Geofeedia, Dataminr... quand espionner les tweets rapporte gros

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Voulant éviter les polémiques sur la surveillance des données personnelles comme celles sur les violences contre la communauté noire, Facebook et Twitter se sont empressés de se désolidariser de Geofeedia.
Voulant éviter les polémiques sur la surveillance des données personnelles comme celles sur les violences contre la communauté noire, Facebook et Twitter se sont empressés de se désolidariser de Geofeedia. (Crédits : © Regis Duvignau / Reuters)
Des entreprises spécialisées dans le traitement des données massives (big data) scrutent et analysent les réseaux sociaux pour le compte des autorités américaines. Un business controversé, mais lucratif.

Elles s'appellent Geofeedia, Beware, ou encore Dataminr. Ces entreprises ont choisi un créneau bien particulier sur le marché du Big Data. Plutôt que d'exploiter les données des internautes pour le compte des publicitaires, celles-ci les traitent pour les autorités américaines.

À la fin des années 2000, un florilège de sociétés ont développé des algorithmes permettant de détecter des événements en temps réel et de dresser le portrait de certains citoyens à partir de leurs simples posts sur Internet. Fusillades, attentats, suspects à identifier... grâce à cette technologie, les forces de l'ordre peuvent se déployer plus rapidement et plus efficacement. De quoi faire saliver les autorités, qui sont prêtes à mettre le prix pour s'offrir ces services, mais pas toujours pour les bonnes raisons.

Des contrats à plusieurs centaines de milliers de dollars

  • 500 contrats pour Geofeedia

D'après un mail dévoilé par l'Association américaine de défense des libertés civiques (ACLU, pour American Civil Liberties Union), l'entreprise a signé pas moins de 500 contrats avec des commissariats et des agences publiques de sécurité. Geofeedia a notamment signé un contrat de 100.000 dollars avec le FBI il y a deux ans pour des prestations de collecte de données. De quoi générer un chiffre d'affaires à six chiffres rien qu'avec ce secteur.

  • Le département de la Sécurité intérieure américaine débourse 255.000 dollars

Dataminr est connue pour avoir alerté en avance ses clients sur les attentats de novembre à Paris. En mars dernier, l'entreprise a même déclaré avoir signalé l'attaque de Bruxelles à ses clients 10 minutes avant les première publications dans les médias. De quoi satisfaire ses clients, notamment le département de la Sécurité intérieure des Etats-Unis (United States Department of Homeland Security) qui a signé un contrat de 255.000 dollars avec l'entreprise selon le Wall Street Journal.

  • 132.000 dollars pour le seul commissariat de Fresno ?

Le commissariat de Fresno (Californie) a expérimenté le système d'alerte de la société Beware. Satisfait, le chef de la police souhaitait que la municipalité achète la licence du logiciel. Le conseil municipal a finalement refusé de débourser 132.000 dollars pour un contrat de cinq ans avec l'entreprise. Les élus ont voulu rester prudents face aux controverses sur l'utilisation des données personnelles des internautes.

Surveillance des manifestants : Facebook et Twitter disent stop

Les pratiques de ces sociétés sont parfois controversées. D'ailleurs, elles ont récemment déplu à Twitter et Facebook. Les deux grands réseaux sociaux ont coupé, mardi, l'accès à leurs plateformes à Geofeedia. En cause, la société surveillait des manifestants pour le compte de la police, notamment lors des rassemblements motivés par la mort de Freddie Gray à Baltimore, selon les révélations de l'ACLU (American Civil Liberties Union). Voulant éviter les polémiques sur la surveillance des données personnelles comme celles sur les violences contre la communauté noire, Facebook et Twitter se sont empressés de se désolidariser de Geofeedia.

Ce n'est pas la première fois que les géants de l'Internet s'opposent à ces pratiques. En mai dernier, la société Dataminr a dû informer ses clients qu'elle ne pourrait plus assurer ses prestations. Twitter, qui détient 5% du capital de l'entreprise, refusait que celle-ci continue de fournir des informations sur ses utilisateurs aux autorités, selon le Wall Street Journal. Au grand dam des agences de renseignement pour lesquelles elle travaillait.

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Commentaires
a écrit le 18/10/2016 à 9:33 :
donc envoyer un tweet, un message sur Facebook, ça arrive avant chez les Américains.

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