Premier président français à Cuba, Hollande va "parler des droits de l'Homme"

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Les visées sont aussi économiques lors de ce voyage présidentiel -auquel participent de nombreux grands patrons- dans la perspective d'une levée de l'embargo américain qui pourrait déstabiliser les entreprises européennes installées sur l'île.
Les visées sont aussi économiques lors de ce voyage présidentiel -auquel participent de nombreux grands patrons- dans la perspective d'une levée de l'embargo américain qui pourrait déstabiliser les entreprises européennes installées sur l'île. (Crédits : REUTERS/Enrique de la Osa)
Le chef de l'État français doit rencontrer son homologue cubain Raul Castro lundi et pourrait également rendre une courte visite à Fidel Castro. Il compte parler des droits de l'Homme car " la France ne reste pas bouche cousue" face aux manquements à la liberté.

Une visite sans précédent. Premier dirigeant occidental à poser le pied à Cuba, François Hollande a marqué dimanche 10 mai au soir sa volonté d'accompagner l'île communiste sur le chemin de l'ouverture symbolisée par le rapprochement historique avec les États-Unis. Dès son arrivée à l'aéroport de La Havane, le chef de l'État français a délivré un message d'ouverture aux 11 millions de Cubains et à leurs dirigeants issus de la Révolution de 1959 emmenée par Fidel Castro :

"J'arrive ici à Cuba avec beaucoup d'émotion car c'est la première fois qu'un président de la République française vient à Cuba. Il y a des liens historiques, des liens profonds entre le peuple français et le peuple cubain. Il y a un attachement à l'indépendance, à l'aspiration à avoir face aux tribulations du monde, la volonté de peser."

"Et aujourd'hui cela prend une signification particulière après ce qu'a, enfin, décidé le président Obama", a-t-il ajouté

Un rapprochement en deux temps

Annoncé en décembre, le rapprochement historique entre les États-Unis et Cuba a été scellé le mois dernier entre Barack Obama et Raul Castro en marge du sommet des Amériques, au Panama. "Voisine" de Cuba grâce aux Antilles, la France veut, "avec l'Europe, être un accompagnateur de ce processus", a souligné François Hollande.

Washington et La Havane ont enclenché un processus de normalisation en vue du rétablissement de relations diplomatiques rompues depuis plus de 50 ans entre l'île et son grand voisin du Nord, séparés de 150 kilomètres à peine. Saluée comme un "tournant historique" par l'Union européenne, cette avancée était souhaitée par la France, qui vote depuis 1991 aux Nations unies en faveur de la levée de l'embargo.

Le président français devait entamer la journée de lundi par un entretien à la résidence de France avec le cardinal Jaime Ortega, à qui il devait remettre la Légion d'honneur. Figure majeure de son pays, l'archevêque de La Havane a souvent joué un rôle de médiateur entre le régime castriste et les opposants politiques.

"Je parlerai des droits de l'Homme"

À ceux qui lui reprochent de ne pas rencontrer la société civile durant ce voyage, François Hollande a réaffirmé son intention d'évoquer le sujet avec les autorités cubaines. Il doit rencontrer son homologue cubain Raul Castro lundi

"Je parlerai des droits de l'Homme car chaque fois qu'il y a des prisonniers politiques, chaque fois qu'il y a des manquements à la liberté, la France ne reste pas bouche cousue", a-t-il dit à la presse en Guadeloupe, juste avant son départ pour Cuba.

Les visées sont aussi économiques lors de ce voyage présidentiel -auquel participent de nombreux grands patrons- dans la perspective d'une levée de l'embargo américain qui pourrait déstabiliser les entreprises européennes installées sur l'île. La France est aussi l'un des principaux créanciers de Cuba, avec une dette évaluée à quelque cinq milliards de dollars (4,5 milliards d'euros).

(Avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 11/05/2015 à 20:28 :
Hollande n'aura rien de Cuba à part une boîte de cigares et c'est tout. On peut lire dans une interview de Raoul Castro à un journal sud-américain l'année passé que "le peuple de Cuba serait à tout jamais reconnaissant aux pays qui ont été de son coté pendant les années le plus dur de l'embargo." Ce sont des sociétés brésiliennes, argentines, vénézuéliennes et boliviennes qui construisent les aéroports, ports et partie de l'infrastructure de Cuba. Même les avions de la compagnie aérienne nationale sont de fabrication russe. Tu penses, Hollande, que Cuba c'est Charlie-Hebdo où il suffit d'un numéro avec "Tout est pardonné" pour que l'on gomme vite le passé ?
a écrit le 11/05/2015 à 18:42 :
Dans les pas d' Obama ou comment suivre la voie de son maitre, un vrai destin pour notre président idolâtre..
a écrit le 11/05/2015 à 17:02 :
Hollande commence sa campagne présidentiel au frais de l'état. NOUS payons avec NOTRE argent SA campagne présidentielle. Et cela va durer deux ans. C'est scandaleux ce comportement partial et partisan.
a écrit le 11/05/2015 à 15:46 :
Attention les escaliers sont glissants...........
a écrit le 11/05/2015 à 11:49 :
"Premier dirigeant occidental à poser le pied à Cuba...." Comme si tous les autres Présidents de l'Amérique latine qui ont été à Cuba depuis des décennies ne comptaient pas. Ils sont quoi, des Orientaux ? L'Occident se trouve à l'ouest de Greenwich ; l'"Oxydent" par contre c'est ce bazar représenté par le G7....
a écrit le 11/05/2015 à 11:44 :
Depuis que ce bonhomme a été élu président de la République, ses apparitions publiques se font remarquer par sa maladresse et son ridicule. Par contre, ses actes portent la marque de l'incompétence. Boudons-le tout court !
Réponse de le 11/05/2015 à 13:18 :
Comme il l'a fait en Arabie Saoudite, je pense qu'il vut mieux qu'il se taise.
a écrit le 11/05/2015 à 11:39 :
Il est tout à fait qualifié pour parler des droits de l'homme ! Qui en doute ? Je suppose qu'il en a déjà parlé en Arabie Saoudite, comme il sait parler d'ingérence ... Quel homme ! Droit dans ses bottes .... Qui en doute ?
a écrit le 11/05/2015 à 10:56 :
heureux d'apprendre que si nos relations commerciales avec Cuba sont voisines de zéro , la France est tout de même le premier créancier de cette dictature communiste ;
Hollande remerciera sans doute le dictateur Castro "minimo " de son bon accueil en effaçant tout ou partie de cette dette qui sera baptisée pour l'occasion et comme pour l'effacement de celle de la Tunisie : " investissement ".
a écrit le 11/05/2015 à 10:37 :
Hollande ose parler de "droits de l'Homme" dans toute la planète sauf en deux endroits : dans les dictatures féodales du Golfe, et en Ukraine ! vivement 2017 !!
a écrit le 11/05/2015 à 8:05 :
Il va sans doute annuler les dettes de Cuba envers la France ! Cela, il sait faire!
a écrit le 11/05/2015 à 8:04 :
Mme Mitterand était pourtant grande admiratrice de Castro et du système cubain socialiste. Hollande se sentira bien sur cette terre de "progrès". Le ridicule ne tue pas....heureusement pour Hollande.
Réponse de le 11/05/2015 à 22:38 :
< Le ridicule ne tue pas….heureusement pour Hollande.>

Moi je dirais heureusement pour nous les Français ! car avoir un tel homme comme Président…..

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