Liz Truss annonce des aides colossales pour soutenir l'économie britannique

Liz Truss, la nouvelle Première ministre britannique, va dévoiler ce jeudi un paquet d'aides massif en faveur des ménages et les entreprises qui doivent face à des hausses insupportables des coûts de l'énergie.
Liz Truss, alors candidate à la succession de Boris Johnson, décrivait les aides directes comme des « pansements ».
Liz Truss, alors candidate à la succession de Boris Johnson, décrivait les aides directes comme des « pansements ». (Crédits : Reuters)

Ce jeudi matin au Parlement, la conservatrice Liz Truss, qui vient de succéder à Boris Johnson à Downing Street, doit annoncer au Parlement toute une série de mesures d'aides aux ménages et aux entreprises submergés par les hausses du coût de l'énergie.

Elle serait ainsi sur le point de geler à 2.500 livres annuels les factures pour un foyer moyen, ce qui représente, d'après plusieurs médias dont le Times, une dépense de 150 milliards de livres, qui serait financée par de la dette. C'est plus que les 70 milliards de livres dépensées pour payer les salaires des employés en chômage technique pendant toute la durée de la pandémie.

C'est aussi un virage drastique par rapport à la campagne menée par la candidate à la succession de Boris Johnson, qui décrivait les aides directes comme des « pansements » qui ne résoudraient pas les problèmes de fond. Dans ce scrutin interne au Parti conservateur, Liz Truss avait brandi les thèmes fétiches des militants tories notamment les baisses d'impôts pour s'assurer de leur soutien. Avant d'adopter une position radicalement différente à peine arrivée aux affaires.

Des premières aides qui se sont révélées très insuffisantes

Il faut dire que la situation des ménages devient intenable. La facture énergétique pour les particuliers doit augmenter de 80% au 1er octobre. Elle a doublé sur un an et, si rien n'est fait, doit encore grimper l'an prochain à quelque 5.000 livres par an pour un foyer moyen. Le Royaume-Uni est en effet très dépendant des prix du gaz, qui ont été multipliés par sept sur un an. Les prix de gros de l'électricité et du gaz étaient jusqu'alors répercutés entièrement sur les entreprises et ménages, malgré des aides accordées par le gouvernement précédent qui se sont rapidement révélées très insuffisantes.

Economistes, ONG, syndicats et mêmes énergéticiens n'ont eu de cesse d'avertir qu'une majorité de ménages britanniques risquait de tomber dans la grande précarité cet hiver. Les factures d'électricité impayées au Royaume-Uni ont triplé sur un an pour atteindre 1,3 milliard de livres, un record. Une campagne anonyme appelée "Don't pay" (ne payez pas) a été lancée avec près de 100.000 participants, demandant une réduction des factures énergétiques à un « niveau abordable » sous peine de faire la « grève » des paiements de factures électriques à partir du 1er octobre.

Selon Neil Schearing, économiste de Capital Economics, un gel sur les prix du gaz et de l'électricité pour les consommateurs pourrait calmer l'inflation qui va culminer à 11% en octobre selon lui.

Des aides « financées par la croissance de l'économie »

La Première ministre se refuse à étendre une taxe sur les bénéfices des géants pétroliers, afin d'encourager l'investissement et l'extraction en mer du Nord. Une levée du moratoire sur le « fracking » (fracturation hydraulique, pour extraire pétrole et gaz de schiste) serait peut-être aussi à l'ordre du jour. « Je vais prendre des mesures immédiates pour aider les gens face à leurs factures d'énergie, mais je veux aussi que nous assurions notre approvisionnement énergétique », a argumenté Liz Truss, mercredi, lors de sa première séance de questions du Parlement.

Pour les travaillistes, « sans hausses d'impôts ciblées, ce paquet d'aides massif va aider les contribuables à passer l'hiver mais ils devront le payer ensuite pendant des années, ont martelé les travaillistes ».

Le cocktail des aides directes massives et des baisses d'impôts effraie les marchés qui craignent un nouveau grave dérapage des finances publiques après celui de la pandémie. Signe de la défiance des investisseurs, les bons du Trésor britanniques à 10 ans ont bondi mardi à plus de 3%, au plus haut depuis une décennie.

Mais le nouveau chancelier de l'Echiquier Kwasi Kwarteng a assuré mercredi que si une hausse de l'emprunt public était « nécessaire à court terme », le nouveau gouvernement visait « la stabilité monétaire et la discipline budgétaire à moyen terme » grâce à une croissance de l'économie qui serait plus rapide que celle de la dette publique.

« L'isolation est un vrai problème au Royaume-Uni »

Responsables des infrastructures, énergéticiens et défenseurs de l'environnement dénoncent par ailleurs l'absence apparente de toute mesure d'économies d'énergie par Liz Truss. Ils demandent d'urgence des politiques d'isolation des bâtiments britanniques, pour beaucoup de véritables passoires thermiques.

Pour Philippe Commaret, directeur commercial pour EDF outre-Manche, « l'isolation est un vrai problème au Royaume-Uni, plus de 58% des logements y ont un niveau d'isolation qui est égal ou inférieur à celui de 1976, bien moins performant qu'en France, Allemagne et Espagne ».

(Avec AFP)

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Commentaires 5
à écrit le 08/09/2022 à 11:59
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A peine arrivée, elle change déjà complètement de discours et fait l'inverse de ce qu'elle a dit il y a une semaine.

à écrit le 08/09/2022 à 9:50
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C'est vraiment la fi-fille à Thatcher avec un brin de Macron: bref le comble de l'ultralibéralisme hyperatlantiste Reagano-thatchérien. Avec ce genre de dirigent l'occident va droit au suicide. Mais est-ce vraiment un drame? Non car l'avenir du mond...

le 08/09/2022 à 11:26
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@communiste ...c'est pas pour tout de suite pour la bonne raison que ce ne sera JAMAIS. Le communisme l'avenir du Monde.! Le bon exemple ( que suit a Chine): La Corée du Nord! Et pourquoi pas un État Islamique aussi? Les empires du mal sont faits ...

à écrit le 08/09/2022 à 9:30
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L'idée de financer les aides par la croissance de l'économie est bonne. Cela va supposer de déréguler un grand nombre de secteurs d'activités. C'est bien que le Royaume-Uni soit sorti de l'UE, car il n'aurait pas pu le faire avec le carcan des direct...

à écrit le 08/09/2022 à 9:10
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5000 pounds par an pour se chauffer soit 6000€…. Je ne pense pas qu il y ait un seul ménage en France qui paye cette somme … perso avec mon investissement e. Mix énergétique d il y a 3 ans je dépasse pas les 1000€ pour une maison en Idf c’ est beau...

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