Flacons, bouchons, plastique...les craintes de pénuries sur les composants des vaccins

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(Crédits : AGUSTIN MARCARIAN)
En 2021, l'industrie pharmaceutique pense produire 10 milliards de doses de vaccins. Or, « les entreprises commencent à signaler des pénuries ponctuelles de matériaux essentiels, de matières premières, (...) et même d'équipements nécessaires à la fabrication des vaccins », s'inquiètent les acteurs principaux.

Ingrédients, verre pour fabriquer les flacons, plastique, bouchons... des pénuries apparaissent sur la chaîne d'approvisionnement pour la production de vaccins anti-Covid, se sont inquiété mardi les principaux acteurs du secteur, appelant à lever les obstacles à leur commercialisation.

Les partenaires du système Covax (l'OMS, l'Alliance pour les vaccins Gavi et le Cepi, sa branche recherche), la Fédération internationale de l'industrie pharmaceutique (IFPMA) mais aussi des fabricants originaires de pays en développement, des experts et des gouvernements, se sont retrouvés lundi et mardi autour d'une table virtuelle pour discuter des défis causés par la production à très grande échelle des vaccins.

L'industrie pharmaceutique pense produire 10 milliards de doses de vaccins cette année, soit le double de la capacité de fabrication de 2019, tous vaccins confondus.

Vers des contrôles sur les exportations

"C'est la plus grande augmentation de production que le monde ait jamais connue", a déclaré à l'issue de la réunion le directeur général de l'IFMPA, le lobby des groupes pharmaceutiques, Thomas Cueni.

"Il n'est pas surprenant que nous ayons vu des accrocs", a-t-il ajouté.

La pandémie de Covid-19 a fait plus de 2,6 millions de morts depuis fin décembre 2019, suscitant une demande sans précédent de vaccins.

Pour fabriquer ces doses, il faut non seulement les ingrédients en quantités sans précédent, mais aussi le verre pour les flacons, du plastique ou encore des bouchons, à un moment où les chaînes d'approvisionnement mondialisées sont déstabilisées par la pandémie.

"Nous avons vu ces dernières semaines et ces derniers mois une augmentation des tensions au niveau des chaînes d'approvisionnement", a indiqué Richard Hatchett, le directeur du Cepi.

"Les entreprises commencent à signaler des pénuries ponctuelles de matériaux essentiels, de matières premières, (...) et même d'équipements nécessaires à la fabrication des vaccins", a-t-il ajouté.

Il s'est inquiété du fait que certains pays veuillent notamment "imposer des contrôles sur les exportations (...) comme l'ont fait les Etats-Unis avec le Defense Production Act".

"Ces mécanismes (...) peuvent créer de réels problèmes", a-t-il dit.

Brevets

Dans un communiqué, ils ont appelé à favoriser la libre circulation des biens et de la main-d'oeuvre.

Ils encouragent aussi les transferts de technologies et partenariats de production entre les laboratoires et fabricants de vaccins, comme le fait par exemple AstraZeneca avec le Serum Institute of India.

Aucune mention n'est toutefois faite sur la proposition de l'Inde et de l'Afrique du Sud qui demande la levée temporaire des brevets soumise à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), une demande dénoncée par les laboratoires.

"Tous ceux qui s'y connaissent en matière de fabrication de vaccins (...) savent que la propriété intellectuelle n'est pas responsable des goulots d'étranglements, mais bien la rareté des ingrédients et matières premières", a indiqué le patron de l'IFPMA.

Présente à la réunion, la nouvelle cheffe de l'OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, a appelé les fabricants de vaccins à accélérer la production dans les pays en développement, via des accords de licence.

Compte tenu des années nécessaires pour construire de nouvelles installations, la Nigeriane a appelé à "tirer le meilleur parti des capacités de production existantes, et en les réorganisant", une reconversion qui peut se faire en six ou sept mois selon l'OMC.

Mme Okonjo-Iweala a également appelé les pays à lever les restrictions commerciales introduites dans le contexte de la pandémie. Même si elles ont diminué, elles restent présentes dans au moins une soixantaine de pays, a-t-elle expliqué.

