Inflation Reduction Act : les États-Unis assurent qu'ils ne veulent pas pénaliser les Européens

La secrétaire américaine au Trésor a de nouveau affirmé que Washington ne veut pas, avec son plan climat, pénaliser ses partenaires commerciaux, notamment européens. Selon elle, l'Inflation Reduction Act est pour les États-Unis un moyen de s'assurer des chaînes d'approvisionnement, tout en y incluant ses alliés. Reste que les marges de manœuvre américaines sont réduites sur ce texte.
La Maison Blanche fait miroiter près de 420 milliards d'euros de subventions - disponibles à partir de janvier 2023 - aux industriels qui installent leurs usines sur le sol américain.
La Maison Blanche fait miroiter près de 420 milliards d'euros de subventions - disponibles à partir de janvier 2023 - aux industriels qui installent leurs usines sur le sol américain. (Crédits : Joël Carillet / iStock)

Les États-Unis veulent rassurer leurs alliés européens au sujet du grand plan américain pour le climat et l'emploi (IRA, Inflation Reduction Act). Ses 420 milliards de dollars de subventions destinés aux industriels qui installent leurs usines sur le sol américain est vu d'un mauvais œil dans l'UE. Les Européens le considèrent comme très protectionniste et s'inquiètent des conséquences pour leur propre industrie.

Celle qui fait office ministre de l'Économie et des Finances de Joe Biden a indiqué, ce jeudi 8 décembre, qu'en votant l'IRA, « l'objectif du Congrès était de s'assurer que nous ayons des chaînes d'approvisionnement sûres et d'essayer d'y inclure nos alliés. On va donc regarder ce qui peut être fait », a assuré Janet Yellen à des journalistes, lors d'un déplacement à Fort Worth (Texas).

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Bonnes intentions mais marges de manœuvre limitées

Elle a aussi évoqué les subventions américaines accordées uniquement aux véhicules électriques construits aux États-Unis, et qui « suscitent également des inquiétudes ». « Nous avons la responsabilité, au Trésor, d'écrire les règles concernant les diverses incitations fiscales. Et nous écoutons un large éventail de parties prenantes pour nous assurer que nous faisons bien les choses », a précisé Janet Yellen.

Elle a ainsi souligné que l'une des problématiques est de « définir les partenaires de libre-échange », citant l'exemple « des alliances avec l'Europe au Japon, avec qui nous n'avons pas d'accord formel de libre-échange ».

De leur côté, les Européens veulent afficher leur « optimisme » quant à l'issue des discussions au sujet de l'IRA lors de la réunion du Conseil pour le commerce et les technologies ce lundi. « Il y a une volonté de prendre en compte nos inquiétudes sans entrer en confrontation », a confirmé à la presse un responsable européen présent sur place, malgré « l'attente d'une réponse plus solide » de la part des États-Unis. Le plan américain entrera en plus en vigueur dans un contexte de flambée des coûts de l'énergie qui touche particulièrement l'Europe, moins les États-Unis, un atout de compétitivité supplémentaire pour ces derniers.

Reste que les marges de manœuvre américaines sont cependant réduites sur ce texte, entre perte de la majorité démocrate à la Chambre des représentants début janvier, conséquence des élections de mi-mandat, et l'aspect hautement symbolique du plan pour Joe Biden.

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Optimisme affiché quant au risque de récession

Janet Yellen a par ailleurs évoqué le risque de récession qui plane sur les États-Unis. « Je pense que nous sommes sur la bonne voie pour faire ralentir l'inflation et que la récession peut être évitée », a ainsi déclaré la ministre. L'inflation américaine a atteint 7,7% en octobre. Un chiffre certes moins élevé qu'en septembre (8,2%) mais encore élevé. C'est toutefois son plus bas niveau depuis janvier 2022.

Cette persistance de forte inflation pousse la banque centrale américaine (Fed) à resserrer plus fortement les conditions monétaires afin de faire ralentir l'activité économique, et donc l'inflation, mais au risque de provoquer une récession. La Fed doit justement se réunir la semaine prochaine, les 13 et 14 décembre, pour décider de la marche à suivre. Elle devrait relever son taux directeur d'un demi-point de pourcentage. Soit une hausse toujours forte, mais qui marque un ralentissement par rapport à celles adoptées lors des quatre dernières réunions, reflétant les premiers signes de ralentissement de l'inflation.

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(Avec AFP)

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Commentaire 1
à écrit le 10/12/2022 à 9:45
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Ben oui ils veulent seulement renforcer leur économie à eux qui impose indirectement de pénaliser le monde entier qu'ils guident, enfin sauf l'Inde quand même visiblement. C'est nous qui sommes beaucoup trop faibles, beaucoup trop dépendants d'eux no...

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