Que Vladimir Poutine gagne "sa" guerre en Ukraine ou qu'il s'y enlise, voire la perde, le monde occidental restera peut-être longtemps encore à la merci de l'imprévisibilité et de la dangerosité du président russe. En France, l'armée s'inquiète également de la deuxième option. Elle craint notamment qu'un "risque d'humiliation" de Vladimir Poutine le rende encore plus imprévisible et dangereux. Et anticipe ce facteur dans sa stratégie de posture défensive. "Comment va-t-il réagir ? Ira-t-il jusqu'à l'escalade verticale (jusqu'à un conflit nucléaire, ndlr) ? Nous ne l'écartons pas", explique un officier général. "En toute hypothèse, il ne faut exclure aucune possibilité", confirme-t-on à l'Élysée.
Dans une lettre adressée aux officiers généraux, le chef d'état-major des armées ne dit pas autre chose. Le général Thierry Burkhard estime que Vladimir Poutine est "dans une situation stratégique qu'il n'avait sans doute pas anticipée. Alors que l'opération spéciale devait montrer la force de la Russie, c'est l'inverse qui se produit. Cela rend Vladimir Poutine d'autant plus imprévisible".
Vladimir Poutine "a fait ce qu'il avait toujours annoncé mais on l'a mal appréhendé", constate l'un des officiers généraux rencontré par La Tribune. "Il a déjà montré à quel point les décisions qu'il prenait pouvaient être dangereuses", estime-t-on à l'Élysée. Que va faire Vladimir Poutine pour obtenir ce qu'il a toujours voulu ? "Le risque principal, qui fait réfléchir tout le monde, est que Vladimir Poutine, condamné à réussir et ne pouvant pas reculer, utilise d'autres moyens s'il ne réussit pas avec les moyens déjà mis en œuvre", souligne l'un des officiers généraux.