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ÉconomieInternational

Israël coupe l’envoi d'électricité vers Gaza, avant des négociations sur la trêve

latribune.fr

Publié le 09 mars 2025 à 17:49 - Mis à jour le 09 mars 2025 à 20:24

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Dimanche, Israël a annoncé qu'il interrompait l'alimentation de Gaza en électricité, laquelle alimente les usines de dessalement de ce territoire aride. Ce nouveau coup de pression intervient alors que des négociations sur la poursuite du cessez-le-feu doivent débuter au Qatar.

Israël a mis ses menaces à exécution : le pays va cesser de fournir de l'électricité à Gaza, ont annoncé dimanche ses dirigeants, avant de nouvelles négociations indirectes sur les modalités de la poursuite de la trêve avec le Hamas.

« Je viens de signer l'ordre d'arrêter immédiatement de fournir l'électricité à la bande de Gaza », a en effet déclaré le ministre de l'Energie, Eli Cohen, une semaine après la suspension de l'aide humanitaire dans le territoire palestinien assiégé pour faire pression sur le Hamas.

«Nous allons utiliser tous les outils à notre disposition pour ramener tous les otages et assurer que le Hamas ne soit plus à Gaza le jour d'après» la guerre, a-t-il ajouté, alors qu'Israël et le mouvement islamiste palestinien s'accusent mutuellement de violer l'accord de trêve entré en vigueur le 19 janvier.

Concrètement, l'unique ligne électrique entre Israël et Gaza alimente la principale usine de dessalement d'eau de ce territoire aride, qui dessert plus de 600.000 personnes. Les Gazaouis dépendent principalement de panneaux solaires et de générateurs à essence pour s'approvisionner en électricité.

S'il est pour l'heure difficile d'estimer les impacts, la coupure d'électricité pourrait également altérer le fonctionnement des pompes à eau et des installations sanitaires. Le Hamas a d'ores et déjà averti qu'elle affecterait également les 24 otages israéliens toujours en vie.

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Une stratégie sous le feu des critiques

La semaine dernière, Israël a interrompu l'approvisionnement en biens de ce territoire où vivent plus de deux millions de personnes, faisant écho au siège imposé au début de sa guerre contre le Hamas. Le pays cherche à faire pression sur le groupe militant pour qu'il accepte une prolongation de la première phase de son cessez-le-feu, qui s'est achevée le week-end dernier. Israël veut que le Hamas libère la moitié des otages restants en échange d'une promesse de négocier une trêve durable, mais sa stratégie est vivement critiquée.

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« Tout refus d'entrée de biens de première nécessité pour les civils pourrait être assimilé à une punition collective », a déclaré vendredi le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH).

La Cour pénale internationale a déclaré qu'il y avait des raisons de croire qu'Israël avait utilisé « la famine comme méthode de guerre » lorsqu'elle a émis un mandat d'arrêt contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu l'année dernière. Cette allégation est également au cœur de l'affaire de l'Afrique du Sud devant la Cour internationale de justice, accusant Israël de génocide, ce que le principal intéressé nie.

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Négociations à Doha

Par ailleurs, de nouvelles négociations indirectes sur les modalités de la poursuite du cessez-le-feu doivent débuter au Qatar. Après plusieurs réunions au Caire avec le chef des services du renseignement égyptien Hassan Rashad, une délégation du Hamas menée par Mohammed Darwish s'est rendue dimanche à Doha, a dit à l'AFP un responsable du mouvement palestinien. L'organisation a déclaré dans la journée avoir conclu la dernière série de négociations de cessez-le-feu avec les médiateurs égyptiens sans changer sa position, appelant au début immédiat de la deuxième phase du cessez-le-feu.

Israël a annoncé de son côté l'envoi lundi d'une délégation à Doha, à « l'invitation des médiateurs soutenus par les Etats-Unis », afin de « faire avancer les négociations ». Selon des médias locaux, le cabinet de sécurité doit établir dimanche le cadre du mandat de cette délégation.

