G20 : les sept vœux (pas pieux) des entrepreneurs

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A Istanbul, 400 chefs d’entreprise, âgés de 18 à 45 ans, se sont réunis pour faire entendre la voix des jeunes entrepreneurs auprès de la classe politique. Ils plaident notamment pour la mise en place d'un visa international pour encourager la mobilité et le développement d'une culture entrepreneuriale à tous les âges. Sur la photo, la délégation française.
A Istanbul, 400 chefs d’entreprise, âgés de 18 à 45 ans, se sont réunis pour faire entendre la voix des jeunes entrepreneurs auprès de la classe politique. Ils plaident notamment pour la mise en place d'un visa international pour encourager la mobilité et le développement d'une culture entrepreneuriale à tous les âges. Sur la photo, la délégation française. (Crédits : G20 Young Entrepreneurs Alliance Summit)
Le G20 des entrepreneurs s'est réuni du 7 au 9 septembre à Istanbul. Il a rendu public ce lundi son communiqué final avec ses requêtes à l'intention des gouvernements des grandes puissances. Revue de détail.

François Hollande, Angela Merkel ou encore Barack Obama figureront sur la photo officielle du G20 à Antalya dans quelques semaines. Mais en coulisses, les acteurs de l'ombre planchent depuis des mois sur les recommandations à remettre aux chefs d'Etat des 20 puissances économiques mondiales. Le G20 YEA (Young Entrepreneurs's Alliance) a réuni pour ce 7è sommet international 400 jeunes entrepreneurs, dont 35 Français, représentatifs de l'écosystème entrepreneurial. Dans leur communiqué final, les 20 pays représentés se sont entendus sur sept points décisifs.

Penser "entrepreneur"

Unanimement convaincus qu'elle est une des clés pour combattre le chômage des jeunes, les membres du G20 YEA demandent à ce que la "culture entrepreneuriale" soit transmise le plus tôt possible, puis tout au long des études, notamment via la généralisation de l'apprentissage. C'est l'une des mesures phares que la délégation a défendue à Istanbul, estimant qu'une application à court-terme était envisageable. Car si cette culture est déjà présente dans les grandes écoles, le primaire et le secondaire sont encore à la traîne, déplore le G20 YEA.

Ils jugent également nécessaire de développer des incubateurs, des programmes de mentorat, et d'encourager les initiatives spécifiques, comme l'entrepreneuriat au féminin. Jean-Louis Grégoire, membre de la délégation française, et directeur général de l'association Citizen Entrepreneurs est persuadé que ce schéma permettra "de se défaire des préjugés et de la stigmatisation de l'échec", encore trop marquée dans de nombreux pays. Et pour répondre aux besoins des entreprises, le G20 YEA demande à ce que cette culture soit entretenue tout au long de la vie professionnelle.

Favoriser la mobilité

Dans les mesures immédiates, les entrepreneurs des 20 puissances de la planète appellent les gouvernements du G20 à mettre en place un visa international afin d'encourager la mobilité internationale. "Nous exhortons les gouvernements du G20 à mettre un terme aux freins bureaucratiques à la création et à la croissance des entreprises, de promouvoir l'harmonisation de normes internationales pour renforcer le développement de PME", peut-on lire dans le communiqué.

Souplesse fiscale

Les entrepreneurs plaident aussi "pour une fiscalité adaptée à la croissance des entreprises et à une exonération des charges sociales pour les jeunes PME qui emploient", détaille Jean-Louis Grégoire. Autrement dit, pour doper les économies des 20 puissances, les gouvernements respectifs doivent engager des mesures qui favorisent la compétitivité des entreprises :

"Nous appelons les gouvernements du G20 à adopter des mesures progressives de soutien fiscal aux entrepreneurs, encourager l'investissement, le capital-risque et l'investissement en "private equity" afin d'élargir et de renforcer l'accès des PME aux financements alternatifs", détaille le communiqué.

