Daech, réfugiés... l'Union européenne relance l'adhésion de la Turquie, mais sous condition

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Les négociations d'adhésion, ouvertes en 2005 mais bloquées depuis, ont reçu une nouvelle impulsion cet automne.
Les négociations d'adhésion, ouvertes en 2005 mais bloquées depuis, ont reçu une nouvelle impulsion cet automne. (Crédits : Reuters François Lenoir)
Plus de vingt-huit ans après sa demande d'adhésion à la Communauté économique européenne (CEE) et seize ans après avoir été officiellement reconnue candidate, un nouveau chapitre de négociations s'ouvre pour la Turquie. Mais Ankara doit apporter des gages à Bruxelles, notamment sur son engagement à lutter contre Daech.

L'Union européenne va ouvrir, lundi 14 décembre, un nouveau chapitre dans les négociations d'adhésion avec la Turquie, dont elle attend une meilleure coopération sur les questions de la crise migratoire et de la lutte contre l'organisation Etat islamique (EI).

L'ouverture du "chapitre 17", sur la politique économique et monétaire, est prévue lors d'une conférence intergouvernementale à Bruxelles qui débutera à 15h30, heure de Paris (16H30 GMT).

Les négociations d'adhésion, ouvertes en 2005 mais bloquées depuis, ont reçu une nouvelle impulsion cet automne lorsque les Européens ont proposé à la Turquie un "plan d'action" pour endiguer le flux de migrants qui gagnent l'UE... une proposition faite en échange de la réouverture de son dossier de candidature.

     | Lire aussi : Angela Merkel change de stratégie face à la Turquie

Contre Daech, coup d'arrêt aux trafics de pétrole et aux rackets

Mais les Européens attendent également que la Turquie contrôle mieux sa frontière avec la Syrie, pour empêcher le transit des jihadistes de l'Etat islamique, et assécher le commerce de pétrole.

Ces sujets seront abordés au cours d'un déjeuner de travail avec le chef de la diplomatie turque, Mevlut Cavusoglu, en marge de la réunion mensuelle des 28 ministres européens des Affaires étrangères, lundi à Bruxelles.

"Il fait être très ferme avec l'ensemble des partenaires sur le financement du terrorisme" qui "se fait sur place avec le racket des populations locales, mais aussi par l'exportation de produits pétroliers", a expliqué lundi le chef de la diplomatie belge Didier Reynders, en arrivant la réunion.

Le ministre belge des Affaires étrangères assurait, lui :

"Il faut des mesures pour empêcher les produits pétroliers de partir vers l'extérieur. On en parlera avec notre collègue turc comme on en parle avec d'autres pays de la région."

Quant au secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, Harlem Désir, il a appelé Ankara à "contrôler la frontière entre la Syrie et la Turquie pour éviter que l'EI puisse faire venir des combattants étrangers, les former, les entraîner et ensuite les renvoyer dans d'autres pays".

Une vaste portion de la frontière turco-syrienne - quelque 100 kilomètres - est encore ouverte et... peu contrôlée, selon les Etats-Unis.

(Avec AFP)

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a écrit le 19/12/2015 à 14:37 :
Donc si on comprend bien en Europe les citoyens n'ont pas le droit d'exprimer leur opinion ? Comme pour le terrible traité transatlantique qui va nous être imposé de force sans le moindre vote (vous verrez !) .Ainsi la Turquie, qui n'est pas européenne, qui est un pays musulman au régime politique de plus en plus autoritaire va se retrouver pays membre de l'UE sans l'accord des populations européennes ! Ben je vais vous dire la suite : l’extrême droite va accéder au pouvoir dans de nombreux pays d'Europe et finalement il n'y aura plus d'Europe. Par contre il restera l'extrême droite...
Bravo !
a écrit le 15/12/2015 à 0:11 :
La Tuquie dans l'UE? Il ne faudra pas s'étonner d'une hausse nouvelle du vote d'extrême droite dans toute l'Europe. C'est comme si c'est ça qu'ils voudraient.
a écrit le 14/12/2015 à 21:17 :
L'union européenne est en train de franchir une ligne rouge, après le détournement de 3 milliards d'euros d'impôts des citoyens européens au profit de la Turquie et la relance des discussions pour son adhésion à l'union européenne.
Cependant, l'objectif principal des années à venir est d'aboutir à la dissolution de l'union européenne. Une Europe des nations puissante est à construire autour de véritables convergences politiques, économiques, culturelles et de défense ; et qui appartienne aux peuples d'Europe. Dans le déroulement du nouveau projet, la Turquie deviendra très rapidement un non-sujet car elle n'existera évidemment pas dans cette nouvelle Europe des nations !
a écrit le 14/12/2015 à 18:46 :
La Turquie, pays musulman et dirigée par un gouvernement qui joue double si ce n'est triple jeu, n'a rien à faire dans l'Europe. L'Europe a déjà assez de problèmes sans en rajouter d'autres insurmontables. Et la Turquie, avec sa population importante, peut vivre sa vie seule.
a écrit le 14/12/2015 à 16:56 :
Quelle confiance faire à une Europe qui ne marche qu'au chantage: d'un coté la GB qui fait du chantage à plus de libéralisme sinon je sors et la Turquie qui fait un chantage j'adhère sinon je laisse passer les migrants chez vous. Mais FH dans sa grande clairvoyance sait que la solution est dans plus d'Europe!!!
a écrit le 14/12/2015 à 14:45 :
Bizarre d'avoir attendu le lendemain des élections régionales pour l'annoncer. Les Kurdes doivent être heureux de voir l'Europe complice de leurs bourreaux.
Réponse de le 14/12/2015 à 15:20 :
Non, cela a été discuté dans les médias étrangers depuis plus d'un mois. C'est simplement que nous sommes... comment dire? Informés plus finement...
Et oui, c'est évidemment un scandale quand on sait le jeu de la Turquie en Syrie. Se pose alors évidemment la question de notre propre rôle et de celui de l'UE et des US. Et par exemple de pourquoi et de quel droit la Commission Européenne veut imposer une force européenne de surveillance des frontières (Frontex) dont le mandat prime sur les souverainetés des états, et ne concerne que l'espace Schengen et non les véritables frontières de l'Union. Et pourquoi l'UE continue a mettre la Grèce dans une situation impossible alors qu'elle donne 3Md€ à la Turquie pour gérer les flux de réfugiés (la Grèce reçoit pour cela quelques dizaines de millions seulement), et pourquoi les américains poussent les allemands à envoyer plus de troupes et de les mettre au combat, ce que les allemands refusent... Bref, cela nous forcerait à nous poser les bonnes questions et à y répondre.
a écrit le 14/12/2015 à 13:56 :
le vote front national va encore monter !
Réponse de le 14/12/2015 à 17:14 :
C'est bien connu que les infos journal ou TV ne sont pas représentéesm comme dans les autres pays. A commencer par l'info sur les citernes de Daesh entre Syrie et TURQUIE aucun relais de la presse Française.Lamentable....

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