tu comprends la question que je pose au moins !? -_-

"baisse des salaires réels en 2018 (PayScale, 01/2019) ; les salaires réels ont à peine progressé sur les 4 dernières décennies"

:D

Obscurantisme signalé
a écrit le 06/06/2019 à 11:57 :
L'administration Trump devrait proposer des visas de travail pour étudiants de pays sélectionnés acceptant obligatoirement un job le temps de leur séjour et en faire une variable d'ajustement trimestriel de l'emploi.
a écrit le 06/06/2019 à 10:59 :
Quand on n'a pas a passer par la case "pôle emploi" pour trouver un travail, la confiance revient!
a écrit le 06/06/2019 à 10:54 :
Interessant... Les Etats-Unis manquent de main d'oeuvre. Trump va-t-il faire appel aux immigrants ?
a écrit le 06/06/2019 à 9:13 :
UNe économie de plein emploi donc, le rêve, ce que notre oligarchie européenne est incapable de nous proposer car détestant toute notion de travail.

Dommage !
Réponse de le 06/06/2019 à 16:00 :
Pas mal de pays européens y compris dans la zone € sont en situation de quasi plein emploi
Royaume Uni 3,7%
Allemagne 3,2%
Pays Bas 3,3%
Pologne 3,7%
République Tchèque 2,1%
Estonie 4,1%
Autriche 4,7%
Hongrie 3,4%
Roumanie 4%
Bulgarie 4,5%
a écrit le 05/06/2019 à 19:30 :
voir aussi l'article de MarketWatch du 24 mai dernier sur les dépenses d'investissement des entreprises US (Poof ! Trump investment boom is gone, MarketWatch, 24/05/2019). le taux était négatif en 2015/2016 (chute du secteur pétrole/gaz). bonne remontée pendant quelques mois (du fait de la hausse des cours du pétrole, et donc de l'investissement des entreprises du secteur). mais le taux d'investissement ralentit de nouveau depuis le 1er semestre 2017 et s'approche de zéro.
malgré les baisses d'impôts et la hausse significative de la dépense publique...
Réponse de le 06/06/2019 à 9:21 :
Je réagissais il y a quelques minutes sur le recul du sens critique en France notamment... vous posez ce qui est... pourtant le ressenti des électeurs est différent... et Trump va sûrement se faire réélire... c'est à superposer avec ceux qui boivent les paroles de Marine dans nos contrées : mes enfants ont compris en quelques minutes le manque de pertinence de son programme économique...
a écrit le 05/06/2019 à 18:19 :
malgré le prétendu dynamisme de l'économie US, le taux d'activité des Américains reste à 62,8% (Civilian Labor Force Participation Rate, FRED database) alors qu'il était à 67,3% en 2000. un article du Wall Street Journal de 2015 montrait que les USA étaient le seul pays développé à avoir connu une chute du taux d'activité des citoyens (The US stands out on labor force participation rates, WSJ, 26/06/2015). une baisse significative, en plus.
la forte précarité/les jobs sous-payés ne doivent pas inciter à rejoindre le marché du travail.
Réponse de le 05/06/2019 à 20:17 :
Ah ? Et comment ils mangent ? se logent etc..?
Réponse de le 06/06/2019 à 0:55 :
L’économie informelle représente plus de 15% de l'activité économique des USA. Cela va de l'étudiant qui deale de l'herbe, au gosse déscolarisé qui passe la pelouse chez des voisins, sans compter les heures faites au black à droite, à gauche par des adultes.

On voit que la politique de Trump en matière de restriction d’accès des immigrants, qu'ils soient légaux ou non, a des effets macro-économiques qui ne sont pas négligeables.
Réponse de le 06/06/2019 à 5:21 :
Attaquez les Americains...Un classique. Ca vous embette qu'ils ont 3,6% de chomage et nous 8,7%. Le probleme c'est qu'il y a de l'emploi en France mais les gens ne veulent pas travailler. Les gens comparent SMIC et RSA. Chomage et Salaire minimun. Contrairement a ce que disent les gilets jaunes, notre systeme est trop genereux pour ceux qui ne travaillent pas et trop peu genereux pour ceux qui travaillent.

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