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Joe Biden assure que la Russie envisage de frapper l'Ukraine avec des armes chimiques et biologiques

latribune.fr

Publié le 22 mars 2022 à 06:34 - Mis à jour le 22 mars 2022 à 06:34

Ukraine: biden va mettre en garde xi contre un soutien chinois a la russie

Pour Joe Biden, le chef du Kremlin est « dos au mur »

LEAH MILLIS

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Joe Biden a assuré lundi qu'il était "clair" que la Russie envisage d'utiliser des armes chimiques et biologiques en Ukraine, avertissant qu'une telle décision entraînerait une réponse occidentale "sévère". Par ailleurs, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'est déclaré prêt à tout discuter avec son homologue russe Vladimir Poutine s'il accepte de négocier directement avec lui, y compris de la Crimée et du Donbass, mais avec des "garanties de sécurité" en préalable. L'Union européenne (UE) a de son côté approuvé lundi la constitution d'une force de 5.000 combattants et s'est engagée...

... une augmentation de ses dépenses militaires afin d'être en mesure de mener seule des interventions d'ici 2025.

Joe Biden en est convaincu. Alors que la Russie a utilisé des missiles hypersoniques en Ukraine, il est "clair" à ses yeux que Moscou envisage d'utiliser des armes chimiques et biologiques en Ukraine. Les accusations récentes de Vladimir Poutine selon lesquelles les Etats-Unis disposent d'armes chimiques et biologiques en Europe et que Kiev en possède également sont fausses et montrent que le président russe envisage lui-même d'utiliser de telles armes, a déclaré lundi Joe Biden, lors d'une réunion avec des dirigeants d'entreprises américains qui s'est déroulée à Washington.

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Et si un échec de Vladimir Poutine en Ukraine pouvait être pire qu'une victoire ?

Poutine, "dos au mur", dit Biden

Pour lui, le chef du Kremlin est « dos au mur ». Joe Biden a rappelé qu'une attaque chimique ou biologique entraînerait une réponse occidentale "sévère", sans préciser leur nature. Joe Biden a également indiqué avoir averti Vladimir Poutine d'une réponse américaine en cas de cyberattaques contre les infrastructures vitales des Etats-Unis.

Plus tôt dans la journée, le ministère russe des Affaires étrangères avait estimé que Joe Biden avait conduit les relations russo-américaines "au bord de la rupture" par ses déclarations "indignes" visant Vladimir Poutine, qu'il a qualifié de "criminel de guerre". L'ambassadeur américain a été convoqué lundi. En Europe également, l'Union européenne a qualifié lundi la dévastation de la ville assiégée de Marioupol de "crime de guerre majeur".

Les présidents occidentaux réitèrent leur appel à un cessez-le feu

Les déclarations du président américain sont intervenues après une discussion lundi entre Joe Biden, Emmanuel Macron, le chancelier allemand Olaf Scholz, le Premier ministre britannique Boris Johnson et le président du Conseil italien Mario Draghi sur les tactiques "brutales" de la Russie en Ukraine, a rapporté la Maison blanche. Au cours d'un entretien téléphonique, les dirigeants ont évoqué la réponse coordonnée à l'invasion russe de l'Ukraine. Cet entretien téléphonique intervient en amont des réunions de l'Otan, du G7 et de l'Union européenne cette semaine, qu'il a servi à préparer. Rendant compte de cet échange entre les cinq dirigeants occidentaux, l'Elysée a déclaré que ceux-ci ont à nouveau parlé de l'"urgence d'obtenir un accès sans entrave de l'aide humanitaire" et "réitéré leur exigence d'un cessez-le-feu immédiat et d'un retrait des troupes russes". "Ils ont réaffirmé leur détermination à accroître leur soutien à l'Ukraine, et à maintenir les pressions sur la Russie dans l'objectif qu'elle accepte un cessez-le-feu et d'avancer dans les négociations en cours avec l'Ukraine", a ajouté la présidence française. L'Italie avait précisé que les président avaient "réaffirmé l'importance de l'unité de but et d'action face à la guerre en Ukraine et aux répercussions de celle-ci".

Dans un entretien téléphonique, le ministre français des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et son homologue américain Antony Blinken ont, quant à eux, constaté la nécessité, face à la poursuite de l'offensive russe en Ukraine, de poursuivre le renforcement des sanctions, a déclaré le Quai d'Orsay. Les deux ministres ont évoqué la situation humanitaire "dramatique" en Ukraine, a déclaré dans un communiqué la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

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Le sujet d'un éventuel embargo européen sur les hydrocarbures russes a été remis sur le tapis, avec l'appel de Volodymyr Zelensky lancé lundi à l'UE de cesser tout commerce avec la Russie, notamment concernant "les ressources énergétiques. Les Européens, très dépendants des hydrocarbures russes, ont jusqu'ici exclu de sanctionner ce secteur.

