Alors qu’elle souhaitait interdire la fracturation hydraulique, ce procédé qui consiste à injecter des fluides à haute pression dans le sous-sol pour casser les roches et récupérer du gaz de schiste, la candidate démocrate à la présidentielle américaine, Kamala Harris, a changé de braquet. L’objectif : remporter l’Etat-clé de Pennsylvanie, berceau de cette industrie florissante. Aux dépens de l'environnement ?C'est l'histoire d'une « success story » comme l'Amérique aime en raconter : au début des années 2010, les Etats-Unis connaissent un véritable boom de leur production de gaz, grâce à des progrès fulgurants dans l'extraction d'hydrocarbures de schiste. En fissurant les roches afin de libérer ces combustibles fossiles piégés en sous-sol - ce qu'on appelle communément la « fracturation hydraulique », un procédé interdit en France - le pays parvient ainsi à afficher des tarifs du gaz à faire saliver l'Europe, tout en bénéficiant d'une industrie pétrochimique hyper compétitive.
Mais à quel prix pour l'environnement ? Une nouvelle fois, la question agite la course américaine à la présidentielle. Et pour cause : tandis que Donald Trump a toujours soutenu cette technique controversée, l'actuelle vice-présidente et candidate démocrate, Kamala Harris, a effectué un virage à 180°C.
Remporter l'Etat crucial de Pennsylvanie
En 2019, en effet, Kamala Harris affirmait sans ambages être « favorable à son interdiction » lors d'un forum des candidats à la présidentielle organisé par CNN. « Dès le premier jour, nous verrons ce que nous pouvons faire sur les terrains publics », avait-elle alors fait savoir. Deux ans plus tôt, celle qui était alors procureure générale de Californie avait même intenté un procès contre l'administration Obama sur le régime d'autorisation du ministère de l'Intérieur pour la fracturation hydraulique au large de la côte Pacifique, afin de « protéger [les] ressources naturelles et la santé publique ».
Et pourtant, le 29 juillet dernier, volte-face : « En tant que vice-présidente je n'ai pas interdit la fracturation hydraulique ; en tant que présidente je ne l'interdirai pas non plus », a-t-elle assuré lors de sa première interview de candidate à la Maison-Blanche. Avec, en ligne de mire, un enjeu bien précis : gagner le champ de bataille du « swing state » de Pennsylvanie - acquis ni aux Républicains, ni aux Démocrates -, où l'industrie du gaz de schiste est synonyme d'emplois et de prospérité. Et ce, alors que Donald Trump multiplie les attaques à coup de fake news, affirmant que sa rivale voudrait « interdire les gazinières ».