Grand Moscou : le BTP maintient son activité et livre un hôpital en un mois et demi

La capitale russe a inauguré, le 20 avril, un hôpital de près de 900 places, érigé en six semaines. Sur place, les chantiers vitaux s'effectuent à effectif réduit.
César Armand

3 mn

Selon les chiffres officiels de la mairie moscovite, entre les salaires des ouvriers, les 1.500 tonnes de ferraille, les 5.000 portes, les 200.000 mètres cubes de sable, les 14.000 mètres cubes de béton, les 3.000 tonnes de constructions métalliques et les 280.000 mètres cubes de panneaux d'assemblage, le budget de la construction, hors équipements médicaux, s'élève à 87 millions d'euros.
Selon les chiffres officiels de la mairie moscovite, entre les salaires des ouvriers, les 1.500 tonnes de ferraille, les 5.000 portes, les 200.000 mètres cubes de sable, les 14.000 mètres cubes de béton, les 3.000 tonnes de constructions métalliques et les 280.000 mètres cubes de panneaux d'assemblage, le budget de la construction, hors équipements médicaux, s'élève à 87 millions d'euros. (Crédits : Reuters)

Six semaines. Entre la décision prise par le maire de Moscou le 5 mars et l'inauguration d'un nouveau hôpital virologue le 20 avril, il s'est écoulé six semaines. Sur un terrain de 43 hectares, 44 bâtiments d'une superficie totale de 81.300 mètres carrés viennent de sortir de terre. A l'intérieur: 656 lits d'hôpital et 223 en soins intensifs. Hier encore, la Russie déclarait, selon l'AFP, 47.121 malades du Covid-19 et 405 morts.

Selon les chiffres officiels de la mairie moscovite, entre les salaires des ouvriers, les 1.500 tonnes de ferraille, les 5.000 portes, les 200.000 mètres cubes de sable, les 14.000 mètres cubes de béton, les 3.000 tonnes de constructions métalliques et les 280.000 mètres cubes de panneaux d'assemblage, le budget de la construction, hors équipements médicaux, s'élève à 87 millions d'euros.

Derrière ce chantier, MosInzhProekt (MIP), une sorte de société d'économie mixte de 12.000 salariés qui réalise tout le BTP de la capitale moscovite. Dotée d'un budget de 200 milliards d'euros d'ici à 2035, elle doit construire des nouvelles lignes de métro et des nouvelles routes, réhabiliter des gares, rénover des quartiers et construire de nouveaux logements.

Un chantier 24 heures sur 24, 7 jours sur 7

"Le président Poutine a trouvé un juste équilibre entre la crise sanitaire et la crise économique. Dès le début, nous avons mis en place des mesures de protection du personnel pour qu'il continue à travailler. Il y aura du retard, mais le Grand Moscou a une telle avance que cela ne se verra pas", explique à La Tribune Maurice Leroy, ancien ministre de la Ville de Nicolas Sarkozy et désormais directeur général adjoint du MIP chargé du développement international.

"Les chantiers vitaux se sont faits à effectifs réduit. L'hôpital, c'était un chantier 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 pour répondre à la propagation du virus. Quasiment tout le monde a un masque. La précaution reste de mise sur les chantiers", ajoute-t-il.

Maire, président du département du Loir-et-Cher, député, membre du gouvernement Fillon, Maurice Leroy se rêvait ministre du Grand Paris d'Emmanuel Macron. Depuis janvier 2019, il conseille le vice-maire de Moscou chargé de l'aménagement Marat Khousnoulline. "Si le Grand Paris a inspiré le Grand Moscou, aujourd'hui, le Grand Moscou a pulvérisé le Grand Paris. Cela avance à vitesse grand V", assure-t-il.

"Il y a des écolos, des recours..."

Le chantier du super-métro local, commencé en 2013, est en effet réalisé à 90%, poursuit Maurice Leroy. 23 tunneliers creusent en même temps, alors qu'ils seront 21 au maximum en 2021 sur le tracé du Grand Paris Express. "Il y a un chef: le maire de Moscou est le président du Grand Moscou pour 13 à 14 millions d'habitants (autant d'habitants qu'en Ile-de-France, Ndlr)", donne-t-il comme explication.

Certes, la future infrastructure de transport francilienne est pilotée par un seul et unique établissement public: la Société du Grand Paris, mais son conseil de surveillance est à l'image de la lasagne institutionnelle. Présidé par un élu local représentant les territoires, et même actuellement la métropole avec Patrick Braouezec (Plaine Commune), y siègent la présidente de la Région, les sept présidents de départements, la maire de Paris aux côtés des représentants de l'Etat.

"Il y a des écolos, des recours... Les gens croient que "c'est parce que c'est une dictature" qu'on avance" !, s'exclame tout d'un coup Maurice Leroy. "C'est faux: Sergueï Sobianine est un maire visionnaire suivi par le président Poutine dont il a été l'un des plus proches collaborateurs (ancien directeur de l'administration présidentielle, Ndlr). Nous avons une volonté politique au sommet de l'Etat."

César Armand

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