Favoriser le travail d'équipe

Dans les autres recommandations, le communiqué final du G20 YEA indique que le développement de la culture entrepreneuriale doit passer par une collaboration entre les grandes entreprises (nationales et internationales) et les start-up. "Ces dernières apportent l'innovation, les grands groupes apportent leur poids et leur réseau", analyse Jean-Louis Grégoire, convaincu de l'intérêt de cette collaboration pour la croissance et l'emploi.

Les représentants appellent à encourager ces échanges par le biais des travaux du B20 (le G20 des entreprises et organisations patronales) et des initiatives développées dans chaque pays.

Le numérique va doper la croissance

L'implication des start-up dans les grandes entreprises permettra de diffuser l'innovation et la culture numérique. En 2014, une étude du cabinet Accenture "The promise of digital entrepreneurs" assurait que le numérique pourrait être à l'origine de 10 millions d'emplois pour les jeunes dans les pays du G20, alors que 40 millions de jeunes sont au chômage dans ces pays. Le texte a d'ailleurs servi de base de réflexion lors de la précédente édition du G20 des entrepreneurs. Le développement des infrastructures et des services numériques est donc jugé déterminant car il est au coeur de l'amélioration et de la performance des entreprises, plaide le communiqué final. "Une utilisation accrue des plates-formes numériques donnera un modèle d'innovation et d'entrepreneuriat plus fort".

Vers un choc de simplification ?

Le communiqué évoque également la mise en place d'un cadre juridique simplifié et transparent afin d'encourager la création d'entreprises. Les entrepreneurs exhortent les gouvernements à mettre en place des mesures pratiques, comme la mise en ligne d'informations relatives aux standards nationaux et internationaux, aux réglementations et pratiques d'usage, pour simplifier le développement des entreprises.

Implication politique

Enfin, pour que cette liste de bonnes intentions ne reste pas lettre morte, les 400 entrepreneurs exigent des gouvernements une plus grande implication, à commencer par la présence d'élus lors des réunions du G20 des entrepreneurs. Ainsi, leurs revendications et leur écosystème pourraient être mieux compris par la sphère politique.

Mais les 20 chefs d'Etat, préoccupés par la courbe du chômage entendront-ils ces recommandations ?  "En ce qui concerne la nécessité d'un visa international, du développement d'une discipline entrepreneuriale et l'accélération du développement du numérique, la présidence turque du G20 intégrera ces 3 points dans la rédaction de son communiqué final", assure Jean-Louis Grégoire, le directeur général de l'association Citizen Entrepreneurs. Il faudra attendre le 16 novembre pour en avoir le cœur net.