"Aucun train de sanctions ne sera décidé cette semaine", a déclaré Josep Borrell, le le chef de la diplomatie de l'UE . "Mais des orientations seront données jeudi et vendredi lors du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement et elles seront suivies par des décisions concrètes", a-t-il avancé.

Zelensky prêt à aborder les sujets qui mécontentent Moscou

Sur le terrain, près d'un mois après le début de l'invasion de l'Ukraine par la Russie et alors que les bombardements se poursuivent sur les grandes villes du pays (Kiev, Kharkiv, Marioupol, Odessa, Mykolaïv...), le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, s'est pour la première fois dit ouvert à "essayer d'aborder tout ce qui contrarie et mécontente la Russie", a-t-il déclaré dans une interview à plusieurs médias diffusée dans la nuit de lundi à mardi, rapportée par l'AFP.

"La question de la Crimée et du Donbass est une histoire très difficile pour tout le monde". Il faut "des garanties de sécurité" et la fin des hostilités, et "une fois que ce blocage sera levé, parlons", a déclaré le président ukrainien à propos de la Crimée annexée par la Russie en 2014 et de la région de l'est de l'Ukraine où des séparatistes prorusses ont proclamé deux "républiques", uniquement reconnues par Moscou.

Le chef d'Etat ukrainien, qui veut parler directement à Vladmir Poutine, a aussi avancé que le peuple devrait, par référendum, "se prononcer sur certaines formes de compromis" conclus avec la Russie. Tout en prévenant : "Nous devons tout faire pour que le Donbass et la Crimée nous reviennent (...) Une question de temps ? Oui. Mais l'arrêt de la guerre, maintenant, c'est ça la question".

Volodymyr Zelensky a aussi a martelé que l'Ukraine ne se rendrait pas, qu'elle serait "détruite" avant de se rendre.

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L'UE renforce ses défenses

L'Union européenne (UE) a approuvé lundi la constitution d'une force de 5.000 combattants et s'est engagée sur une augmentation de ses dépenses militaires afin d'être en mesure de mener seule des interventions d'ici 2025.

"L'Union européenne est en danger. L'agression de la Russie contre l'Ukraine n'est pas de la rhétorique et constitue un rappel à l'ordre", a souligné le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

Les ministres des Affaires étrangères et les ministres de la défense de l'UE ont approuvé une « boussole stratégique » élaborée depuis deux ans et adaptée à la situation créée par la guerre en Ukraine.

L'UE va utiliser les Groupements tactiques créés en 2007 pour constituer cette force de réaction de 5.000 militaires.

"Les Groupements tactiques sont opérationnels, mais ils n'ont jamais été utilisés, faute de volonté politique et de moyens financiers", déplore le service d'actions extérieures de l'UE.

La force sera constituée de "composantes terrestres, aériennes et maritimes" et dotée de capacités de transports afin d'être en mesure de "mener des interventions pour sauver et évacuer des ressortissants européens" pris dans un conflit. Cette capacité a fait défaut aux Européens pour remplacer les Américains lors de l'évacuation de Kaboul en août 2021. L'Allemagne souhaite constituer le cœur de cette force en 2025, a annoncé lundi sa ministre de la Défense Christine Lambrecht.

Les engagements militaires de l'UE seront discutés jeudi avec le président américain Joe Biden lors d'un sommet extraordinaire de l'Otan suivi par une réunion des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE consacrés aux conséquences de la guerre menée par la Russie en Ukraine pour la sécurité en Europe.

Les Etats-Unis ont à nouveau déployé plus de 100.000 militaires et d'importants moyens militaires en Europe pour participer au renforcement des défenses aux frontières orientales de l'Otan. Le partage du coût des capacités déployées dans les pays Baltes, en Pologne, en Roumanie, en Bulgarie et en Slovaquie sera l'un des sujets des discussions. L'UE consacre 200 milliards de dollars par an, soit 1,5% de son PIB, pour la défense. "C'est trois ou quatre fois le budget de la Russie et autant que la Chine. Mais ce n'est pas assez", a précisé Josep Borrell.

Aucun objectif chiffré n'est inscrit dans les engagements pris lundi par l'UE. Mais tous les pays de l'Otan, dont 21 sont membres de l'UE, se sont engagés à consacrer 2% de leur PIB à leurs dépenses militaires en 2024. L'Allemagne, la Belgique et le Danemark, trois pays très en retard sur cet engagement, ont annoncé des augmentations de leurs budgets.

"L'UE entend fournir un effort additionnel et complémentaire à l'Otan", a soutenu Josep Borrell.

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