Dans le Grand Paris, le secteur du BTP sceptique sur la reprise des travaux
César Armand
César Armand
Après deux semaines d'aller-retours entre le secteur du BTP et le gouvernement, le guide des préconisations est enfin paru dans la soirée du jeudi 2 avril. Sans surprise, l'Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics (OPP-BTP) y appelle les entreprises concernées à "respecter strictement" des consignes de sécurité "pendant toute la période de confinement" voire à "stopper leur activité sur les travaux concernés".
Dans le Grand Paris, comme dans le reste du pays, les chantiers se sont arrêtés dès le début du confinement. Aussi, ces conseils élaborés par le patronat, les syndicats et les ministères concernés sont-ils bien accueillis par les représentants franciliens des filières.
Avant de renvoyer les ouvriers sur site, ces acteurs locaux attendent toutefois la livraison de masques. Ces derniers doivent être "obligatoires" dans trois situations, a en effet martelé l'OPP-BTP vendredi dernier: "quand deux compagnons travaillent à moins d'un mètre l'un de l'autre, quand un acteur du BTP intervient chez un client à la santé fragile, et bien sûr quand il se rend chez un client malade."
Si José Ramos (FRTP-IDF) s'en félicite, car il a toujours préconisé le port de masques "a minima" pour les travaux en équipe, Jean-Luc Tuffier (FFB Grand Paris) déclare que son fournisseur habituel est désormais obligé de passer par la Chine, se retrouvant en compétition avec le monde entier.
Outre l'attente de ce matériel indispensable, Jean-Luc Tuffier ne mise pas sur une relance des travaux avant le début voire la mi-mai. "Dans la tête des entrepreneurs d'Ile-de-France, il n'y a pas grand-monde qui veut reprendre", estime-t-il. "Il faudra aussi du gel hydroalcoolique, des caméras de surveillance, des prises de température, autant de procédures qui sont lourdes", insiste l'entrepreneur, lui-même à la tête de 400 salariés.
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"Dans l'attente de nouvelles règles sur le déconfinement", José Ramos considère, lui, que la reprise s'amorcera dès la mi-avril. Même après, du fait des installations sanitaires à mettre en ordre, "on ne peut pas dire qu'on travaillera à 100%", ajoute-t-il, citant les mobiles-cantines où il demeurera difficile d'espacer les uns et les autres d'un mètre, ainsi que les salariés qui ont de la température et dont "on ne prendra pas le risque de les faire rentrer".
La présidente du conseil de l'ordre des architectes d'Ile-de-France juge, pour sa part, que la publication des préconisations de l'OPP-BTP ne suffit pas pour reprendre le chemin des chantiers.
César Armand