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Commentaires
a écrit le 10/03/2021 à 22:38 :
Si vous pensez encore qu’il n’y a pas de « complot » sur les traitements contre la Covid-19, lisez bien ce qui suit.

Il y a quelques jours, Emmanuel Macron a fait autoriser la prescription d’un médicament « innovant » à plus de 1 000 euros le traitement.

Ce médicament, appelé bamlanivimab, est très controversé :

Il n’a même pas passé la phase 2 des expérimentations (normalement un médicament doit avoir passé la phase 3 pour être autorisé) ;

Les tests préliminaires ne montrent pas d’efficacité probante… et on sait déjà que ce médicament sera inefficace contre les nouveaux variants ;

Il doit être prescrit à l’hôpital, donc bien après le début des symptômes, alors qu’il n’a de chances d’être efficace qu’au début de l’infection ;

Et pour couronner le tout, c’est le genre de médicament qui favorise l’apparition de nouveaux variants[1].
Bref, il n’y a vraiment aucune bonne raison d’accorder une « autorisation temporaire d’utilisation » à ce médicament.

Mais c’est pourtant ce que vient de faire l’Agence du Médicament.

« Une autorisation temporaire d’utilisation délivrée sur un niveau de preuve aussi faible, c’est probablement du jamais-vu »[2], a déclaré le Pr Mathieu Molimard, chef de service de pharmacologie clinique au CHU de Bordeaux.

Alors pourquoi avoir fait une chose pareille ?

Pour une seule raison : il y a derrière ce médicament un Big Pharma au lobbying puissant, le laboratoire Eli Lilly.

Les grands laboratoires comme Eli Lilly ont des relais chez les « grands pontes » de la médecine, les politiques et les hauts fonctionnaires bien placés.

Généralement, on ne sait pas trop qui a corrompu qui, qui a influencé qui.

Mais ici, on en a appris de belles !

Figurez-vous que parmi les grands directeurs du laboratoire Eli Lilly, on trouve une certaine Béatrice Cazeneuve.

Or, tenez-vous bien[3] :

Son mari, Jean-René Cazeneuve, est député LREM, le parti d’Emmanuel Macron ;

Son fils, Pierre Cazeneuve, est conseiller technique à l’Elysée ;

Sa fille, Marguerite Cazeneuve, était cheffe du pôle santé, solidarités et protection sociale auprès du Premier ministre Jean Castex.
Comme cela a été résumé sur twitter :

« Donc le médicament miracle identifié par Macron qui ne marche pas (1) est commercialisé par Eli Lilly, dont la directrice des nouveaux produits France (2) est l'épouse d'un député LREM (3), la mère de l'adjoint au chef de cabinet de l'Élysée (4) et de sa conseillère santé (5). » [4]

Et comme si cela ne suffisait pas, le mari de la fille, Marguerite Cazeneuve, est le très influent patron de l’agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France !!

Et voilà comment un médicament à 1 000 euros, inefficace et risqué a été approuvé par nos autorités.

C’est honteux.

Mais ce qui est beaucoup plus grave, c’est que ce sont les mêmes autorités qui bloquent un traitement pas cher, qui sauve des vies.
a écrit le 10/03/2021 à 20:14 :
Ce n'est pas un peu fini d'essayer de déclencher des paniques ? Avec le système de gestion en flux tendus et dans le cadre de la mondialisation, sans stocks, ce problème de "pénurie" est récurrent dans toutes les productions. Ne lancez pas de nouvelle panique SVP. Ou alors osez critiquer le système financier de gestion en flux tendus mondialisés ; c'est la cause qui importe,même si on doit la combattre pour ses effets...
a écrit le 10/03/2021 à 10:47 :
Ah il est vrai que s'il y a vraiment une industrie polluante en rapport produit/contenant, c'est bel et bien celui des laboratoires pharmaceutiques forcément, tout ces petits trucs toujours suremballés.

L'année dernière une personne est décédée proche de chez moi et peu après le container, pas encore privatisé, était rempli de produits de toutes sortes liés au commerce médical, presque 1m3 ! C'était impression de voir tout ces emballages pour au final si peu de produits.

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