Grande-Bretagne : Boris Johnson part, les problèmes restent
Paul Marion
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

La crise sanitaire et ses scandales aura ébranlé Boris Johnson.
JOHN SIBLEY
Paul Marion
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

La crise sanitaire et ses scandales aura ébranlé Boris Johnson.
JOHN SIBLEY
« Get Brexit done ». Le slogan de Boris Johnson lors de sa campagne législative de 2019 avait le mérite de la clarté. De l'efficacité aussi pour séduire une opinion publique lassée par les tergiversations post-référendum de Theresa May sur la forme que prendrait le Brexit, sans cesse repoussé à cause d'interminables négociations avec Bruxelles. Porté par sa formule-programme, le succès dans les urnes de Boris Johnson a été total à l'automne 2019. Le parti conservateur a remporté la majorité des sièges à la Chambre des communes.
La promesse d'acter la sortie de la Grande-Bretagne du Royaume-Uni, devenue effective en janvier 2021, a été tenue par Boris Johnson. « Il restera comme le premier ministre qui a réalisé le Brexit et éviter un no-deal avec l'Union européenne grâce à un traité qui pose les bases des futures relations avec l'Union européenne mais doit être complété. Cela ne se fera pas en deux ou trois ans », estime le président de l'Observatoire du Brexit Aurélien Antoine, professeur de droit public à l'université Jean-Monnet de Saint-Etienne.
L'après Brexit fut plus chaotique. Loin de permettre au Royaume-Uni de libérer « tout son potentiel » une fois affranchi du carcan européen comme le prétendait l'ancien maire de Londres, le pays pâtit désormais des retombées négatives du Brexit. Les chaînes d'approvisionnement, irriguées pendant des décennies en marchandises et en main d'œuvre venus d'Europe, se sont taries et sont profondément désorganisées depuis la sortie du Marché commun. Une situation aggravée aussi, il est vrai, par l'engorgement généralisé de la logistique mondiale et la guerre en Ukraine.
À lire également
A l'automne 2021, le manque de 100.000 chauffeurs de camions, après le départ des routiers venus d'Europe de l'Est, a provoqué des pénuries inédites de produits dans les rayons alimentaires et d'essence de stations-service... finalement ravitaillée par l'Armée. Les pénuries alimentaires restent à l'ordre du jour, le gouverneur de la Banque d'Angleterre qualifie la situation dans les supermarchés d'apocalyptique. Tout comme dans les aéroports ou les transports bousculés par le manque de personnel. Moteur de l'économie londonienne et britannique, la City, place forte de la finance mondiale, n'a pas subi le « Brexodus » (exode des talents vers le continent à cause du Brexit). Si elle conserve son attractivité, Boris Johnson et son ministre des Finances Rishi Sunak ne sont pas parvenus à arracher à l'Union européenne la fameuse « équivalence ». Cette autorisation légale permettrait aux banques de la City d'opérer sur le marché européen sans y posséder de succursale... comme quand elles faisaient partie du Marché commun.
Paul Marion