Hausse des taux : la Fed s'apprête à calmer le jeu

Avant une réunion prévue les 13 et 14 décembre, Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine (Fed), a souligné que « le moment de ralentir le rythme des hausses de taux pourrait intervenir dès la réunion de décembre ». Ce qui ne signifie pas qu'il faut relâcher la garde contre l'inflation, comme l'institution s'y emploie en relevant le coût de l'argent depuis le mois de mars.
Les taux de la Fed, présidée par Jerome Powell, se situent actuellement dans une fourchette de 3,75 à 4,00% après être partis de zéro en début d'année.
Les taux de la Fed, présidée par Jerome Powell, se situent actuellement dans une fourchette de 3,75 à 4,00% après être partis de zéro en début d'année. (Crédits : Reuters)

L'épisode des hausse historiques du taux directeur de trois-quarts de point de pourcentage réalisées par la Fed depuis mars dernier pourrait bientôt se clore. C'est ce qu'a fait comprendre son président, Jerome Powell, avant une réunion de l'institution prévue les 13 et 14 décembre. Ces propos ont réjoui Wall Street, et fait immédiatement bondir le Nasdaq de plus de 3%. La Bourse de Tokyo progressait aussi nettement jeudi en matinée après ces propos.

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Le responsable s'est par ailleurs montré plus optimiste que quelques semaines plus tôt, sur la santé de l'économie américaine dans les mois à venir. Il a ainsi estimé qu'un « atterrissage en douceur », qui verrait l'inflation rentrer dans les clous sans faire plonger les Etats-Unis dans la récession, était « très plausible », alors qu'il avait expliqué, début novembre à l'issue de la réunion du Comité monétaire (FOMC), que la voie pour y parvenir s'était rétrécie.

« L'inflation reste bien trop élevée »

 Pour autant, le président de la Fed a prévenu que le travail était loin d'être terminé: « l'inflation reste bien trop élevée », a-t-il martelé. Il a souligné que l'indice PCE de l'inflation, baromètre préféré de la Fed et dont les chiffres d'octobre seront publiés jeudi, est attendu à 6,0% sur un an, en léger ralentissement par rapport aux 6,2% de septembre. L'autre indice d'inflation, le CPI, qui fait référence et est utilisé pour indexer les retraites, a ralenti à 7,7% sur un an en octobre, contre 8,2% en septembre. « Les mois bas dans les données sont souvent suivis de rebonds », a cependant alerté Jerome Powell. Avant la prochaine réunion, les membres de la Fed auront, eux aussi, à leur disposition les derniers chiffres du chômage, qui seront publiés vendredi. Le taux est attendu stable en novembre, à 3,7%, avec un ralentissement des créations d'emplois. Les embauches dans le secteur privé ont fortement ralenti en novembre, enregistrant même le plus fort ralentissement depuis près de deux ans, selon l'enquête mensuelle ADP/Stanford Lab publiée mercredi.

« De nouvelles hausses seront appropriées »

Par conséquent, le comité de politique monétaire, organe de décision de la Fed, anticipe « que de nouvelles hausses seront appropriées », il est « probable » que les taux doivent rester élevés « pendant un certain temps ». Il n'a en revanche pas précisé jusqu'à quel niveau il faudrait faire grimper ces taux, qui se situent actuellement dans une fourchette de 3,75 à 4,00% après être partis de zéro en début d'année. « Il existe une incertitude considérable quant au taux qui sera suffisant » pour dompter l'inflation.

Plus tôt mercredi, une autre responsable de la Fed, la gouverneure Lisa Cook, avait-elle aussi estimé qu'il « serait prudent d'y aller à plus petits pas », soulignant qu'après les hausses de taux déjà opérées, « l'impact de la politique monétaire prendrait du temps ». Elle ne s'était pas non plus aventurée à préciser quel serait le taux idéal à atteindre: « on ne le saura qu'avec le temps en observant comment l'économie évolue ». James Bullard, président de la Fed de Saint-Louis, membre votant également cette année au Comité monétaire, avait estimé mardi que ce taux final devrait se situer à 4,9%, ce qui implique de nouvelles hausses.

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Zoom - A Washington, Macron fustige les subventions américaines

Emmanuel Macron, en visite d'Etat à Washington, a prévenu mercredi les Etats-Unis que leur programme d'investissements et de subventions pour aider leurs entreprises et lutter contre l'inflation risquait de « fragmenter l'Occident ». Dans un discours devant la communauté française à l'ambassade de France, le président a également mis en garde contre le « risque » que « l'Europe et la France deviennent une sorte de variable d'ajustement » de la rivalité entre les Etats-Unis et la Chine, les deux premières puissances mondiales. Pour Emmanuel Macron, l'Inflation Reduction Act (IRA) « crée de telles différences entre les Etats-Unis d'Amérique et l'Europe que ceux qui travaillent dans nombre d'entreprises vont juste se dire "on ne fait plus d'investissements de l'autre côté de l'océan Atlantique" ». Axé principalement sur le climat et les dépenses sociales, le plan prévoit plus de 430 milliards de dollars d'investissement dont 370 milliards afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40% d'ici à 2030, soit le plus important effort jamais consenti par les Etats-Unis dans ce domaine.

(Avec AFP)

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Commentaires 2
à écrit le 01/12/2022 à 18:55
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Finalement le papa Powell va distribuer des cadeaux de fin d'année aux millionnaires du NASDAQ après la défaite du clan du "big guy" au congrès... Musk apprécie.

à écrit le 01/12/2022 à 8:12
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Ils ont de la marge, les marchés financiers se portent bien malgré le fait que le monde ocnnaisse une grave crise économique mais ils ont tellement tout fait pour se greffer sur les caisses publiques, ils sont tellement assistés, qu'ils ont réussi à ...

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