L'Australie durcit les règles, les investissements de la Chine plongent de 50% en un an

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Les relations entre la Chine et l'Australie, déjà tendues sur toute une série de dossiers, se sont encore envenimées quand le Premier ministre Scott Morrison a appuyé les demandes américaines d'enquête sur l'épidémie de coronavirus dont les premiers cas ont été détectés dans la ville chinoise de Wuhan.
Les relations entre la Chine et l'Australie, déjà tendues sur toute une série de dossiers, se sont encore envenimées quand le Premier ministre Scott Morrison a appuyé les demandes américaines d'enquête sur l'épidémie de coronavirus dont les premiers cas ont été détectés dans la ville chinoise de Wuhan. (Crédits : LOREN ELLIOTT)
SOUVERAINETÉ NATIONALE. La Chine est le premier partenaire commercial de l'Australie et pourtant les relations entre les deux pays ne cessent de se dégrader: Canberra choisit d'exclure Huawei du déploiement de son futur réseau de 5G tandis que Pékin invite les touristes et étudiants chinois à éviter le pays, impose des taxes sur le bœuf et l'orge, et se prépare à faire de même avec le vin australien.

Les investissements chinois en Australie ont presque diminué de moitié en 2019, selon des chiffres officiels présentés lundi, au moment où les relations bilatérales se détériorent.

Les investissements chinois se sont élevés à 2,5 milliards de dollars australiens (1,5 milliard d'euros) en 2019, contre 4,8 milliards AUD en 2018, selon des chercheurs de l'Université nationale australienne.

Le professeur Peter Drysdale, directeur de cette étude, a observé que le rachat du spécialiste australien des préparations bio pour nourrissons Bellamy's par le géant chinois des produits laitiers Mengniu -pour 1,46 milliard AUD- représentait à lui seul plus de la moitié des investissements chinois en 2019.

Troisième année consécutive de recul des investissements chinois

C'est la troisième année consécutive de recul des investissements chinois. En 2016, ils s'étaient chiffrés à 15,8 milliards AUD.

Cette chute dépasse largement la baisse des investissements étrangers globaux de la Chine en 2019 (-9,8%) qui a été le fait des tensions politiques entre Pékin et ses partenaires, a observé M. Drysdale.

"Il est clair que ces dernières années, les investisseurs chinois ont jugé l'environnement australien moins sûr et se sont montrés plus prudents quant à la mise en oeuvre d'investissements en Australie", a-t-il expliqué à l'AFP.

Question de sécurité nationale

Le gouvernement australien a durci en juin les règles régissant les investissements étrangers dans le pays afin d'empêcher ceux qui compromettraient la sécurité nationale, une mesure considérée comme une tentative de limiter l'influence croissante de la Chine dans le pays.

Canberra avait auparavant choisi d'exclure Huawei du déploiement du futur réseau de 5G en Australie.

Les relations entre la Chine et l'Australie, déjà tendues sur toute une série de dossiers, se sont encore envenimées quand le Premier ministre Scott Morrison a appuyé les demandes américaines d'enquête sur l'épidémie de coronavirus dont les premiers cas ont été détectés dans la ville chinoise de Wuhan.

Premier partenaire commercial de l'Australie, la Chine avait suspendu au printemps les importations de boeuf de quatre gros fournisseurs australiens, puis imposé des droits de douane de 80,5% sur l'orge de ce pays.

Puis, en juin, Pékin a invité les touristes et étudiants chinois à éviter l'Australie, justifiant cette recommandation par des incidents à caractère "raciste" contre des personnes d'origine chinoise.

Pékin vient de lancer une enquête anti-dumping sur le vin australien, qui pourrait déboucher sur de lourdes taxes.

M. Drysdale a également pointé des évolutions structurelles, en observant que les investisseurs chinois se détournaient du secteur minier en raison de l'essoufflement du marché des matières premières.

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Commentaires
a écrit le 15/09/2020 à 6:54 :
Boire du vin australien, faut vouloir.....
a écrit le 14/09/2020 à 20:34 :
Bientôt l'heure de vérité : on va enfin savoir si c'est bon de jeter la mondialisation avec l'eau du bain. Si ma foi on se rend compte que la réindustrialisation est en marche, qu'il y a finalement plus de tourisme en intranational, en empêchant les gens d'aller en voyage à l'étranger, qu'en laissant les frontières ouvertes alors vous verrez qu'on ne parlera bientôt même plus des Chinois... ni de personne d'autre.
a écrit le 14/09/2020 à 16:16 :
Très bien, chacun balaye devant chez soi, et les vaches sont bien gardées.
a écrit le 14/09/2020 à 10:29 :
Où l'on voit au final que cette baisse de la fréquentation économique chinoise date de l'arrivée de Trump au pouvoir et non du covid mais qui forcément a du sérieusement empirer la situation.

"Pékin vient de lancer une enquête anti-dumping sur le vin australien,"

Cocasse. Comme quoi tout ceci est effectivement d'une magistrale hypocrisie, il y a les bavardages inutiles, stériles, injurieux et méprisant des médias de masse et de leur armée d'experts à l'envers, et il y a la réalité !

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