Mésentente sur la deuxième phase de l'accord

Pendant ce temps, l'armée israélienne a annoncé avoir mené dimanche une frappe aérienne contre des combattants palestiniens qui « tentaient de cacher un engin explosif » dans le nord de Gaza. Un nombre indéterminé de « terroristes » ont été tués, selon elle.

Arraché par les médiateurs - Etats-Unis, Qatar, Egypte - après des mois de négociations, l'accord de trêve est entré en vigueur le 19 janvier après 15 mois d'une guerre dévastatrice à Gaza, déclenchée par une attaque d'une violence sans précédent du Hamas en Israël le 7 octobre 2023.

Durant la première phase de l'accord qui s'est achevée le 1er mars, le Hamas a rendu 33 otages israéliens, dont huit morts, enlevés lors de l'attaque du 7 octobre, et Israël a libéré environ 1.800 détenus palestiniens.

Les désaccords entre les protagonistes portent sur le lancement des négociations sur la deuxième phase qui prévoit selon le Hamas un cessez-le-feu permanent, le retrait complet israélien de Gaza et la libération des otages encore retenus, une soixantaine dont plus de la moitié seraient morts selon l'armée israélienne.

Au Caire, les négociateurs du Hamas ont souligné « la nécessité de respecter tous les termes de l'accord, d'entamer directement les négociations pour la deuxième phase », selon un communiqué du mouvement palestinien.

Réunion du cabinet de sécurité

« Nous exhortons les médiateurs en Egypte et au Qatar, ainsi que l'administration américaine à veiller à ce que l'occupant respecte l'accord, autorise l'entrée de l'aide humanitaire et procède à la deuxième phase », a déclaré à l'AFP le porte-parole du Hamas, Hazem Qassem.

Ces conditions, a-t-il détaillé, comprennent un échange des otages contre des prisonniers palestiniens, « un retrait complet de Gaza, un cessez-le-feu permanent et complet, des garanties contre un retour (de l'armée israélienne à Gaza), la réouverture des points de passage et la levée du blocus ».

Israël souhaite une extension de la première phase du cessez-le-feu jusqu'à la mi-avril. Il réclame la « démilitarisation totale » du territoire, le départ du Hamas de Gaza et le retour des derniers otages avant la deuxième phase.

Le Hamas, qui insiste pour rester à Gaza où il a pris le pouvoir en 2007, réclame des négociations immédiates pour appliquer la deuxième phase.

Face à la position du Hamas, l'armée israélienne, qui contrôle les points de passage avec Gaza, a bloqué l'entrée de l'aide humanitaire vitale pour les quelque 2,4 millions d'habitants assiégés par Israël depuis 17 mois. Un porte-parole du ministère de la Santé à Gaza, Khalil Al-Dakran, a déploré « une pénurie grave de médicaments, de respirateurs artificiels, de générateurs et d'oxygène ».

« Identifier les pays » d'accueil

Début février, le président Donald Trump a lancé l'idée d'une prise de contrôle de Gaza par les Etats-Unis pour la reconstruire et en faire la « Riviera du Moyen-Orient ». Pour cela, ses habitants seraient déplacés vers l'Egypte et la Jordanie, deux pays voisins qui ont rejeté cette option.

Le projet « prend forme, il y a des actions en cours, en coordination avec l'administration » américaine, a affirmé dimanche le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, figure de l'extrême droite, précisant notamment qu'il fallait "identifier les pays" d'accueil.

En riposte à l'attaque du 7 octobre, Israël a juré de détruire le Hamas et lancé une offensive destructrice à Gaza qui a fait au moins 48.458 morts, en majorité des civils, d'après les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l'ONU. Elle a aussi provoqué un désastre humanitaire dans le territoire palestinien.

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L'attaque du 7 octobre a entraîné côté israélien la mort de 1.218 personnes, la plupart des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles et incluant les otages morts ou tués en captivité après leur enlèvement ce jour-là. Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 58 sont encore retenues à Gaza, dont 34 déclarées mortes par l'armée israélienne.

(Avec l'AFP et AP)

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