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Commentaires
a écrit le 15/09/2015 à 17:19 :
Le numérique, la IT, va détruire 15 emplois pour une création. C'est un choc. Comme l'a été celui des supermarchés qui en a détruit 5 pour 1. Il n'est pas question de refuser les avancées technologiques mais il n'est pas non plus questions de les subventionner. En effet au nom de la "compétitivité" on en finance quasi à 100% les recherches en commençant par le cursus des chercheurs. Ensuite l'on voudrait que l'on finance totalement les entreprises : incubateurs c'est à dire loyers gratuits; business angels c'est à dire crédits gratuits; coachs c'est à dire gestion gratuite; régime spécial c'est à dire charges sociales gratuites; régime fiscal adapté c'est à dire sans impôts; proximité grandes entreprises c'est à dire commandes et commercial gratuit, etc. Le "jeune" entrepreneur c'est à dire le fils d'une élite, sorti de HEC ou autre grande école où il est entré par piston, n'aura qu'a apporter une "idée" copiée aux USA le plus souvent en jouant le rôle du "poteau" autour duquel les choses tourneront et bien entendu sera là, seul, pour encaisser en finale. Car ces belles start-up le plus souvent peu rentables se moulent, un ton plus bas, sur la valorisation de leurs grandes soeurs américaines. Bien souvent même leur achètent leurs vieux logiciels ou méthodologies dont elles sont en réalité les franchisées discrètes [les américains gagnent de l'argent ainsi]. Sous prétexte "d'innovation" elles sont achetées une fortune par les grandes entreprises complices dont papa préside le conseil d'administration. Généreux héritage. On comprend que les tenants de ces thèses d'enrichissement veuillent que l'idéologie de l'entreprenariat c'est à dire la justification de leur hold-up, soit diffusée dans les écoles. On comprend aussi qu'ils laissent espérer des créations d'emploi comme faux prétexte, idéologie elle aussi diffusée par quelque lobbyiste généreusement payé. Ou bien encore la défense de la fierté française, la "French Touch", principe de flatterie que l'on retrouve exactement dans chaque pays. Ainsi il y aurait une activité privilégiée ayant des droits supérieurs. Une discrimination généralisée on le voit de tous les autres, simples patrons, qui n'ont pas l'honneur d'être modernes dans ce nouveau jargon. La question est : Les laisserons-nous faire, c'est à dire nous voler ?
a écrit le 14/09/2015 à 23:26 :
Pas pieux, bien sûr, de tels voeux d'assistanat. Car, pourquoi réclamer de la mobilité quand on a autant de migrations? Pourquoi réclamer toujours plus de numérique quand depuis trois décennies l'on se vend à la nouvelle économie toujours plus segmentée et cloisonnée ? quand la déflation et l'externalisation des coûts surtout humains sont toujours plus développées ? quand la digitalisation anéantit les compétences humaines et la relation au client ?Jusqu'où la cavalerie financière et monétaire au prétexte d'éviter sinon retarder la systémie des bulles et kracks dans des économies éteintes ? Trois décennies de bulles et shadow banking !
a écrit le 14/09/2015 à 18:32 :
Bravo, on applaudit des 2 mains, mais on aimerait aussi les entendre sur les paradis fiscaux, l'optimisation fiscale, le dumping social et fiscal. Les règles ne peuvent pas aller que dans le sens d'un néo-libéralisme et d'un capitalisme débridé.
Réponse de le 15/09/2015 à 5:47 :
les pays peuvent très bien le faire le dumping fiscal : il peuvent descendre les impôts très bas, voire le supprimer : les riches arriveront par wagons entier et hop, plus de problème de dettes !!!!! mais comme de cela , personne ne veut !!!!! on continuera avec nos dettes !!!! oui, oui la solution existe !!!!
a écrit le 14/09/2015 à 18:30 :
Si déjà les grosses boites PAYAIENT leurs IMPOTS, on pourrait comprendre. Mais là...
a écrit le 14/09/2015 à 17:16 :
Fait-on du G20 avec une économie à moteur de deuche et on ramasse les pâquerettes ou bien un petit peloton pour 20G de croissance. Fait-on de l’économie laxiste ou de la CON-NOMIE avec des experts charlatan ? Le gaucho ne devrait-il pas être fusillé pardon fustigé alors qu’il détruirait les abeilles ? Dans les questions publiées à l’Assemblée, on parle de filières, exfiltre-t-on l’industrie alors qu’il y aurait une RDA française avec des mélanges de mouvements et de genre. Les TVA ne seraient pas payées, l’Etat ne ferait pas son travail, manquons-nous de fonctionnaires ou bien que font-ils, on inciterait à l’absentéisme et au non travail, le travail ne serait pas fait, il faudrait plus de fonctionnaires et le chômage augmente. Dans les questions d’Assemblée, on trouve, : en 2003 on parle du gaucho jusqu’en 2014… que fait l’etat, ne devrait-on demander aux voisins. Il y aurait des relances, ne faisons-nous pas de l’esbrouffe. Fait-on de la croissance alors que la consommation des ménages baisse depuis 2007… A quand le bac professionnelles avec des passes. On aurait des puces à Compostelles, pour le chômage sud Europe, est-ce la paresse, l’insolation, la bêtise, le gaucho ou bien un curé rouge ? Ne fait-on pas des petites à 6 millions de chômeurs. Don déclin et bon travail dudit manche !

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